Genève.
Votre lettre au notaire est bien conçue. Mais, ainsi que je vous l'ai écrit hier, après entretien avec Me Martin, l'actif de la succession Thibaudet à Genève risque d'être très faible lorsque les frais (de clinique, médecins, ensevelissement, et notaire aussi) auront été payés. Le compte en banque de notre ami, ici, était fort modique &, je vous le répète, mon impression est qu'on ne tirera pas grand-chose de la vente de sa bibliothèque, de ses meubles & tableaux de la rue E. Hentsch. (même la question se pose de savoir si on ne rapatriera pas à Tournus, puis à Paris, les exemplaires dépareillés, et les quelques livres de prix qui sont au domicile de Genève, afin de n'avoir pas à
La 2e solution que vous envisagez me semble donc beaucoup plus préférable. Mais le pourcentage que proposez est, à mon avis, trop modeste. Et il conviendrait d'être plus précis : vous dites "tous les manuscrits d'A. Th. dont j'assurerai la publication." Et s'il vous arrive de grouper, dans une réédition tout ou partie des articles publiés par notre ami dans la N.R.F., Candide, 1934, laouin'a pas paru hier prêt à se rallier à cette solution & à la recommander à la famille Th. Attendez la réponse. Faites-la moi connaître, s.v.p. et, éventuellement, j'interviendrai auprès de lui pour défendre votre cause avec toute l'insistance dont – par une délicatesse qui vous fait honneur – vous vous abstenez en ces circonstances un peu gênantes.
Les ms. de Thibaudet doivent
Peut-être conviendrait-il aussi que vous ne perdiez pas contact avec le notaire de Turnous, qui s'occupera de la succession Th. en cette ville. les mêmes problèmes
Votre séjour en notre ville ? N'ayant point de chambre d'amis nous ne pouvons vous offrir un gîte chez nous. Nous vous installerons, vous et Madame Paulhan – que nous serons enchantés de revoir – dans un hôtel voisin où vous prendrez également votre petit déjeuner. (Vous nous ferez le plaisir d'accepter que nous vous offrions cette chambre)nondésirons absolument que vous preniez vos repas
La durée de votre séjour à Genève dépendra évidemment du temps qu'il vous faudra pour effectuer la révision du triage sommaire auquel j'aurai procédé.
Hier j'ai lu toute la correspondance, adressée à Thibaudet, que Me Martin m'a confiée. Quelques centaines de lettres au total. Des lettres d'affaires (bouquinistes, régisseur de l'immeuble où habitait notre ami, etc.), et des
Une lettre touchante de la mère du disparu à son fils qui venait d'être opéré. Des lettres inquiètes de son frère, etc.
Vous verrez tout ce dossier très vite, pourrez peut-être conserver quelques manuscrits et des épitres et, peut-être
Pour le numéro d'hommage, je viens de téléphoner à Kettelusage personnel, des tirages spéciaux (format 18x24) de chacune de ces photos, sur papier mat ou brillant à votre guise, au prix de frs. 1,50 (suisse) par photo.
Non, ne donnez pas la photo où on le voit buvant un verre de vin. Tous les "cafards" y trouveraient à redire !
Vous avez eu raison de demander quelques pages à MM. Baud-Bovy
Suarès & Claudel, sur le point que vous me dites, se révèlent, "pignoufs". Gide aimait donc Thibaudet ? Cela m'a fait du bien de l'apprendre. Et l'union, dans le deuil du grand conciliateur que fut notre ami, des deux extrémistes Gides et Mauras,
Paul Valéry et Bergson, je suppose, collaboreront au numéro.
Au revoir, mon cher ami. Pardonnez-moi la longueur et la fréquence de mes épitre, ces temps. J'espère qu'elles ne vous seront pas inutiles.
Je vous serre très cordialement la main.
Nos amitiés les meilleures, aussi, à Madame Paulhan.