Espace Afrique-Caraïbe

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Le poète


Auteur : Rabearivelo, Jean-Joseph
Collection parente : Manuscrits de Jean-Joseph Rabearivelo
Présentation de la collection :

Le jeune poète veut d’abord s’imposer comme un maître dans l’art des Muses de France. Pour cela, il multiplie les types de vers et leur agencement entre eux, les formes strophiques, les variations en matière de rimes, visant constamment à la variété et à l’inventivité dans ses recueils constitués : Le Vin lourd (1925), Trèfles (1925), Chants pour Abéone (1925-1926), Sylves (1927) et Volumes (1928). Pourtant, il veille à répartir équitablement son inspiration entre thèmes universels inspirés par ses modèles européens et dans leur exacte lignée et thèmes nationaux, c’est-à-dire, liés au pays d’Imerina qui est sa petite patrie. Quand, au début de 1929, il décide de réunir la plus grande partie de ce qu’il a déjà publié à de nombreux poèmes inédits, il choisit une bipartition drastique entre Chants d’Iarive, les poèmes du pays natal, et Snoboland, sa poésie de couleur européenne, ouverte délibérément aux acrobaties et aux audaces pour initiés. Bien qu’inachevé, l’ultime grand projet de ce que l’on peut a posteriori appeler sa « première manière », Vers dorés (1929-1931), et qui nous laisse de beaux moments, tentera de dépasser ce dilemme par un essor résolu vers un mythe nouveau, à la fois universel et local, singulier et collectif. Le chant s’interrompt, le 16 juin 1931, pour reprendre, quelques jours plus tard, sur un tout autre registre. 
Les poèmes malgaches de cette période – un seul paraît en 1931, la plupart naissant entre 1925 et 1928 – présentent, à l’exception de ceux qui sont dits « en vers libres hova » et encore !, une relative isométrie, un schéma strophique et des rimes plutôt régulières. Ils apparaissent donc sur un modèle européen que ne tente d’ailleurs pas de reproduire l’auteur quand il se traduit lui-même, donnant parfois à sa transposition l’allure de la prose.
Quand Jean-Joseph Rabearivelo s’engagera, dès le 22 juin 1931, dans sa « seconde manière » avec l’écriture de Presque-Songes, il reconsidérera simultanément la forme et la présentation des vers en français comme en malgache, en malgache comme en français, visant à une unité d’un nouveau type qui n’aura plus de répondant exact ni dans une tradition ni dans l’autre… C’est un an plus tard qu’il prononce, sur le mode d’un évident regret et avec un certain déchirement, son adieu aux « belles Muses de France » !

Auteur de la présentation : Serge Meitinger

Fiche descriptive de la collection

Auteur : Rabearivelo, Jean-Joseph
Mots-clés :
  • Jean-Joseph Rabearivelo
  • Madagascar
  • Manuscrit
  • Poésie
Éditeur : Projet EMAN, Claire Riffard, Institut des textes et manuscrits modernes, CNRS-ENS
Contributeur(s) : Serge Meitinger

Citation de la page

Rabearivelo, Jean-Joseph, Le poète, .
Éditeur : Projet EMAN, Claire Riffard, Institut des textes et manuscrits modernes, CNRS-ENS.
Consulté le 12/12/2019 sur la plate-forme EMAN :
http://eman-archives.org/francophone/collections/show/219
Collection créée par Claire Riffard Collection créée le 11/10/2016 Dernière modification le 25/04/2018