Cher Monsieur,
La réponse que vous me faites à ma lettre du 30 octobre me cause un véritable étonnement. Il me semble que vous oubliez quel est le caractère de la mission dont j’ai bien voulu me charger en faveur de M. M… et le rôle que vous avez à remplir, moi-même en cette circonstance.
M. Matsukata m’a prié, à titre d’ami et en raison de mes fonctions, de mes rapports avec les artistes et de mes compétences professionnelles, de recueillir faire réaliser pour lui un ensemble de fontes du Musée Rodin dans des conditions qui ont été déterminées par lui-même par dans un contrat qui a été rédigé à Paris le 22 août 1918. 2° de recueillir pour compléter le musée qu’il veut ainsi fonder à Tokio un certain nombre de peintures d’artistes qu’il m’a particulièrement exceptionnellement avantageuses des maîtres les plus autorisés de l’École française. M. Matsukata m’a fait connaître pendant les quelques jours que j’ai passés près de lui à Londres fin août 1918 qu’il déposait chez vous à cet effet une somme de 1.200.000 frs dans laquelle je pourrais me mouvoir en toute liberté à la condition de ne pas l’excéder.
Ces dispositions sont du reste confirmées par votre la lettre de M. Takahaka en date du 10 septembre 1918 dans laquelle vous dites il est dit textuellement : …
En conséquence, j’ai à vous fournir comme il était convenu toutes décharges pour les acquisitions que je fais, gardant les reçus directs des artistes pour ma garantie et pour les communiquer en temps opportun à M. Matsukata lui-même, mais je n’ai à vous fournir apporter aucune explication au sujet des acquisitions que j’ai opérées et dont vous n’avez pas à contrôler l’opportunité. Votre rôle est celui suivant la volonté expresse de M. Matsukata est celui d’un banquier qui doit payer, avec toutes les garanties dues à sa caisse et c’est tout. J’ai reçu hier même il y a deux ou trois jours une lettre de M. Matsukata me remerciant très vivement des services que je lui ai rendus et que je lui rends encore dans un complet désintéressement et avec la plus aimable sollicitude mais si je devais éprouver la moindre difficulté nouvelle à l’occasion de la collection que j’ai accepté de lui faire, je me verrais, quels que soient mes sentiments à son égard et l’intérêt que je porte à ses projets, dans l’obligation de renoncer à lui continuer mes bons offices.
[la suite du brouillon est barrée :
En ce qui concerne M. Bartsoen, l’acquisition des deux tableaux dont je réclame le solde du prix a été faite directement par M. Matsukata à Londres. Vous avez payé un 1er acompte à le 3000 fr, M. Baertsoen vient de livrer à Paris ses 2 peintures, vous lui devez donc le restant des 16000 fr soit 13000.
Je compte donc, sans explications nouvelles, recevoir très par le plus prochain courrier, les sommes de 5000 et 13000 fr soit, 18000 fr que je vous ai réclamées et je ne doute pas j’espère que dans l’intérêt même de M. Matsukata et des projets qui lui sont chers, il ne se produira plus aucun nouvel incident de nature à froisser justement les susceptibilités d’une personnalité dont la signature est hors de discussion et qui, en cette affaire, donne à M. Matsukata la preuve constante de la plus belle amicale sollicitude pour la création qui lui tient à cœur.]
Je compte donc, sans explications nouvelles, recevoir par le plus prochain courrier la somme de 5000 francs, restant de ce qui est réclamé par M. Cazin, plus 13000 francs dus à M. Albert Baertsoen pour les deux tableaux qui lui ont été acquis par M. Matsukata lui-même à Londres et qu’il vient de livrer, soit en tout 18000 fr.
J’espère en même temps, que dans l’intérêt même de M. Matsukata et des projets qui lui sont chers et auxquels je me suis attaché avec la plus amicale sollicitude, il ne se produira plus aucun incident nouveau de nature à gérer les opérations que j’entreprends pour son compte, opérations, je vous le répète, que je me serais obligé dans ce cas d’arrêter immédiatement. Je réponds, du reste, par la même occasion à M. Matsukata.