La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)

La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)


129. Monge à sa femme Catherine Huart

Collection :

1796-1797 : Première mission en Italie, La commission des sciences et des arts Prairial an IV - vendémiaire an VI Auteur : Monge, Gaspard
Notice créée le 12/01/2018

Transcription & Analyse

Transcription linéaire de tout le contenu :
Passeriano, le 17 fructidor de l'an V [écrit à Venise le 1er jour complémentaire et le 3 vendémiaire à l’adresse du général par les Relations extérieures]
 
Je t'écris encore un petit mot, ma chère amie, pour profiter d'un courrier extraordinaire qui doit partir aujourd'hui pour Paris, et au moyen duquel, quoique nous soyons à une grande distance derrière Milan, et sur les confins des états d'Autriche, tu recevras la présente en une huitaine de jours.[1] Le même courrier portera vraisemblablement deux autres lettres écrites depuis plusieurs jours, l'une à toi, l'autre à Louise[2] ; ainsi, tout cela va tomber à la fois, ce qui est maladroit et inutile, mais cela me donne occasion de causer encore un moment avec toi, et puis tu auras de mes nouvelles fraîches.
Nous sommes toujours ici, Berthollet et moi ; le général ne nous renvoie pas encore à Venise où nous avons encore besoin de 4 ou 5 jours pour emballer nos livres qui attendent notre retour.[3]
La seconde conférence pour la paix doit se tenir aujourd'hui ; nous attendons ou, pour mieux dire, l'on attend les plénipotentiaires d'Udine.[4]
Adieu, ma chère amie, je t'embrasse bien tendrement.
Monge

[1] Monge et Claude-Louis BERTHOLLET (1748-1822) sont avec Bonaparte au quartier général. Voir les lettres n°127 et 128.

[2] Louise MONGE (1779-1874).  La lettre à Louise de Passeriano n’a pas été retrouvée. Monge l’a sans doute écrite quatre jours auparavant comme celle à Catherine du 13 fructidor an V [30 août 1797­] (lettre n°128).

[3] De Venise, Monge a annoncé à Catherine qu’il ne resterait pas plus d’une journée à Udine. Voir la lettre n°127.

[4] Du quartier général, le même jour Bonaparte annonce l’objet de la séance du jour au ministre des relations extérieures Talleyrand : « Aujourd’hui nous commençons la séance par prévenir MM les plénipotentiaires de S.M. l’Empereur que la République française, lorsqu’elle avait accordé à Leoben des préliminaires

aussi avantageux pour Sa Majesté Impériale sans avoir égard aux circonstances et aux avantages immenses que la guerre lui avaient  donnés, avait eu principalement pour but de pouvoir conclure une paix séparée avec Sa Majesté Impériale, afin d’être à même de tourner toutes ses forces vers l’Angleterre et l’obliger à une paix prompte. Les assertions avancées par la cour de Vienne, qui ont bouleversé le principe fondamental des préliminaires, qui était la paix séparée, les obstacles que, depuis, on a apportés à la négociation, ont fait perdre à la République française le seul avantage qu’elle avait dans la conclusion des préliminaires, et auquel elle avait tout sacrifié. En conséquence, nous préviendrons Leurs Excellences que si, au 1er octobre prochain, la paix n’est pas conclue à Udine, nous regarderons la base des préliminaires adoptés comme nulle et devrons traiter sur les principes de la position respective des deux puissances. C’est le seul mezzo termine, citoyen ministre, que j’aie imaginé pour presser un peu ces gens-ci, qui ne finiraient jamais. » (1965, CGNB). Sur les préliminaires de paix signés à Leoben le 29 germinal an V [18 avril 1797], voir les lettres n°84, 89 et 90.

Contributeur(s) :
  • Dupond, Marie (édition scientifique)
  • Walter, Richard (édition numérique)

Relations entre les documents

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