Transcription Transcription des fichiers de la notice - Cours privé d'astronomie (séance 4) d'Arago Chastenay, Victorine de 1812-05-14 chargé d'édition/chercheur Beaubois, Francis Projet Chastenay ; projet EMAN, Thalim (CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle) PARIS
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1812-05-14
FRADCO_ESUP378_6 _84
Français

Ce 14 Mai 1812

            La translation de la Terre autour du Soleil qui l’échauffe et l’éclaire ne compte pas plus à concevoir que sa rotation sur elle-même, et la nécessité d’ébranler le Soleil dans une circonférence dont le rayon surpasse 77 millions de lieues l’imagination repoussera sûrement moins les déplacements annuels de notre seule planète que celui du déplacement non seulement du Soleil et de son importante masse mais de tous les corps célestes qui lui servent de satellites et auxquels les apparences mêmes ne permettent pas de donner un autre centre. Ici la démonstration vient encore au secours d’un raisonnement sage et c’est cette [illisible] démonstration, résultat heureux d’une combinaison de génie faite sur des observations minutieuses précises, est aujourd’hui ce que je voudrais devient aujourd’hui l’objet de notre étude et elle demande appellera quelque attention.

            Une vérité de mathématique ??? comme lui servira et de base et de préliminaire. Tout corps attiré par deux puissances dans un sens qui ne suivent pas la même direction prendra entre elles la direction moyenne et se rapprochera d’autant plus de l’une des forces motrices que cette force sera plus active. maintenant or si nous concevons supposons qu’un rayon de lumière qui parte d’une étoile donnée frappe parvient jusqu’à notre œil et que notre et que la Terre dont nous reposons ??? soit immobile dans l’espace, le rayon qui frappe notre œil retournera vers sa source brillante et ces deux rayons se confondront. Mais si un déplacement de la Terre dans son orbite déplacement ??? a éprouvé un déplacement dans son orbite. Si le mouv[emen]t qui emporte le globe tend à diriger presqu’en angle droit la réflexion du rayon que l’œil a reçu, ce rayon lumineux qui va repartir au ciel l’image reçue sur la Terre suivra la loi mathématique que j’ai du d’abord exposer et prenant une

diagonale dont tous les rapports se calculent., il peindra l’image de l’astre sur la voûte céleste à quelque distance du point où quelques jours avant il l’avait signalé.

            Ce phénomène si remarquable et d’une observation pourtant si délicate fut reconnu? par Picard dans ses Contemplations, est devenu le principe Bradley en fit l’application à la plus belle des théories. En effet si la Terre roulant dans son orbite s’avance directement vers l’astre il s’abaissera en apparence vers elle. À ses retours dans son orbite l’astre devra comme se relever dans l’espace l’intervalle annuel de la révolution de la Terre, l’astre aura parcouru autour de son point de fixité une petite circonférence. C’est ce que l’observation a pleinement vérifié. Toutes les étoiles semblent décrire au ciel une circonférence dont le rayon a 20 secondes et le diamètre total 40. Mais ce phénomène que l’on nomme l’aberration des étoiles n’est pas sensible

à la vue simple, et a été ignoré des anciens.

            Nous avons une remarque à faire. Si la rapidité de la marche de la lumière était réellement infinie, si le rayon qui nous l’apporte et nous en fait jouir avait une vitesse infinie, c’est-à-dire si aucune distance ne produisait aucune mesure de temps dans la translation de la lumière, l’aberration des étoiles, cette sublime illusion qui semble attester que dans le ciel toutes nos erreurs ne sont pas autant de fautes, l’aberration des étoiles, dis-je, ne pourrait exister pour nous et nous serions privés d’une des plus intéressantes preuves du mouv[emen]t de translation de la Terre. L’illustre Galilée fit tenta une tentative pour acquérir à cet égard une donnée qu’il put croire certaine, mais sans proportion avec un objet si étendu son expérience ne lui put fournir aucune espèce de résultat. Je vois avec respect les tâtonnements du génie, je crois l’avoir dit quelque

jour, l’homme est au milieu de ??? les vérités de raisonnements sont à notre disposition comme les objets à celle d’un aveugle. Car l’aveugle a besoin que son tact lui fasse reconnaître Ce n’est qu’avec ses mains que l’aveugle peut atteindre, il se méprend et passe beaucoup de choses. Galilée se place au sommet d’une montagne avec une torche allumée, un de ses disciples portant une autre torche et placé sur un autre sommet devait ??? intercepter subitement la lumière de son flambeau à l’instant même où Galilée aurait intercepter la lumière du sien, ou plutôt l’instant où la disparition du flambeau + [note dans la marge : + de Galilée aurait pu frapper ses regards. L’horloge de Galilée ne marque pas le moindre intervalle entre les deux disparitions, mais l’expérience était insuffisante] que la clarté de son flambeau avait frappé son collaborateur à l’instant même de son apparition, c’est à la voûte céleste que sont ??? attachés retenus pour nous les flambeaux de la création, et ce sont leurs clartés qui doivent être nos guides.

            C’est par un examen suivi des satellites de Jupiter que l’on est parvenu à donner une mesure de la rapidité de la lumière.

            En s’occupant d’un seul des satellites et particulièrement du premier on a pu constater qu’entre chacune de ses éclipses dans le cône d’ombre produit relativ[emen]t à nous par Jupiter il s’écoulait près de 48 heures. Ce phénomène observé isolément et à peu de jours d’intervalle donne ce constant résultat. Maintenant si, à mesure que la discordance de leurs mouvements dans leurs orbites éloigne Jupiter de la Terre, l’éclipse de son satellite retarde à notre observation, nous devons en rapporter la cause au temps plus long dont le rayon a besoin pour parvenir jusqu’à notre œil à travers un plus grand espace. C’est de cette base que nous partirons pour déterminer la rapidité de sa marche. Jupiter se présente trouve avec nous ou en opposition, c’est-à-dire que la Terre se trouve meut alors intermédiaire entre le Soleil et cette planète ou graduellement en conjonction, c’est-à-dire avec nous dans un direction telle que

le Soleil parait intermédiaire entre Jupiter et la Terre. Dans cette situation la distance de Jupiter à la Terreest plus grande de tout le diamètre de l’orbite de la Terrequ’au moment de l’opposition. Le retard de l’éclipse est alors de 16 minutes 26 secondes. La lumière que reflète le satellite met donc 16 minutes 26 secondes à parcourir le diamètre de l’orbite terrestre. On peut donc se former l’idée de la marche et de la vitesse du plus subtil de tous les êtres, un rayon lumineux. Ce bel aperçu saisi par Roemer peut fournir une base solide aux calculs les plus curieux + [note dans la marge : + et d’abord si la Terren’avait point de rotation, si notre horizon attendait la présence du Soleil et ne s’abaissait point au devant de ses rayons, et de ses molécules lumineuses, le Soleil ??? aurait atteint notre horizon 8 minutes 13 secondes avant que son éclat nous y eut révélé sa présence. Mais par l’effet de la rotation de la Terre, nous devons saluer l’astre du jour à ??? l'instant où ses rayons nous atteignent, car ces rayons lancés depuis 8 minutes 13 secondes n’ont plus besoin de temps pour frapper nos organes. L’inclinaison successive de la Terrefait rencontrer, si je l’ose, disons, l’extrémité de ces rayons ces fils d’or, ??? elle se plonge dans l’océan de clarté qui, sans intervalle, émanent du globe lumineux. Le lever, le coucher du Soleil, n’emportent donc pour] — nous sommes assurés du moins que le Soleil chauffe l’horizon 8 minutes 13 secondes avant que son éclat révèle sa présence. Que de fois la providence daigne veiller sur nous avant que notre [illisible] travaille à son bienfait.

[début du texte hachuré] Les faits interessants, dont quelques hommes supérieurs ont déduit quelques unes des lois de la nature, pourraient nous préparer à une étude suivie des phénomènes de la lumière. Le Soleil est élevé au dessus de l’horizon quelques minutes avant que nous reconnaissions son disque, ou plutôt avant que les rayons qui en émanent ne soient arrivés à notre œil. Une étoile qui se serait éteinte pourrait briller encore à notre regard lorsque les rayons partis d’elle ??? arriveraient à notre organe viendraient enfin ébranler nos organes. Une suite de prodiges s’anime devant nous. À mesure que le monde s’explique se décrit pour nous les merveilles s’animent, se multiplient devant nous. ??? une intelligence pour Des règles toutes intellectuelles et du domaine de la pensé, des corps immenses comme ??? mais inertes, voilà ce que ??? nous offre, et ??? dans la matière, l’antiquité a compris sous les noms de forme et de matière n’est réellement distinctes car + [+ quelquefois l’énormité des masses la puissance ??? la matière n’est pas la puissance.] [fin du texte hachuré]

[note dans la marge : nos regards aucune espèce d’illusion, il en est de même, et par la même raison, de l’apparition des étoiles, à part le phénomène constant de l’aberration, et dont la cause est étrangère au voyage des rayons lumineux. Une étoile qui s’éteindrait pourrait sans doute briller encore, notre œil aurait sans doute l’illusion de sa présence pendant le temps qui serait ??? nécessaire à l’écoulement des derniers rayons qu’elle aurait lancés, mais sans l’hypothèse que dont tout rend nécessaire fait une loi du m[ouvemen]t de notre planète il est aisé de concevoir que le ciel à tous les instants ne nous apparait ne présenterait que des images trompeuses. L’étoile dont l’éclat parviendrait à nos organes pourrait avoir depuis longtemps descendu sous notre horizon. et dans le temps que la lumière mettrait à franchir son énorme distance son globe aurait achevé plusieurs révolutions.]

            Mais la rotation de la Terre semble est réellement le secret du créateur pour simplifier la plus compliquée des machines et pour produire le plus d’effets avec le moindre emploi de puissance. + [note dans la marge : + qu’une étoile s’éteigne, nous en jouissons encore, nous la verrons au firmament jusqu’après l’écoulement final des derniers rayons qu’elle aura lancés et qui parcourent encore l’espace, mais la rotation de la Terre nous permet de saisir dès qu’ils imbibent notre horizon les torrents de lumière que tout astre produit, et son influence c’est un bienfait qui dont la seule influence nous dévoile le bienfaiteur.]

            Je ne puis quitter ce beau sujet sans consigner ici de belles d’autres observations dues aux recherches intéressantes de monsieur Arago également à la sagacité de celui qui me les transmit. La vitesse de la lumière est toujours la même, celle de reflet n’est pas moins rapide que le rayon direct du Soleil. La lumière factice jouit d’une égale propriété. Il faut pour absorber une clarté quelconque l’influence d’une clarté soixante fois plus forte. Mais il paraît que les corps lumineux lancent des rayons d’une intensité différente Cependant une inspiration de génie a fait juger à monsieur Arago que tous les rayonnements d’un corps lumineux n’étaient pas encore avec nos organes dans une égale proportion . Trop faibles, c’est-à-dire trop lents, ils leur échappent,

trop forts c’est-à-dire trop rapides, ils les passent, et leur nullité dans sont aussi pour nous comme s’ils n’étaient pas. Car tout porte à penser qu’il existe pour l’œil une mesure d’éclat comme pour l’oreille une mesure de bruit. C’est Une étude de l’astre qui suivie des étoiles a conduit le jeune savant qui me permet de l’entendre, et de le répéter, à présenter cet aperçu avec sa démonstration  + [note dans la marge : + c’est un principe d’optique que le rayon considéré dans un prisme se brise ou se courbe d’autant moins que sa vitesse est plus considérable.—] ??? En effet si la Quand la Terre est lancée dans l’espace et court en quelque sorte au devant d’une étoile, quand pour l’effet la courbure de l’orbite qu’elle décrit elle s’éloigne ensuite de l’étoile avec une égale impulsion, léclat de l’astre est le même aux yeux de son observateur l’effet du prisme sur le rayon demeure le même. Si pourtant les mêmes rayons, si des rayons de même vitesse brillaient dans les deux cas aux yeux de l’observateur ils devraient ??? éprouver dans le prisme une réfraction

différente quand lorsque la Terre se lançant se portant à leur rencontre augmente leur rapidité de toute celle de sa propre course. Mais sans doute, dit l’homme ??? supérieur dont l’intelligence correspond avec celle qui ordonne les cieux, sans doute les rayons de proportion diverse atteignent saisissent nos facultés en raison des distances, et quand la Terre retourne à quelque égard l’astre à quelque égard se détourne de l’astre qu’elle avait poursuivi, c’est le rayon qui lui échappait qui maintenant se trouve alors en rapport avec les yeux de ses habitants et le premier ne leur appartient plus.

            Ces grandes questions sont à présent prématurées pour moi. Il me suffira d’ajouter que la lumière factice n’indique d’aucune manière la moindre différence dans ses rayons qui partent d’elle et l’on a d’ailleurs remarqué d’ailleurs pour les clartés de toute nature que celle qui en surpasse une autre 60 fois l’absorbe et l’éclipse entièrement.