Transcription Transcription des fichiers de la notice - Cours privé d'astronomie (séance 8) d'Arago Chastenay, Victorine de 1812-06-08 chargé d'édition/chercheur Beaubois, Francis Projet Chastenay ; projet EMAN, Thalim (CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle) PARIS
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1812-06-08
FRADCO_ESUP378_6 _94
Français

Ce 8 Juin 1812

            L’observation de la Lune peut servir à déterminer fixer un grand nombre de phénomènes célestes fort curieux. La marche de son disque, calculée dans l’espace la mesure de ce disque même a été employé à déterminer, si la chose eut été possible, le diamètre apparent des étoiles + [note dans la marge : + mais la nature a décidé que les petits objets trop petits a nos regards néanmoins aucune mesure pour dans nos organes aucune pourtant proportion de mesure et leur feraient pourtant supposer l’étendue.], la Lune parcourt dans fait parcourt dans le ciel en une seconde de trajet. Si donc On a attendu les moments où la Lune dans sa course atteignait une étoile, on a voulu savoir quel temps intervalle mettraient à disparaître derrière son disque les deux côtés du disque de l’étoile. Ils y disparaissent à la fois. On n’a pu reconnaître la moindre différence entre les instants où les deux parts du disque s’y dérobent. L’étoile la plus brillante est a une distance si forte qu’elle ne peut nous offrir à notre observation une demi seconde de diamètre, c’est-à-dire dans la Lunette moins que le sixième de l’épaisseur d’un cheveux.

Cette Cette intéressante expérience a conduit les observateurs à une conclusion nouvelle et d’un genre assez différent, c’est que la Lune sans doute n’avait point d’atmosphère. En effet le disque de la Lune mesure en seconde de temps la quantité de secondes que met une étoile a reparaître après s’y être dérobée, rapproché de cette mesure, il ne s’est pas trouvé entre elles la moindre différence, une atmosphère lunaire aurait pourtant produit l’effet à de retarder disparu retarder d’un côté la disparition de l’étoile, et de retarder d’avancer de l’autre la réapparition. Or si la Lune est enveloppée d’une atmosphère si peu sensible, si légère on peut du moins regarder comme certain que des êtres organisés comme nous le sommes, ne sont pas de ceux qui peuvent y vivre, une seconde considération a ??? confirmé les conséquences de cette première, c’est que jamais aucun nuage, à la surface de la Lune, ne couvre une seule de ses taches. Or si la Lune ??? de vue était Terre était vue de la Lune, plusieurs parties de notre globe seraient souvent voilées

pour elle car il forme au dessus de nous des nuages assez épais pour nous priver absolument de toute apparence de Soleil intercepter jusqu’au soupçon de la place que le disque du Soleil occupe sur l’horizon. Quelques observations soupçonnent que Cette absence de toute atmosphère pouvait déjà faire supporter que le globe de la Lune ne devait pas offrir de grandes surface d’eau. Les vapeurs qui s’élèvent et des nos mers et des nos fleuves forcément se feraient distinguer les auraient signalés sur le disque de la Lune, ce n’était pourtant encore qu’une conjecture ; monsieur Arago a démontré cette par l’ingénieuse application d’une belle découverte très belle qu’en effet le disque de la Lune ne nous présentait rien aucune étendue liquide et que ses taches les plus noires n’étaient pas des océans.

            M[onsieur] Malus, enlevé aux sciences à la fleur de son âge, avait reconnu entre autres vérités que le rayon qui traverse un prisme de cristal d’Islande

produit toujours deux images distincts et qu’à travers ce même prisme un rayon reflété par l’eau n’en pouvait jamais donner qu’une , monsieur Arago a placé dans le tube se sa Lunette un prisme de cristal d’Islande, il en a bien la double image de tous les objets distingués sur la surface de la Lune, il en aurait si les rayons lui eussent été renvoyés par de l’eau, l’image du point qui les aurait reflétés eut aurait été simple et unique, il a donc eu le droit conclure, comme il l’a fait, que la Lune était privée d’eau.

            Nous rendons à la Lune l’éclat les clartés qu’elle nous prête et même et elle nous renvoie encore une part de cette lumière que notre globe prête au sien. Aux époques des premiers ou des derniers quartiers, à ces époques enfin où la Lune n’est pas pleine, les croissants nous font voir les parties de son globe que frappent les rayons

solaire, mais le reflet de la Terrenous laisse distinguer le reste de son disque quand nous y braquons la Lunette, et cette portion couverte d’ombre quoique sensible alors à l’œil est ce qu’on nomme la partie cendrée. M[onsieur] Arago Un astronome nommé Lambert a cru voir que cette teinte partie cendrée se paraissait quelquefois avec une teinte verte, et il a cru s’être assuré que le phénomène s’était manifesté aux temps où l’hémisphère méridional du nouveau monde était celui dont les reflets étaient renvoyés sur la Lune, et aux époques saisons où la verdure foncée et toute brillante de l’Amérique méridionale étalait son luxe et sa vigueur + [note dans la marge : + M[onsieur] Arago a vérifié cette intéressante remarque]. Quelques astronomes ont pensé encore que dans les moments où la partie cendrée nous paraissait la plus obscure, c’est qu’elle elle ne recevait d’autre reflet que celui des grandes mers qui tiennent tant de place entre nos continents, et qui rendent si peu de lumière !

            Nous ne saurons avoir dirigé nos spéculations vers l’atmosphère du globe de la Lune sans hazarder nos conjectures sur celle qu’on a longtemps accordée au Soleil.

            Le célèbre Bouguer avait cru observer que les rayons obtenus du centre du Soleil donnaient une lumière plus forte que ceux qu’il rassemblait de la courbe de son disque, entre deux parallèles égales à celles qui renfermaient les rayons partis de son centre, ils faisait néanmoins cette réflexion que la partie de circonférence comprise entre les deux nouvelles parallèles était plus considérable que l’autre, qu’il en devait venir plus de rayons et il tirait cette conséquence que si leur éclat avait moins d’intensité c’est que l’atmosphère du Soleil ne pouvait pas resplendir des mêmes clartés que son disque M[onsieur] Arago, doué de ce génie qui porte la lumière intellectuelle jusqu’au foyer de toute cette autre lumière dont la ravissante beauté eut les

suffrage de son créateur, et fut prise longtemps prise par les hommes, ou pour la divinité même, ou du moins pour son sanctuaire, M[onsieur] Arago s’est donné créé des moyens inconnus jusqu’à lui, et muni de ces secours, comme d’un pouvoir magique, il a interrogé l’âme de la nature et en attendent, la lumière jusqu’ici n’a point eu de mesure positive d’intensité avant qu’il l’ait trouvée, M[onsieur] Arago l’obtint y suppléa. Ses charmes scientifiques éteignent progressivement les clartés du Soleil, il réussit à le contempler, sans la ??? employer le verre noirci, et dans cette belle expérience les rayons du disque centre disparaissent aussi complètement et aussi promptement que ceux de la circonférence du Soleil, bien plus, il se procure au moyen de son prisme la double image du Soleil, l’une il l’a fait paraître rouge, l’autre il l’a fait paraître verte, il les replace l’une sur l’autre par un miracle de l’optique, l’image blanche qui brille ressort aussitôt

est parfaitement égale dans tous les points. N’a t-il pas droit de conjecturer au moins que le Soleil n’a aucune atmosphère et que tous les points rayons de son disque sont également lumineux.

            Heureuse Vénus elle-même sont trop près du Soleil pour qu’on puisse reconnaître autour d’eux aucune atmosphère.  Mars en a une, on n’en saurait douter, autour de son hiver il se couvre de taches qui doivent être de lourds nuages, sa couleur d’un rouge foncé, en est une preuve de plus, car c’est le rayon qui perce de dernier les surfaces épaisses, et il nous est reflété presque seul par cette l’enveloppe atmosphérique dont la planète guerrière est toute enveloppée environnée.

            Jupiter a la sienne, ainsi que le vieux Saturne. C’est encore à celui dont j’écoute les leçons qu’est due l’étonnante manière de la démonstration hardie de cette vérité pour Jupiter

il la difficulté était grande. Jupiter a des bandes qui gênaient les observations, ses satellites se perdaient disparaissaient en s’éclipsant dans le cône d’ombre qu’il projette et ne se dérobent point proprement derrière son globe, M[onsieur] Arago fit passer un satellite sur le disque, il s’en procure l’illusion pour une combinaison qui étend le domaine de l’optique, le satellite brille et se distingue sur les bords contours de la planète, mais il se perd s’absorbe vers le centre et nous savons qu’il faut que l’éclat qui en absorbe un autre lui est soixante fois supérieure. Combien donc Or si le satellite qui s’est éteint vers au centre a repris son éclat vers sur les bords, combien ne doit-on pas penser qu’il y ait de degrés différentes entre la vraie lumière du disque de Jupiter et celle de son enveloppe lumineuse !

            On pardonnera cette digression à l’intérêt merveilleux qu’elle inspire, j’en ai retracé les détails avec un

véritable orgueil, et peut être un jour on s’étonnera que celui qui méditait de si belle conception ait accepté une écolière.

            Je reviens à l’astre des nuits, son mouv[emen]t de translation lui est tout à fait étranger, c’est la Terre qui le transporte avec elle, avec et c’est au mouv[emen]t de rotation de la Terre que nous devons une g[ran]de partie des ses mouv[emen]ts apparents de la Lune, ce que nous appelons un mois lunaire est véritablement un jour lunaire car ce mois est le temps que la Lune emploie à faire une seule fois le tour du globe terrestre de sorte que si notre Terre était en effet immobile nous verrions treize jours et demi la Lune avancer sur notre horizon, et durant un temps espace égal de temps, elle resterait passerait au dessous, le mouv[emen]t de la Terre qui nous cause tous les jours l’illusion de lever et du coucher de la Lune nous la doit faire aussi retrouver chaque jour, à des points différents du ciel, car cet astre lancé

dans la même direction que la Terre, à faire chaque jour un pas d’occident en orient, tandis que la rotation de la Terre fait lever la Lune à l’orient, pour l’observateur journalier c’est la marche progressive de la Lune qui, combiné avec la rotation de la Terre, allonge le moins lunaire jusqu’à 29 jours entiers à peu près. C’est cette marche progressive qui retient la Lune sur l’horizon plus longtemps que les autres astres n’y le sont retenus par le m[ouvemen]t diurne ou, ce qui est plus vrai, plus longtemps que la fixité de ces astres ne livre leur aspect à l’observation de la Terre dont ??? qui se meut toujours sur elle-même. Ainsi le jour lunaire est plus long que le jour sidéral, plus long aussi que le jour solaire. Ce retard sur le jour solaire, ou en effet cette prolongation, va jusqu’à près de trois quarts d’heure. Au reste ce

retard n’est pas toujours égal et la Lune fidèle aux lois de Kepler décrit bien des aires égales et des temp égaux, mais àavec des intervalles ou des pas tout à fait inégaux. Sa marche est toute irrégulière, et nous aurons à pourrons bientôt calculer les influences qui la tourmentent, et son orbite à cause d’elle de cet effet n’est pas pas entièrement elliptique.