Transcription Transcription des fichiers de la notice - Lettre de Barbara Church à Jean Paulhan (9 avril 1951) Church, Barbara (1879-1960) 1951-04-09 chargé d'édition/chercheur Société des Lecteurs de Jean Paulhan, IMEC, Université Paris-Sorbonne, LABEX OBVIL ; projet EMAN (Thalim, ENS-CNRS-Sorbonne nouvelle) PARIS
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1951-04-09 Fiche : Société des Lecteurs de Jean Paulhan ; projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0 (CC BY-SA 3.0 FR)
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Français
Le 9 avril 51 Cher Jean

Merci pour la lettre du 6, arrivée ce matin, merci pour votre assurance qu’il n’y aura pas de guerre en Europe. D’ailleurs vous êtes du même avis sur le côté asiatique que les astrologues américains.

Je suis triste de la mort d’Alix – vous êtes tourmenté pour votre fils et sa mère – et vous allez voir Bertha Rhodes en Angleterre – oui, c’est dur «  le sentiment d’être à présent du côté pas sur de la vie » (Très finement dit.)

Je serai à Ville d’Avray le soir du 2 juin – nous arriverons au Havre le matin tôt Jean sera là et je rentrerai en auto, comme d’habitude. J’aimerais beaucoup vous voir tout de suite.

Voulez-vous m’envoyer le numéro sur Gide de la N.R.F ?

Marianne Moore s’occupe de La Fontaine surtout en ce moment – elle a fait une conférence la semaine dernière au Y.M.H.A (yorm mens he [ ?] association), les « Abyssiniens » comme Wallace Stevens les appela - j’y suis allée avec les Sweeney et leur fils (19 ans) Jean – elle a lu ses poèmes, quelques uns, puis quatre fables – déjà dans leur forme définitive en américain – M.M est charmante, lit très mal, je connaissais presque tout déjà, j’avais moins de peine à suivre – Les microphones ne font du bien qu’à ceux qui au fond n’en ont pas besoin ;

Après la conférence nous sommes tous monté [sic] chez moi pour souper, pour bavarder – vous savez que les Sweeney sont de très bon amis, et Marianne et Barbara s’entendent très bien) elle aime mon nom et elle a découvert que nos deux noms ont le même nombre de lettre, bon présage, paraît-il.

Je suis votre conseil, je me mets assez régulièrement à travailler le matin – souvent j’écris des réponses à des amis qui m’ont plus particulièrement touchés par leurs messages – mes amis sont précieux dans ma solitude ) oh, je ne suis presque jamais seule, à vrai dire – je suis seule cependant, sans Harry – et vous le comprenez.

L’hiver est presque fini, hier Dimanche à la Campagne – tout paraît vert et jaune, l’herbe, les haies de Cytises, je me suis promenée à travers bois pendant 2 heures avec mon avocat, j’étais chez lui dans sa propriété, à 100 km. de N.Y. il s’occupe de Daumier et écrit un livre sur Louis Philippe. Je suis arrivée vers 11h et nous avons assisté au service épiscopalien dans une petite église ravissante, nous avons chanté ensemble des hymnes. Mme Bechtel la femme de l’avocat faisait une leçon aux enfants de Sunday School. La suite de la lettre se trouve en haut de la première page.

Une amie anglaise, Miss Margaret St. John, vient d’arriver, je lui ai lu ce que vous dites sur l’anglais, elle riait fort et disait qu’à Hindermere on était déjà arrivé aux monosyllabes – peut-être même au monosyllabe. Hou, hou, voilà ce qu’ils disent à Hindermere.

J’ai eu une longue lettre d’Yvonne Moreau-Lalande – des affaires sur tout – mais aussi des nouvelles sur Paris, de l’affection, de l’amitié.

Embrassez Germaine – à vous mon amitié affectueuse.

Barbara

La recette

Un petit peu de raison Un petit peu d’amourUn rire au bon endroitLa fantaisie, tant que tu veux,Avec mesure, s’entend.Le mot qui sonne, qui donneLa saveur, la valeurQui fait d’une toute petite idéeUne chose qui rit,Qui rit, qui ritQui rend heureux.Racontes [sic] la fable,Choisis, fouilles [sic], finis, N’oublies pas la finQui tombera à pointSi légèrement, si justeRien ne changera, ne pourraSe faire plus beau –Les frises [ ?] le disentToi, tu le sais.

C’est St. John qui m’a dit que je devais remplir tout l’espace blanc du papier – et voilà – c’est fait –excusez-moi – Il fait très beau et je sortirai avec St. John au Central Park, tout près de chez moi pour voir un jeune chameau qui vient de naître dans le petit Zoo du Park.