La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)

La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)


138. Monge à sa femme Catherine Huart

Collection : 1796-1797 : Première mission en Italie, La commission des sciences et des arts Prairial an IV - vendémiaire an VI  - Voir les autres notices de cette collection
Auteur : Monge, Gaspard
Notice créée le 12/01/2018

Transcription & Analyse

Transcription linéaire de tout le contenu :
Passeriano, le 23 vendémiaire de l'an VI

Je suis allé ces jours derniers à Venise, ma chère amie, pour chercher mon petit équipage que j'y avais laissé afin d'être à portée de partir pour Paris aussitôt que le général en chef le trouvera convenable ; mais principalement pour y prendre une lettre de change que je t'aurais adressée. Mais Berthollet[1] m'a assuré que cela était extrêmement difficile d'après le grand nombre de celles qu'on y a déjà pris pour envoyer de l'argent en France. J'y ai donc renoncé, n'ayant pas le temps de faire dans cette ville un long séjour, et craignant par mon absence de manquer l'occasion de partir pour Paris. Me voilà donc de retour, et rien encore ne se dispose pour mon départ prochain. Il faut prendre patience, ma chère amie, et finir bien ce qui a été bien commencé ! Je vous engage tous à finir de même ce que vous avez commencé. J'aurais eu bien du plaisir à être aussi de la fête, je ne perds pas encore l'espoir d'en jouir ; mais tout cela est soumis à des conférences qui se rompent et qui se renouent tour à tour ; et le plus habile ne peut rien prévoir avec certitude.[2]
Adieu ma chère amie, mille compliments à Eschassériaux, mille caresses à sa future,[3] mille amitiés à mon frère, à sa femme,[4] à Fillette et à son mari.[5] Donnez une chiquenaude toute petite sur le nez de Paméla[6] ; pense quelquefois à moi et ne m'oublie pas auprès de la citoyenne Berthollet.[7]
Tu auras certainement vu notre collègue Berthélemy ; si tu le revois, fais-lui mes compliments.[8]
Berthollet est chargé d'une besogne politique à Venise ; mais celle-là ne l'occupera que deux ou trois jours. Il en a une autre qui n'est pas encore terminée.[9] Il voudrait bien s'en revenir avec moi ; mais nous ne savons pas si nous retournerons ensemble.[10]
Tu as dû voir Moineau.[11]
                                                 [Monge]

[1] Claude-Louis BERTHOLLET (1748-1822).

[2] Monge aimerait pouvoir assister au mariage de sa fille Louise MONGE (1779-1874) avec Joseph ESCHASSÉRIAUX (1753-1824). Mais il doit attendre la signature du traité de paix avec l’Autriche. Le 27 vendémiaire an VI [18 octobre 1797], une heure après la signature du  traité de paix de Campo-Formio, Monge et Berthier se mettent en route afin de le porter au Directoire. Ils arrivent à Paris le 5 brumaire [26 octobre], Louise et Eschassériaux se marient le 11 brumaire an VI [1er novembre 1797]. Sur le mariage de Louise Monge et Joseph Eschassériaux voir les lettres n°27, 113, 118, 125, 126, 127, 137 et 138.

[3] Louise Monge.

[4] Louis MONGE (1748-1827) et Marie-Adélaïde DESCHAMPS (1755-1827).

[5] Barthélémy BAUR (1752-1823) et Anne Françoise HUART (1767-1852) sœur de Catherine Huart.

[6] Marie-Élisabeth Christine LEROY appelée Paméla (1783-1856).

[7] Marie-Marguerite BAUR (17 ? -18 ?).

[8] Jean-Simon BERTHÉLÉMY(1743-1811) est parti directement pour Paris. Voir la lettre n°132

[9] Bonaparte écrit à Barras le 3ème jour complémentaire an V [19 septembre 1797]  de Passeriano : « Berthollet et plusieurs officiers compulsent les archives de Venise ; ils en enverront directement au Directoire les plus essentielles. Je ne crois pas que ce soit aussi conséquent qu’on le dit. » (2040, CGNB) Voir la lettre n°126.

[10] Berthollet ne rentre qu’à la fin de l’année 1797. Il écrit à sa femme le 23 brumaire an VI [13 novembre 1797] pour lui annoncer son retour en France. « Il vient de Venise et compte revenir sans interruption à Paris où il se réjouit de revoir ses amis et de rentrer travailler. La résidence d’Aulnay ne lui plait plus, il désire la louer. Il évoque les dispositions à prendre pour certaines rentes et en laisse entièrement le soin à sa femme. Il doit repartir de Milan le 26 [brumaire] et ne pense s’arrêter qu’un jour à Turin. Il espère arriver à Paris le 12 frimaire [an VI]  [2 décembre 1797]. » Résumé in SADOUN-GOUPIL M. (1977), p. 320. Il s’agit de la seule lettre qui a été conservée de sa correspondance au cours de la commission des sciences et des arts en Italie. Voir la lettre n°21.

[11] MOINEAU ( ?- ?) domestique attaché aux Monge ainsi que sa femme Rose.

Contributeur(s) :
  • Dupond, Marie (édition scientifique)
  • Walter, Richard (édition numérique)

Relations entre les documents

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