Transcription Transcription des fichiers de la notice - Rapport CNRS 1967 CNRS 1967 chargé d'édition/chercheur PARIS
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1967 Fiche : Comité pour l'histoire du CNRS ; projet EMAN Thalim (CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0 (CC BY-SA 3.0 FR).
CNRS
Rapport annuel du CNRS Français Rapport annuel du CNRS

RAPPORT D'ACTIVITÉ
1967

MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE
CENTRE NATIONAL

DE LA

RECHERCHE SCIENTIFIQUE

RAPPORT D'ACTIVITÉ

1967

15, Quai Anatole France

Paris 7e

Directeur général :
Pierre JACQUINOT

Membre de l'Académie des Sciences

Professeur à la Faculté des Sciences de Paris

Directeur administratif et financier :

Claude LASRY

Conseiller d'Etat

INTRODUCTION
Comme le précédent, ce rapport comprend deux parties. La prem1ere contient des informations sur l'activité générale du Centre, la seconde est consacrée à une tentative

de bilan des résultats obtenus avec l'aide du C.N.R.S. dans les divers domaines couverts

par le Comité national de la Recherche scientifique et constitue en quelque sorte un

compte-rendu de l'activité scientifique de chaque section.

La préparation de ces rapports a été effectuée par les commissions, sous la responsabilité

de leurs présidents. Ils ne sauraient, bien entendu, prétendre donner un panorama

complet des activités de recherche dans tous les secteurs. Nous avions nous-mêmes

suggéré de choisir, parmi l'ensemble des travaux, une dizaine de résultats importants.

Mais pour certaines sections, la tâche a été particulièrement malaisée, étant donné

l'éventail des disciplines intéressées.

Un tel travail ne peut être pleinement satisfaisant : des omissions pourront certainement

être décelées dans ce compte-rendu et les lecteurs voudront bien nous excuser

de l'imperfection de l'image que nous pouvons leur offrir d'une activité aussi diverse

que la nôtre.

L'organisation, le soutien et la stimulation de cette activité scientifique ainsi que

les choix et les jugements que cela implique, reposent sur un vaste « appareil » comprenant

le Comité national avec ses sectio~ Directoire, le Comité de direction, le Conseil

d'administration et l'administration proprem~ dite. L'année 1967 a vu le renouvellement

du Comité national à la suite d'élections et de nominations interministérielles qui

sont intervenues au début de l'année; ce comité comprend maintenant 34 sections suivant

un découpage légèrement différent de celui du précédent Comité qui a siégé

de 1963 à 1967; à ces 34 sections s'ajoute la Commission d'Océanographie, créée par arrêté

du 28 juillet 1966. Corrélativement, la composition du Directoire et celle dli Conseil

d'administration ont été modifiées.

L'effort fait ces dernières années dans le sens d'une orientation plus scientifique

des travaux des commissions et du directoire s'est poursuivi. L'extension des «formules»

nouvelles mises en place en 1966 et 1967 permet d'effectuer désormais un examen

d'ensemble des programmes scientifiques, de l'activité et des besoins des différentes

formations de recherche. Cette tendance s'est concrétisée sur le plan administratif par

la création, au sein des services centraux du C.N.R.S., d'une « division des programmes

et moyens>.

La formule des << laboratoires associes», entrée en vigueur au 1er janvier 1966, a

en effet été complétée par des modalités analogues applicables aux « équipes de recherche

~iées >; les différences résident essentiellement dans la dimension de la formation

et dans la durée du contrat d'association, quatre ans pour les laboratoires et trois ans pour
les équipes. Il s'agit, dans les deux cas, d'accorder une priorité de moyens aux universitaires

et chercheurs qui se groupent, en ce qui concerne leur activité de recherche,

en équipes ou groupement d'équipes cohérents. Les laboratoires dépendant des facultés

ou des grands établissements scientifiques peuvent ainsi obtenir le statut d'équipes ou

de laboratoires associés au C.N.R.S., dont les conditions de fonctionnement sont en

quelque sorte intermédiaires entre celles d'un laboratoire propre du C.N.R.S. et celles

d'un laboratoire d'université.

Parallèlement a été développée la création de groupes et équipes de recherche,

constitués pour quatre ou trois ans, relevant du C.N.R.S. et dirigés par des directeurs ou

maîtres de recherche. Comme pour les équipes et laboratoires associés, les programmes

et les demandes sont examinés de façon globale au cours de la session d'automne par

les sections du Comité national, puis par le Directoire.

L'ensemble de ces formules nouvelles, s'ajoutant à celle des « recherches coopératives

sur programme 'I> dont un premier bilan, au terme de trois années de fonctionnement,

a été établi dans les premiers mois de 1967 et considéré généralement comme très

satisfaisant, permet aux commissions et à la direction du C.N.R.S. d'avoir une vue plus

précise de la carte des recherches en cours et de mieux concentrer leur aide dans les

secteurs qui leur paraissent prometteurs.

Il ne faut toutefois pas se dissimuler que cette politique de regroupement et de

formules relativement << organisées » comporte des dangers auxquels nous devons essayer

d'échapper. L'un de ces dangers est d'augmenter le nombre des formations plus vite

que ne le permet l'augmentation de l'ensemble des moyens à mettre à leur disposition:

l'augmentation de leur nombre accompagnée d'une diminution des moyens attribués à

chacune serait un retour au nivellement et au saupoudrage que l'on a précisément voulu

éviter. Un autre danger est de figer pendant quelques années la situation et de ne

pas laisser une masse de manœuvre suffisante soit pour accroître les moyens de certains

laboratoires en fonction du développement de leurs recherches, soit pour favoriser des

orientations nouvelles. Il est nécessaire que, pour part de son action, le C.N.R.S. puisse

également intervenir en dehors de toute formule organisée et que des demandes individuelles

continuent à être étudiées par les sections du Comité national. Pour répondre

en partie à cette même préoccupation et afin de pouvoir faire face à des besoins imprévus

ou particuliers, la possibilité a été donnée à la direction du C.N.R.S. de créer des « actions

spécifiques». Ces « actions » peuvent être constituées suivant une procédure rapide

et sont administrées dans des conditions analogues à celles d<"s contrats de recherche; les

règles de gestion sont en effet plus souples que les règles ~inaires et permettent de

lancer des opérations urgentes avec le minimum de formalités. t'à direction du C.N.R.S.

s'est montrée prudente dans cette utilisation de la « ligne souple», mais on peut, d'ores

et déjà, considérer que les résultats sont satisfaisants et que la disponibilité d'une certaine

masse de crédits indifférenciés, même si le montant n'en est pas très élevé, est un appoint

capital pour donner aux budgets de recherche la mobilité et la fluidité indispensables.

Au total, en 1967, le C.N.R.S. a disposé d'un budget global d'un peu plus de 600 millions

de francs, non comprises les ressources extérieures provenant de contrats ou conventions,

et d'un effectif budgétaire d'environ 13 500 personnes, 5 500 chercheurs et 7 800 techniciens

et administratifs.

Les moyens nouveaux qui nous ont été attribués correspondent à un taux de croissance

de 18 % par rapport à 1966. Le montant des autorisations de programme d'équipement

s'est élevé à 155 millions contre 128 millions en 1966; le budget du fonctionnement

proprement dit a augmenté de 17 %, 400 emplois de chercheurs ont été créés, ainsi
que 730 emplois de personnels techniques et administratifs.

Dans l'ensemble, la progression est satisfaisante, tout en posant quelques problèmes.

Une de nos préoccupations majeures est celle des chargés de recherche et de la proportion

du nombre des attachés susceptibles de devenir chargés de recherche. S'il est

nécessaire qu'une partie des attachés puisse constituer les cadres propres du C.N.R.S.,)

il n'est pas moins souhaitable qu'une certaine proportion puisse essaimer vers l'Enseignement

supérieur ou vers d'autres organismes de recherche ou l'industrie privée. Il

s'agit d'un équilibre à rechercher, mais cet équilibre est instable et sujet à des perturbations

qui ne sont pas aisément prévisibles et résultent notamment de l'évolution du

nombre de créations d'emplois dans l'enseignement supérieur ou des fluctuations écono- )

miques dans le secteur privé. Etant donné les recrutements opérés depuis cinq ou six ans

et le nombre de créations d'emplois de chargés de recherche, il est certain que le problème

se posera avec encore plus d'accuité dans les années à venir.

Cinq laboratoires nouveaux ont été ouverts : un laboratoire d'automatique et de

ses applications spatiales à Toulouse, dirigé par M. Jean LAGASSE, professeur à la Faculté

des Sciences de Toulouse; un centre de physico-chimie des surfaces solides à Mulhouse,

dirigé par M. Jean-Baptiste DONNET, Directeur-adjoint de l'Ecole nationale supérieure

de Chimie; dans le cadre du centre de recherches nucléaires de Strasbourg, un département

de physique des rayonnements et électronique nucléaire, dirigé par M. André CocHE, professeur à la Faculté des Sciences; un centre de biophysique moléculaire à

Orléans, dirigé par M. Charles SADRON, professeur au Muséum national d'histoire

naturelle; un centre de sélection et d'élevage des animaux de laboratoires, dirigé par

M. Michel SABOURDY, dont la création a été effectuée en partie par transfert du centre

de sélection antérieurement installé à Gif-sur-Yvette.

En outre, le C.N.R.S. a signé une convention avec le Commissariat à l'énergie atomique

et la Gesellschaft für Kernforschung de Karlsruhe, pour la création d'un réacteur

à haut flux franco-allemand qui sera implanté à Grenoble et dirigé par le Professeur

MAIER-LEIBNITZ, professeur à la Technische Hochschule de Münich.

Le Directoire a commencé l'examen systématique quinquennal de l'orientation et

de l'activité des laboratoires propres du C.N.R.S., en application de l'article 14 de la

décision du 13 juillet 1966. Cet article précise que les directeurs de nos laboratoires

sont désormais nommés pour une période de cinq ans, et que chaque renouvellement

comporte l'examen par le Directoire des programmes et des résultats du laboratoire.

Deux laboratoires ont cessé leur activité : le laboratoire de photobiologie à Gif-sur-Yvette

et le laboratoire de physique du froid à Bellevue. Les structures de quelques laboratoires

ont été modifiées, en particulier celles de l'institut de calcul Blaise Pascà' . du centre

de recherches sur les macromolécules à Strasbourg et du laboratoire de généti •1e moléculaire

à Gif-sur-Yvette. Des modifications plus importantes ont été appor ées au

laboratoire de lipochimie de Vitry-Thiais, dont la situation doit être réexaminée dans

un délai rapproché.

Les différentes formations de recherche relevant du C.N.R.S. ont atteint les nombres

suivants : 110 laboratoires propres, 107 laboratoires associés, 42 groupes et équipes du

C.N.R.S., 81 équipes de recherche associées, et 131 recherches coopératives sur programme,

l'ensemble réunissant un effectif de plus de 8 000 chercheurs de toutes origines,

principalement chercheurs du C.N.R.S. et membres de l'enseignement supérieur, travaillant

au sein de ces formations

Par ailleurs, l'étude de deux projets d'instituts nationaux du C.N.R.S. a été effectuée en liaison avec la Direction des Enseignements supérieurs. La création du premier, institut national d'astronomie et de géophysique, a été décidée par décret du 11 septembre 1967 et sa mise en place interviendra au début de l'année 1968 (1). Pour le second, l'institut national de physique nucléaire et de physique des particules, le projet de décret constitutif est actuellement soumis aux Ministres intéressés.
Enfin, conformément à la loi du 3 janvier 1967, portant création auprès du C.N.R.S. d'une Agence nationale de valorisation de la recherche et lui conférant le statut d'établissement à caractère industriel et commercial, les textes d'application ont été préparés et

l'A.N.V.A.R. devrait entrer en fonctionnement dans le premier semestre de 1968.

En terminant ce bref aperçu sur l'orientation générale de notre activité, la Direction du C.N.R.S. est heureuse de signaler que la Médaille d'Or du C.N.R.S. a été décernée, au titre de l'année 1967, à Monsieur Claude LÉVI-STRAUSS, Professeur au Collège de

France, directeur du laboratoire d'anthropologie sociale et lui a été remise par M. le Ministre de l'Education nationale au cours d'une cérémonie qui s'est déroulée le 11 janvier 1968.

Elle adresse également ses félicitations à plusieurs directeurs de laboratoires du C.N.R.S. qui ont été élus membres de l'Académie des Sciences: M. Maurice-Marie JANOT, professeur à la Faculté de pharmacie de Paris, co-directeur de l'Institut de chimie des substances naturelles à Gif-sur-Yvette, M. Marcel RouBAULT, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy, directeur du centre de recherches pétrographiques et géochimiques, et M. Georges TEISSIER, ancien directeur du C.N.R.S., professeur à la Faculté des Sciences de Paris, directeur du centre d'études d'océanographie et biologie marine à Roscoff.

P. JACQUINOT.

MÉDAILLES DU C. N. R. S.
MÉDAILLE D'OR

La Médaille d'Or du Centre National de la 'Recherche Scientifique est une des plus

hautes, sinon la plus haute distinction scientifique française. Décernée une fois par an,

elle honore un savant français dont l'œuvre scientifique est de renommée mondiale. Les

lauréats des trois années précédentes ont été les Professeurs Louis NEEL, Alfred KASTLER

qui reçut l'année suivante le Prix Nobel, et Paul PASCAL.

Pour l'année 1967, la Médaille d'Or du C.N.RS., a été décernée à Monsieur Claude LÉVI-STRAUSS, Professeur au Collège de France, directeur du laboratoire d'anthropologie

sociale.

Monsieur Claude LÉVI-STRAUSS est né en 1908. Après des études à la Sorbonne,

il est reçu à l'agrégation de philosophie en 1931.

Membre de la Mission universitaire française au Brésil, il enseigne la sociologie

de 1935 à 1939 à l'Université de Sao Paulo et dirige plusieurs expéditions scientifiques

dans le Brésil central pour le Musée de l'Homme et le Service de la 'Recherche scientifique

(futur C.N.RS.).

Il effectue plusieurs séjours aux Etats-Unis où il occupe le poste de conseiller

culturel près !'Ambassade de France en 1946-1947.

'Rentré en France en 1948, docteur ès lettres la même année, il poursuit brillamment

sa carrière et devient en 1958 professeur au Collège de France dans la chaire d'anthropologie

sociale, créée pour lui.

Le professeur Claude LÉVI-STRAUSS a contribué à donner à l'ethnologie une place

de premier plan parmi les sciences humaines en créant une méthode qui permet de

maîtriser la masse prodigieuse de données dont dispose le chercheur.

En associant à l'enquête directe sur le terrain les moyens scientifiques les plus

modernes et les plus rigoureux tels que les ordinateurs, les travaux de M. LÉVI-STRAUSS

ont totalement rénové l'ethnologie. Ils ont montré que les sciences humaines dans

leur ensemble peuvent aspirer à une rigueur scientifique comparable à celle des sciences

exactes et naturelles.

Les travaux de M. LÉVI-STRAUSS ont acquis une renommée internationale que viennent

couronner les plus hautes distinctions internationâles. Ils contribuent ainsi au

rayonnement de la science française en même temps qu'à la défense et à lr. diffusion

de notre langue.

MÉDAILLES D'ARGENT
Sur proposition du Comité National de la Recherche Scientifique et du Directoire,

la Médaille d'Argent du C.N.R.S., a été décernée aux chercheurs suivants, pour l'ensemble

de leur œuvre scientifique ou pour certains de leurs travaux :

- M. Maurice JACOB, Physicien au C.E. A. Section: Théories physiques, pour ses

travaux sur le traitement phénoménologique des interactions entre particules

élémentaires.

- M. Juan GoNI, Chef de Service de Géochimie du B. R. G. M. (Bureau de Recherches

Géologiques et Minières). Section : Minéralogie, pour ses recherches en pétrographie,

minéralogie et géochimie et, particulièrement, les résultats obtenus dans

l'étude des éléments en traces et leur localisation dans les minéraux et les

roches.

- M. Boris ÜKSENGORN, Maître de Recherche au C. N.R. S. Section : Physique moléculaire,

pour ses études sur les divers effets optiques non linéaires produits par

la concentration d'un puissant faisceau laser dans un milieu dense et la mise

en évidence au cours de ce travail de phénomènes nouveaux, l'un en diffusion

Raman, l'autre en diffusion Brillouin.

- M. Georges V ALLADAS, Physicien au C. E. A. Section : Physique corpusculaire, pour

ses travaux dans le domaine de l'interaction des mésons 1t et des nucléons et

la mise au point des expériences réalisées autour de !'Accélérateur Saturne.

- M. Jean LASCOMBE, Professeur à la Faculté des Sciences de Bordeaux. Section:

Chimie physique, pour ses travaux de spectroscopie moléculaire (Spectroscopie

infrarouge de vibration) et tout spécialement pour sa contribution à l'étude des

actions intermoléculaires et des effets de solvant.

- M. Ladislav TAuc, Maître de Recherche au C. N. R. S. Section : Physiologie, pour

ses travaux de neurophysiologie cellulaire et notamment son étude de l' « habitation

» au niveau synoptique de la facilitation présynoptique et du rôle fonc-

7 tionnel du potentiel postsynoptique biphasique.

- Mme Panca HEIM, Maître de Recherche au C. N. R. S. Section : Biologie végétale,

pour ses recherches sur la cytologie et la caryologie des champignons et des

plantes supérieures et, particulièrement, pour ses travaux sur la caryologie et

le cycle nucléaire des champignons parasites.

- M. Claude RoPARTZ, Directeur du Centre de transfusion sanguine et de génétique

humaine de Rouen. Section : Pathologie expérimentale, pour ses recherches dans

le domaine de l'immunogénétique et tout spécialement pour ses découvertes relatives

aux marqueurs génétiques des gamma-globulines humaines.

- M. Bernard GROSLIER, Directeur de Recherche au C.N.R. S. Section : Civilisations

orientales, pour son activité comme directeur des recherches archéologiques

de l'Ecole Française d'Extrême-Orient au Cambodge et en Thaïlande, et notamment

pour l'organisation des fouilles et du service de la conservation d'Angkor

et ses publications sur les monuments et l'archéologie de l'Indochine.

- M11e Odette TAFFANEL, Attachée de Recherche au C.N.R. S. Section: Antiquités

nationales et Histoire médiévale, pour ses travaux archéologiques sur le premier

âge du fer languedocien et notamment la détermination de la succession d'habitats

depuis l'âge du fer jusqu'à l'époque romaine sur l'oppidum de Cayla.

M. Emmanuel LE ROY-LADURIE, Directeur d'Etudes à l'Ecole Pr atique des Hautes Etudes. Section : Histoire moderne, pour ses travaux sur « Les Paysans du Languedoc
» et l'élaboration d'une méthode d'histoire qui va de la climatologie,

de l'anthropologie, de l'économie aux manifestations affectives et spirituelles

d'une société.

- M. Mattei DoGAN, Maître de Recherche au C. N. R. S. Section : Sociologie, pour

ses recherches sur l'analyse secondaire des données relatives à l'activité politique

et, notamment, ses travaux sur le personnel parlementaire et ministériel et sur

le comportement de l'électorat féminin et ouvrier.

MÉDAILLES DE BRONZE

Sur proposition des comm1ss1ons du Comité National, la médaille de Bronze a été

attribuée aux chercheurs suivants :

Théories physiques : Mlle BETBEDER-MATIBET Odile, Chargée de Recherche au C.N.R.S.

Astronomie: M. ZAHN Jean-Paul, Astronome-Adjoint à l'Observatoire de Nice.

Minéralogie: Mme LAJZEROWICZ Janine, Maître-Assistant à la Faculté des Sciences de

Grenoble.

Géologie : Mme SECRETAN Sylvie, Chargée de Recherche au C.N.R.S.

Physique moléculaire : Mme BoucHIAT Marie-Anne, Maître de Recherches au C.N.R.S.

Mécanique physique : M. BROCHET Christian, Chargé de Recherche au C.N.R.S.

Physique corpusculaire : M. KLAPISCH Robert, Chargé de Recherche au C.N.R.S.

Electronique : M. Rrnux Christian, Maître de Recherche au C.N.R.S.

Chimie physique : Mme RouQUEROL Françoise, Maître-Assistant à la Faculté des Sciences

de Marseille.

Chimie minérale : M. WENDLING Edgard, Maître-Assistant à la Faculté des Sciences

de Strasbourg.

Chimie organique: M. DELPUECH Jean-Jacquf' ·, Maître de Conférences à la Faculté des

Sciences de Grenoble.

Physiologie: M. CoSNIER Jacques, Chargé d'Enseignement dans la Maîtrise de conférences

de Psychophysiologie,

Biologie animale: M. JOLY Jean, Assistant à la Faculté des Sciences de Paris.

Biologie végétale: M. de KoucHKOVSKY Yaroslav, Chargé de Recherche au C.N.R.S.

Pathologie expérimentale : M. BERGER Roland, Chargé de Recherche au C.N.R.S.

Anthropologie: M. CAPRON Jean, Attaché de Recherche au C.N.R.S.

Géographie : M. SAUTTER Gilles, Directeur d'Etudes à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes.

Linguistique générale : Mlle PHILIPP Marthe, Maître de conférences à la Faculté des Lettres

de Nancy.

Civilisations orientales: M. VADET Jean-Claude, Attaché de Recherche au C.N.R.S.

Civilisations classiques: M. LEGLAY Marcel, Professeur à la Faculté des Lettres de Lyon.

Antiquités nationales et Histoire médiévale : Mlle LEHoux Françoise, Chargée de Recherche
au C.N.R.S.

Histoire moderne: M. MEYER Jean, Maître de Conférences à la Faculté des Lettres

de Rennes.

Sciences juridiques: M. Roun.LER Alain, Attaché de Recherche au C.N.R.S.

Sciences économiques: M. FRÉvn.LE Yves, Chargé de cours à la Faculté de Droit de

Rennes.

Sociologie : Mme HAUMONT Nicole, Attachée de Recherche au C.N.R.S.

Psychologie : Mlle HATWELL Yvette, Maître-Assistant à la Faculté des Lettres et Sciences

Humaines de Paris.

Philosophie : Mme LABROUSSE Elisabeth, Chargée de Recherche au C.N.R.S.

Au cours de l'année universitaire, la procédure d'acquisition a été lancée pour divers
terrains nécessaires au C.N.R.S. :

Acquisitions à titre onéreux

à l'amiable

les installations de la base americaine de Chizé (Deux-Sèvres) pour l'implantation

d'un Centre d'études biologiques des animaux sauvages.

par voie d'expropriation

un terrain de 4 ha 43 a 18 ca, destiné à l'implantation de l'accélérateur Van de Graaf

« Empereur » pour le Centre de recherches nucléaires à Strasbourg-Cronenbourg.

Acquisitions à titre gratuit

Divers terrains, propriétés de l'Etat, vont être mis à la disposition du C.N.R.S. par

la procédure d'affectation :

- Bordeaux: Centre d'études tropicales

- Nancy: Extension du laboratoire de cinétique physique et chimique

- Bordeaux : Extension du laboratoire de magnéto-chimie ( ' i ..,..,._,· s;:t,,,.... t 1

- Villetaneuse : Laboratoire des hautes pressions

- Strasbourg : Institut de biologie cellulaire et moléculaire

- Moulis : affectation de vacants domaniaux situés sur le territoire de la commune

de Moulis

- Toulouse : Institut de chimie biologique structurale et dynamique.

La prise de possession par bail emphythéotique est envisagée pour :

- le terrain nécessaire à l'implantation d'un accélérateur Van de Graaf « Empereur »

---------p-ou-r l'exten-sio-n -de- l'Ins-ti-tut du radium à Orsay.

Les opérations de construction suivantes sont terminées :

- - Gif-sur-Yvette : Laboratoire de génétique moléculaire - ne-i:welle- cantine

- Orléans: Centre de biophysique moléculaire - Centre de sélection et d'élevage

d'animaux de laboratoire - laboratoires-non-spécialisés

- Montpellier: Centre de recherches phytosociologiques et écologiques (2e tranche)

- Orsay : Laboratoire de spectroscopie

- Roscoff: Extension du laboratoire d'océanographie et de biologie marine

- Marseille : Institut de physique théorique - Institut de biochimie et de biologie

moléculairP - Extension du Centre de recherches physiques

Opérations en voie d'achèvement :

- Strasbourg : Centres d'études bioclimatiques

- Font-Romeu - Odeillo : Bâtiment support du laboratoire du four solaire de

1000 kW.

- Toulouse : Laboratoire d'automatique et de ses applications spatiales

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SECTION 23
ANTHROPOLOGIE, PREHISTOIRE,

ETHNOLOGIE

Président : Mlle MARCEL-DUBOIS Claudie

Directeur de recherche au C.N.R.S.

1. - ÉVÉNEMENTS

Les disciplines de la section 23 ont vu se créer, avec le concours de cette Commission,

plusieurs formations de recherche: un laboratoire associé (Centre de recherches historiques),

quatre équipes de recherche associées (Laboratoire d'études de typologie et

de répartition des industries lithiques, Centre de recherches préhistoriques d'Afrique

du Nord, Centre de recherches préhistoriques et protohistoriques d'Afrique du Nord,

Centre de recherches préhistoriques et prohistoriques de la région parisienne, Laboratoire

des techniques comparées et cultures matérielles asiatiques); deux équipes de recherche,

l'une hébergée à la Faculté des Sciences de Rennes, l'autre au Musée de l'Homme à

Paris; quatre recherches coopératives sur programme (Travail et structures industrielles

lyonnaises, Peuplement du Bas-Sahara, Prospection géophysique archéologique, Reconnaissance

au désert du Lut méridional).

Des colloques nationaux et internationaux ont favorisé les échanges scientifiques

dans le domaine de la Préhistoire (Colloque international d'archéologie africaine, FortLamy,

décembre 1966; Colloque de préhistoire et de protohistoire nord-africaine et

saharienne, les Eyzies, 1967) et de l'Ethnologie africaines (Séminaire sur les religions

africaines de la boucle du Niger, Sonchamp, octobre 1966), de !'ethnomusicologie (Conférence

du Conseil international de la musique ethnique, Ostende-Bruxelles, juillet 1967;

table ronde sur la Sociologie de la musique et ethno-musicologie, dans le cadre du

xe Congrès de la Société internationale de musicologie, Ljubljana, septembre 1967)'.

Les membres de plusieurs centres de recherche relevant de la Section, notamment

du Centre d'ethnologie française (Musée des Arts et Traditions Populaires) et

du Laboratoire d'anthropologie sociale, ont été associés aux diverses étapes du projet

gouvernemental d'établissement de parcs naturels régionaux (préparation du programme

et de certains rapports d'orientation des premières « journées nationales d'étude», mise
en valeur de l'architecture traditionnelle et participation à la formation des directeursanimateurs

de parcs).

Les conditions de formation professionnelle à la recherche ethnologique auront

enregistré durant cette année une modification profonde du fait de la création d'une

maîtrise d'ethnologie dans les Facultés des Lettres et Sciences humaines et d'un diplôme

d'études approfondies pour la recherche en anthropologie sociale à la 6e Section de

l'Ecole Pratique des Hautes Etudes. Le Centre de formation aux recherches ethnologiques,

mieux intégré depuis un an à l'Institut d'ethonologie, continue de former de

jeunes chercheurs (étudiants de 3e cycle ou stagiaires étrangers).

Le rôle de l'informatique dans nos disciplines s'est précisé. C'est ainsi que des

recherches théoriques sur certains problèmes de parenté (détermination de structures

de réseaux d'alliances) ont pu être mises en route par le Laboratoire d'anthropologie

sociale. grâce au Laboratoire de physique atomique et moléculaire du Collège de France,

qui a permis l'accès à son nouvel ordinateur CAE 90.80 et prêté le concours de ses

mathématiciens.

Le Comité du Film ethnographique a produit dix sept films, dont un ( « La lune

de Bogodi » par Igor de GARINE), a reçu le grand prix du film sur l'Afrique, au Festival

de Florence et un autre («Jaguar», de Jean RoucH) a été sélectionné au Festival de

Venise.

La discipline ethnologique a été honorée par l'attribution de la médaille d'or du

C.N.R.S. à Claude LÉVI-STRAUSS, Professeur au Collège de France, pour l'ensemble

de son œuvre.

2. - RÉSULTATS

Par suite des impératifs de brièveté qui leur ont été signifiés, les rapporteurs ont

dû se limiter à une énumération incomplète des travaux accomplis, incapable d'exprimer

suffisamment leur richesse et leur intérêt.

Anthropologie physique

Les recherches d'anthropologie physique connaissent actuellement un grand essor

du fait d'un renouvellement des méthodes et des tendances et d'une orientation de

plus en plus marquée vers la génétique, la démographie et l'adaptation physiologique.

L'Anthropologie morphologique, plus spécialement cultivée dans les Facultés de

Médecine et des Sciences, au Musée de l'Homme, à l'Institut de Paléontologie humaine,

au Laboratoire de biométrie humaine du C.N.R.S., a suscité au cours de l'année de

nombreux travaux intéressant presque tous les secteurs de cette discipline : évolution

des Hominidés, Néandertaliens de la Quina, Hommes mésolithiques du Portugal, Néolithiques

de la France, crâniologie, embryologie comparée, anatomie comparée, croissance

comparée, influence de la consanguinité sur la stature des Français, dimorphisme sexuel

dans la région parisienne, couleur de la peau et réflectométrie, dermatoglyphes. Signalons,

parmi les publications, une monographie collective sur le métissage franco-vietnamien,

l'analyse des données anthropologiques disponibles sur l'Afrique subsaharienne