Monsieur le Ministre,
Depuis le décès de M. Rodin, le mandat qu’il m’avait confié ayant pris fin à la date de ce jour, j’ai considéré comme mon strict devoir, en ce qui concerne le Musée Rodin, de ne me livrer qu’à des actes exclusivement conservatoires et je me suis abstenu de toute vente, de toute commande et de tout contrat de reproduction.
J’ai dû même, à regret, devant l’instance de certains demandeurs, les adresser à des éditeurs ou à des marchands.
Cette situation, devant depuis neuf mois,
C’est ainsi, par exemple, qu’un grand amateur japonais, M. Matsukata, désireux de fonder à Tokio un musée consacré à gloire de l’art français dont le cœur serait formé par un choix de grandes œuvres de Rodin, me sollicite depuis de longs mois, pour voir aboutir les importantes commandes qu’il m’a adressées. Elles paraissent s’élever à un chiffre d’environ six cent mille francs, sur lesquels il est prêt à faire une avance immédiate pour l’exécution des travaux.
Si l’on considère d’autre part, la longueur des opérations nécessitées par la fonte, il est urgent pour ces divers motifs, de prendre une décision.
L’entrée en fonctions de notre Conseil d’administration pouvant tarder encore quelque temps du fait des vacances du Conseil d’État, je me permets de vous rappeler, Monsieur le Ministre, que l’article 1er de la deuxième donation, sanctionnée par la loi du 22 décembre 1916, vous autorise, à défaut,
Les prix qui ont été indiqués à M. Matsukata sont ceux qui avaient été fixé jadis, d’accord avec l’Administration des Beaux-Arts.
Léonce Bénédite, Conservateur du Musée Rodin, exécuteur testamentaire de Rodin
Approuvé de exécuteur testamentaire
Approuvé vu exécuteur testamentaire
[1e page : Lu et approuvé L. [Illisible] 16 septembre 1918]