Transcription Transcription des fichiers de la notice - Cours privé d'astronomie (séance 6) d'Arago Chastenay, Victorine de 1812-05-25 chargé d'édition/chercheur Beaubois, Francis Projet Chastenay ; projet EMAN, Thalim (CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle) PARIS
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1812-05-25
FRADCO_ESUP378_6 _88
Français

Ce 29 Mai 1812

            La distance du qui séparer le Soleil et la Terre n’est pas ??? toujours précisément la même.  Quelques observations faites pour mesurer son disque en ont administré une preuve irrécusable. En effet dans une Lunette où l’on place des fils pour fixer le diamètre de l’image du Soleil on voit à différentes époques l’image déborder les fils, ou tour à tour laisser quelques intervalle entre ses contours rétrécis, et les limites du cadre qu’ils lui formaient. La conséquence de cette observation a été de déterminer que la Terre autour du Soleil décrivait non un cercle prop[remen]t dit, mais une ellipse dont le Soleil était le foyer. Une autre considération tirée de la même expérience a prouvé que c’était l’hiver que le Soleil était le plus rapproché de nous, c’est-à-dire que le rapprochement concordait avec une époque plus où sa présence est le moins sentie.

            Tout effet a une cause et il a bien fallu en donner une à ce nouveau phénomène. On pouvait remarquer d’abord qu’à l’époque où le Soleil est le plus rapproché de nous la Terre et où l’hémisphère boréal compte pourtant ses mois glacés, l’été règne à nos antipodes, et que le froid de nos hivers est réellement un accident dont le principe est toutefois étranger à la puissance du Soleil. Mais ne devrait-il pas s’en suivre que l’été des latitudes australes devrait être plus chaud que le notre, comme en effet il paraît démontré que leurs hivers sont plus rigoureux, mais en ne considérant ici que nos contrés climats. Le Soleil en hiver est plus rapproché de nous en presque cette époque, la Terre parcourt la partie de l’ellipse la plus rapprochée de son foyer.— À cette époque aussi le Soleil s’élève moins, beaucoup moins sur notre horizon et ses rayons se perdent dissipent par conséquent dans l’épaisseur d’une atmosphère qu’ils doivent percer [note dans la marge : + parce qu’effectivement, ils arrivent pour elles à l’époque où le Soleil est le plus loin de la Terre.]

trop bas de l’horizon trop horizontalement, supposons traçons une circonférence pour nous représenter celle de la Terre notre sphère. Traçons-en une seconde pour nous représenter celle de l’atmosphère dont nous sommes environnés, tirons d’un point quelconque pris sur le 1er cercle une ligne horizontale + [note dans la marge : + tangente au 1er cercle et] qui atteigne le second, cette ligne sera bien plus longue que la ligne verticale élevée du même point afin d’atteindre aussi l’autre circonférence. Les rayons auront donc une plus grande épaisseur d’atmosphère à percer plusieurs quand ils suivent la direction et plusieurs s’y perdront tout à fait, à peine d’un astre à l’horizon nous en fait-il parvient-il 4 sur mille plusieurs, nous n’y voyons jamais aucune étoile, Vénus s’évanouit à nos regard avant d’y être parvenu, nous ne le voyons point descendre chez thétis. Enfin à l’aide de voiles si épais nous fixons le Soleil au dessus de sa carrière nous le fixons à son déclin.

            À toutes ces considérations nous ajouterons pour ??? que la différence de l’apogée de l’astre du jour, à sa moindre distance, du globe sublunaire est en elle-même peu de chose, le rayon de notre orbite est dans un cas de 72 millions de lieues, dans l’autre il est de 71. Si la lumière décroit d’intensité, ainsi qu’il est reconnu, en raison inverse du carré des distances, nous arriverons à démontrer par une progression fort simple que l’intensité des rayons, au temps de leur plus grande proximité, fera avec celle qu’ils auront dans leur plus g[ran]d éloignement, dans la proportion très faible, de 1024 à 961 ou si nous le voulons, de 102 à 96.  Il est donc encore bien certain que la distance du Soleil à la Terre ne varie pas d’une manière assez sensible pour influer essentl par les nuances de sa température

            L’élévation plus grande su Soleil, son rapprochement du zénith, sa plus longue station sur l’horizon qu’il échauffe et qu’il éclaire, voilà les causes véritables de son influence en été. On a fait sur la communication de sa chaleur les plus curieuses expériences. Un plan incliné qui réfléchit les rayons ne s’échauffe pas, ainsi notre atmosphère épaissie en hiver est plus éloigné de la verticale du Soleil, réfléchit, sans les absorber, un si g[ran]d nombre de ses rayons que si du Soleil on découvrait la Terre, on la verrait alors brillante de clarté, et ses reflets seraient bien plus vifs, un miroir incliné, s’il est assez poli, pourra étinceler des rayons du Soleil et ne pas contracter le moindre degré de chaleur, une simple gaze interposée pourra suffire pour le rendre brûlant car c’est l’absorption qui échauffe tous les corps ???. Dans nos climats, on incline

avec [illisible] les verres des chassis de nos serres afin de les mettre ??? dans une direction plus verticale de leur ménager aux rayons une direction un peu plus verticale et de créer ainsi pour les plantes une température plus élevée.

            Le sommet des montagnes est glacé par le froid, c’est sur leur cime trop orgueilleuse que règnent des neiges éternelles, mais l’isolement de ces pics, la raréfaction de l’atmosphère, y arrêtent suspendent cette communication de chaleur et de vie, que la nature parait avoir placé dan le contact des êtres, dans l’enchaînement de la création, car je ne sais pas s’il est un seul effet physique auquel ne se rattache nécessairement quelque prononce considération morale. L’intensité de la chaleur des rayons solaires est sur les hautes montagnes égale ou supérieure à celle qu’ils peuvent nous offrir dans les plaines, et l’action du verre ardent y serait sans doute encore plus prompte.

            L’ellipse que décrit la Terre ne permet plus qu’il y ait égalité de temps dans l’intervalle des équinoxes. Il faut compter cinq jours de plus mois à six de nos mois qu’aux six autres, et ces jours allongent notre l’été du moins dans les zones boréales.

            La considération de la marche elliptique de la Terre, constituée d’abord par Kepler, à conduit ce g[ran]d homme à celle de plusieurs autres lois qu’on a distinguer par son nom.

            L’une des plus importantes, sans doute, a résulté de l’examen réfléchi de la marche de la Terre dans l’orbite allongé qu’elle devait parcourir. Kepler osa composer un triangle avec deux des rayons vecteurs partis du foyer de l’ellipse et la ligne parcourue chaque jour par la Terre sur la courbe de son orbite, il reconnut bientôt que dans la progression du globe terrestre les différents rayons ??? vecteurs nécessairement, plus longue plus courte à mesure que la circonférence se rapproche du

foyer de l’ellipse pour et afin de conserver entre tous ces triangles successifs une égalité nécessaire, Kepler fut obligé d’admettre que l’intervalle alors parcouru par la Terredevait se trouver plus grand en proportion, il appliqua ce principe de géométrie simple que la surface d’un triangle se calcule  trouve dans le produit de sa base par sa demi hauteur et il ??? jugea que la Terre décrivait dans sa course des surfaces toujours [illisible] et des intervalles inégaux.

            Kepler eut bientôt rappelé que toutes les planètes extérieures leurs ellipses ont le Soleil pour foyer commun, mais avec des axes divers, enfin il découvrit que les carrés des temps de leurs révolutions étaient entre eux comme les cubes de leur grands axes. Ces admirables résultats de l’inspiration et du calcul fit époque dans la vie de Kepler et l’éleva à ses propres yeux. Il consigna lui-même les circonstances du jour et de l’heure de celle produit de son génie où il avait si bien réussi le fruit de ses méditations. Sublime analogie que celle qui détermine un rapport immuable partout où la nature a produit de g[ran]d effets. Les lois intellectuelles ne sont que des + [note dans la marge : + rapports, elles ont toutes un type immortel.]