J’ai traduit le mot à mot. Est-ce que cela vous inspire [sic] « to cite instances » ? La voiture vient de rentrer, j’espère que Germaine se sera [sic] pas trop fatiguée.
Aujourd’hui il fait lourd et chaud, même ici. J’ai fait des courses ce matin, mais l’après-midi je suis restée chez moi dans la maison, dormant à moitié.
Pierre Lévêque viendra ce soir dîner et passer la nuit. Il est seul à Paris, il souffre de la chaleur dans son bureau près de la bourse.
Laure Lévêque et le [sic] 2 garçons de Monique viendront ici le 3 pour 15 jours, Laure pour se reposer, les garçons pour jouer aux cowboys dans le jardin, moi je regarderai, je lirai, je dormirai. Au fond j’aime assez la grosse chaleur, celle d’ici, celle de N.Y. est bien plus terrible. C’est le premier mois d’Aout pour moi à Ville d’Avray.
Bien à vous
je donnerai la conférence Moody à l’Université de Chicago en Novembre et j’ai choisi comme thème « La poésie de la Philosophie ». Et je ne veux point dire que la Philosophie exprimée dans la poésie comme dans le cas de Lucrèce, et je n’ai pas non plus dans l’esprit le style des philosophes particuliers comme p. e. Nietzsche ou Santayana. Je voudrais attirer l’attention sur la nature poétique de beaucoup des conceptions philosophiques. Par exemple, l’idée que parce que la perception est affaire des sens, que nous ne voyons jamais immédiatement la réalité, mais toujours un moment après, cette idée est une idée poétique.
W Nous vivons dans des représentations mentales du passé.
Jean Wahl parmi ses lectures, son savoir (immense reading) pourrait peut-être citer des instances – si vous le voyez, voudriez-vous lui suggérer qu’il m’écrive (de préférence à la machine). La grande chaleur, la difficulté de plus en plus grande de trouver des livres ici [biffure] m’obligeront de prendre du temps de mon bureau, de pour me concentrer sur le sujet des livres à trouver.
Et même alors, ça n’est pas facile de parcourir rapidement ces sortes [biffure] d’ouvrages.