L’Artane est parti, j’espère que vous l’aurez bientôt et je serai contente d’avoir un mot de vous (je le suis toujours) sur son arrivée.
J’ai passé les 48 heures usuelles d’ahurissement en arrivant dans la grande ville extraordinaire, contradictoire à tous points de vue, obsédante – la ville tentaculaire de Verhaeren.
La traversée fut bonne sur ce nouveau bateau qui ne vibre pas, qui ne roule presque pas, qui va à une vitesse imposante étonnante, mais il faut regarder la mer du pont en haut pour s’en rendre compte.
Le temps est merveilleux, ce
L’appartement fut tout ordonné, propre, gai, plein de fleurs, un tas de lettres, sur ma table, des visites toute la journée et hélas des coups de téléphone sans interruption. Il fait bon d’être dans mon chez moi new yorkais, je pense quand-même à l’autre, à Paris, à ville d’Avray.
J’étais déjà à un conseil d’administration de Church & Dwight en ma qualité de Directors (un des 12), je suis allé à Radio-City, je suis allée au Musée Métropolitain pour voir de l’art oriental au Musée de l’Art Moderne pour voir les Fauves (français) et naturellement à Greenwood (le cimetierre [sic])
Wallace Stevens m’a écrit très gentiment, Marianne Moore téléphone souvent et viendra dîner après-demain. Je m’agite, je fais un tas de choses, parfois c’est fatiguant, mais c’est probablement ce qu’il me faut, il reste peu de temps pour penser, pour me sentir seule.
Ecrivez-moi, j’aime vos lettres, vous me ferez un petit tableau de Paris,
de ce que vous faites, des nouvelles de Germaine, de vous.
Bien affectueusement à tous deux.
Je n’ose pas me relire – on fait du bruit, on enlève les malles – je suis distraite.
Excusez les fautes, le peu de soin. Je ferai mieux la prochaine fois.