PREMIÈRE PARTIE : L'OEUVRE DE NON-SAVOIR
«
suivront le geste indifférent de la
route. Les unes et les autres s'offrent
sans réserve aux passants, aux muletiers,
aux conducteurs de chars, aux eunuques,
aux détrousseurs, aux moines mendiants,
aux gens du poussière, aux marchands.
Elles tournent vers ceux-là leurs faces
illuminées de signes ; et ceux-là, pliés
sous la charge ou affamés de riz et de
piment, passent en les comptant parmi
les bornes. Ainsi, accessibles à tous,
elles réservent le meilleur à quelques uns
* Le visage, "stèle du bord du chemein", stèle offerte indifférement à tout passant, exposée sans réserve à tout regard, ouverte sans défense à toute rencontre.
Visage tournant "sa face illuminée de signes" vers chaque passant qui, pour peu qu'il prenne garde et attention, peut y découvrir, non pas un texte à déchiffrer, mais le RISQUE infini d'un CHIFFRAGE imprévu.
Visage réservant sa force d'inouï à qui consent à s'aventurer en ce RISQUE, et pour cela, à devenir "gent de poussière", c'est-à-dire à se soumetttre à l'épreuve du non-pouvoir, du non-vouloir, du non-savoir ; - à se porter à la limite du non-être.