Le 3 Décembre. [1936] Cher ami,
Je suis tout à fait désolé que votre témoignage nous manque. André Gide veut bien m’accorder ses conseils et l’hommageIl s’agit d’un hommage à Eugène Dabit. sera, pour ainsi dire, composé sous sa direction. Il m’a promis un texte inédit, nous comptons fermement sur Roger Martin du Gard, Guéhenno nous donnera sûrement des pages nouvelles. Je pouvais donc penser que l’ensemble serait à la fois complet et d’une qualité éclatante. Votre abstention détruit cet espoir, tout le monde le déplorera.
J’entre il me semble dans vos raisons ; je sais aussi qu’il n’est pas dans vos habitudes d’écrire sur vos amis morts mais en la circonstance il importait tellement que votre nom ne manquât pas, que quelques lignes, même si elles n’avaient engagé que votre émotion d’ami, nous eussent remplis de joie.
Je n’espère pas, naturellement, que vous rapportiez votre décision ; tout cela n’est que pour vous dire mon profond regret et pour vous prier de me croire votre amicalement déférent
Jean Blanzat