CARTOMAC : Archives littéraires d'Afrique

CARTOMAC : Archives littéraires d'Afrique


Fonds Ahmadou Kourouma


Auteur : Kourouma, Ahmadou
Collection : Aucune collection

Présentation

Date de création du fonds :
  • 1927
  • Né le 24/11/1927, mort le 11/12/2003.
Année de clôture : 2003

Information générales

Mentions légales : Famille Kourouma
Langue(s) trouvée(s) dans le fonds :
  • Français
  • Malinké
Nombre de boîtes d’archives :
  •  
  • Plusieurs cantines en fer blanc, ordinateur, disquettes.
Volumétrie : Supérieur à 5000
Adresse postale du fond :
  • Abidjan
  • Alger
  • Côte d'Ivoire
  • Jura

Auteur

Biographie de l'auteur : Considéré comme l’un des principaux classiques de la littérature francophone postcoloniale, Ahmadou Kourouma est né le 27 novembre 1927 à Boundiali en Côte d’Ivoire. Après l’obtention du Certificat d’études primaires, il accède à l’Ecole primaire supérieure de Bingerville (EPS), en 1943, ensuite à l’Ecole technique supérieure de Bamako en 1947. A la même période, le Rassemblement Démocratique Africain (RDA) lève une violente croisade contre la Colonisation. L’Ecole coloniale n’échappe pas ces soubresauts révolutionnaires. Pour avoir mené ses camarades écoliers à la révolte, il est arrêté puis renvoyé en Côte d’Ivoire où il est mobilisé d’office dans le corps des tirailleurs. Le régiment du caporal Kourouma est chargé de réprimer les premières révoltes contre la colonisation en Côte d’Ivoire. Il refuse de participer à cette expédition punitive contre ses compatriotes. Il est arrêté, dégradé, emprisonné avant d’être affecté au corps expéditionnaire français sur les théâtres d’opération d’Extrême Orient (Indochine). Le sergent Kourouma se retrouve dans un régiment radio de l’infanterie coloniale à Saïgon (1951-1954) où il voit : « comment des colonisés peuvent se libérer, les armes à la main ». Le temps de conscription accompli (de 1950 à 1955), le sous-officier de l’armée coloniale reprend ses études en France : il entre à l’Institut des actuaires de Lyon, où il obtient son diplôme en juin 1959 et un Certificat d’administration des entreprises délivré par l’Université de Lyon. En juillet 1961, le jeune diplômé malinké retourne dans son pays. Nommé sous-directeur de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale de la Côte d’ivoire, Ahmadou Kourouma constate rapidement que la réalité de l’indépendance est loin des espoirs qui ont forgé son idéal d’étudiant anticolonialiste. Pour se débarrasser, en effet, des opposants à sa politique de collaboration avec la France, Félix Houphouët-Boigny, le président de l’Etat et du parti unique, invente un faux complot. Ahmadou Kourouma et plusieurs de ses camarades sont menacés de mort. Il est libéré mais perd emploi et privilèges. Le gouvernement ivoirien interdit formellement de l’embaucher.

Dès lors, il décide à 36 ans d’écrire pour témoigner contre l’oppression, l’emprisonnement et les tortures dont ses camarades sont victimes de la part des sicaires du pouvoir. Contraint à l’exil en France et en Algérie, Kourouma continue la rédaction du manuscrit de Les Soleils des Indépendances. La publication de ce roman lui est d’abord refusée en France avant d’être acceptée au Canada, en 1968. En 1970 Houphouët-Boigny fait amende honorable en déclarant publiquement que les complots des années « 60 » n’étaient que des machinations policières. Les détenus politiques sont libérés, les bannis peuvent rentrer. Kourouma saisit l’opportunité de cette réconciliation nationale dite « Journées du Dialogue » pour rentrer dans son pays en 1971. Cependant Houphouët-Boigny continue de régner en maître absolu en pratiquant une dictature “exquise”. Ahmadou Kourouma écrit alors une pièce de théâtre (Tougnatigui ou le Possesseur de vérité) qui va encore le conduire à l’exil. Il est d’abord affecté au Cameroun à l’Institut international des Assurances (1974-1984) ensuite au Togo comme directeur général d’une compagnie commune de réassurances des Etats membres de la zone franc (1984-1993). Il rédige son deuxième roman (Monnè, outrages et défis) pendant cette période. En 1993, Ahmadou Kourouma prend sa retraite en Côte d’Ivoire en écrivant En attendant le vote des bêtes sauvages et Allah n’est pas obligé. Lorsqu’en septembre 2002, une armée de rebelles attaque Côte d’Ivoire, il prend position contre l’Ivoirien, « une absurdité qui nous a menés au désordre » et milite activement pour le retour de la paix dans son pays. Au moment de sa mort, il travaillait à la rédaction d’un nouveau livre Quand on refuse, on dit non, une suite d’Allah n'est pas obligé : le jeune héros, enfant soldat démobilisé, retourne en Côte d’Ivoire à Daloa, et vit le conflit ivoirien. Ce roman est publié à titre posthume en 2004.

La disparition tragique de cet écrivain francophone, le 11 décembre 2003, laisse une œuvre courte mais d’une amplitude historique considérable. Sa production littéraire a été couronnée de prestigieuses distinctions dont le prix Renaudot et le prix Goncourt des Lycées. Il est également titulaire d’une dizaine de décorations étrangères dont la légion d’honneur et la Grande croix de la décoration nationale ivoirienne. En hommage à son œuvre, une maison porte son nom à Lyon. Située dans le Jardin des Chartreux dans le 1er arrondissement, la maison Ahmadou Kourouma accueille des associations. L'inauguration a eu lieu le 20 novembre 2010.
Bibliographie de l'auteur : Œuvres de l'auteur :

Les soleils des Indépendances (roman), Montréal, Presses de l’université de Montréal, 1968, 170 pages.
The Suns of Independence (trad. anglaise), Holmes and Meier Publishers, 1997, 136 pages.
I soli delle indipendenze (trad. italienne), Milano, Jaca Book, 1996, 220 pages.

Monnè, outrages et défis (roman), Paris, Seuil, coll. “Points” n° P.556, 1990, 278 pages.
Monnew, Mercury House (trad. anglaise), 1993, 256 pages. Version anglaise.
Monnè, oltraggi e provocazioni (trad. italienne), Epoche, 2005, 345 pages.

En attendant le vote des bêtes sauvages (roman), Paris, Seuil, coll. “Points” n° P.762, 2000, 381 pages.
Waiting for the vote of the wild animals (trad. anglaise), édition Caraïbes et littératures africaine (Caraf), 2001, 277 pages.
Aspettando il voto delle bestie selvagge (trad. italienne), Rome, édition e/o, Rome, 2001, 312 pages. Version italienne.
Die Nächte des groBen Jägers (trad. allemande), Wuppertal, 2000.

Allah n’est pas obligé (roman), Seuil, coll. “Points” n° P. 940, 2000, 222 pages.
Allah is not obliged
(trad. anglaise), William Heinemann, 2006, 400 pages.
Allah muss nicht gerecht sein (trad. allemande), Munich, Alerecht Knauss Verlag, 2002, 223 pages.
Allah non ē mica obligato (trad. italienne), Rome, édition e/o, 2002.
Allàh není povinen, (trad. tchèque), překlad, Petr Komers, vydala Mladà fronta, 2003.

Quand on refuse on dit non (roman), Paris, Seuil, coll. “Points” n° P.1377, 2004, 278 pages.

Le diseur de vérité
(théâtre), Paris, Acoria Editions, 1998, 87 pages.

L’adieu au siècle. 21, Je témoigne pour l’Afrique (opuscule), Grigny, Paroles d’Aube, 1998.

Le Griot, homme de paroles (roman jeunesse), Orange Grandir, 1999

Yacouba, chasseur africain (roman jeunesse), Gallimard Jeunesse, coll. “Folio junior” 917, 1998, 95 pages.

Yacouba (roman jeunesse), Paris, Seuil Jeunesse, 1994

Le Chasseur, héros africain (roman jeunesse), Orange Grandir, 1999.

Une journée avec Le Prince, homme de pouvoir (roman jeunesse), Paris, Editions Grandir, Orange, 2000, 45 pages.

Prince, suzerain actif (roman jeunesse), Orange Grandir, 2000 (documentaire jeunesse)

Une journée avec Le Forgeron, homme de savoir (roman jeunesse), Paris, Editions Grandir, Orange, 2000, 45 pages.

Paroles de Griots (roman jeunesse), Édition Albin Michel, 2003.

Bibliographie secondaire :

Jean-Francis Ekoungoun, Ahmadou par son manuscrit de travail. Enquête au cœur de la genèse d’un classique, préf. Béhar H., Paris, Éditions Connaissances et savoirs, 2014, 338 pages.

Jean-Francis Ekoungoun, Jean-Fernand Bédia (dir.), Ahmadou Kourouma, mémoire vivante de la géopolitique en Afrique, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, (à paraître, mars 2015).

Jean-Francis Ekoungoun, « L’avant-texte des Soleils des indépendances », in Genesis, revue internationale de critique génétique, n°33 « Afrique-Caraïbe », en collaboration avec Patrick Corcoran, Paris, Presses universitaires de Paris-Sorbonne, novembre 2011, pp. 105-122. mis en ligne le 30 octobre 2013, [en ligne] http://genesis.revues.org/616

Jean-Francis Ekoungoun, « L’espérance a besoin d’archives ». Dépouillement et analyse du fonds documentaire Ahmadou Kourouma », in Le Didiga, revue négro-africain de poétique et de sciences du langage, université de Cocody, Revue Le Didiga, n°8 du 1er semestre 2013, p. 7-28 [en ligne]  http://revueledidiga.com/ekoungoun-jean-francis.html

Jean-Francis Ekoungoun, « Ahmadou Kourouma par ses manuscrits de travail : propositions pour une génétique ouverte », in Littératures au Sud, préface de Bernard Cerquiglini, Marc Cheymol (dir.), Paris, Éditions des archives contemporaines et en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), 2009, pp. 167-181 [en ligne] www.llcd.auf.org/IMG/pdf/LitteraturesDuSud_BAT.pdf

Jean-Francis Ekoungoun, « Les Soleils des indépendances en version intégrale. Enjeux et contraintes d'une nouvelle édition à partir du manuscrit originel », in  Nodus Sciendi, Revue des Lettres, Arts, sciences de l’imaginaire et Sciences humaines, Université de Cocody, actes du colloque "Ahmadou Kourouma, un écrivain total", Abidjan, le 18-20 septembre 2013,volume 2 "Approches interculturelles de l’œuvre d’Ahmadou Kourouma", Diandué Bi Kacou Parfait (dir), p. 59-82. [en ligne] http://nodusciendi.net/articles.php

Jean-Francis Ekoungoun, « Silence ! tortures : point de vue du manuscrit intégral des Soleils des Indépendances d’Ahmadou Kourouma », in L’écriture emprisonnée, Jean Bessière et Judith Maâr (dir.), Cahier de la Nouvelle Europe, n°7, Centre Interuniversitaire d’Études Hongroises, Université Paris III – Sorbonne Nouvelle, Paris, L’Harmattan, 2007, pp. 199-207

Jean-Francis Ekoungoun, « Ahmadou Kourouma, une obsession nommée guerre froide : sortir des (im)pactes géopolitiques dominants », in Ahmadou Kourouma, mémoire vivante de la géopolitique en Afrique, Jean-Fernand Bédia et Jean-Francis Ekoungoun (dir.), Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux,(à paraître, mars 2015)

Jean-Francis Ekoungoun, « Du rejet au compromis éditorial presque parfait : contours et limites de la genèse éditoriale des Soleils des Indépendances », in Un donsomana pour Kourouma, Pierre Kadi Sossou et Bernadette Kassi-Krécoum (dir.), Berlin, Wissenschaftlicher Verlag Berlin, 2007, pp 11-37

Jean-Francis Ekoungoun, « Sous Les soleils des indépendances. À la rencontre d’Ahmadou Kourouma », Continents manuscrits [En ligne], Comptes-rendus de parutions, mis en ligne le 08 novembre 2014, http://coma.revues.org/469

Corcoran Patrick, « Bâtardise de la politique : pour une critique génétique des Soleils des Indépendances », Francophone Postcolonial Studies, vol. 6, n°1, Spring - Summer 2008, pp. 40-61.

Ducournau Claire, « Mélancolie postcoloniale ? La réception décalée du roman Monnè, outrages et défis, d’Ahmadou Kourouma (1990) », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, n°185, « Représenter la colonisation », décembre 2010, pp. 82-95.

Accessibilités & numérisation

Niveau d'accessibilité du fonds : Privé
Etat général du fonds : Etat moyen
Type(s) de risque pour le fonds :
  • Climatique
  • Politique
Notice créée le 23/03/2015 Dernière modification le 10/04/2019