Transcription Transcription des fichiers de la notice - Lettre de Barbara Church à Jean Paulhan (6 février 1953) Church, Barbara (1879-1960) 1953-02-06 chargé d'édition/chercheur Société des Lecteurs de Jean Paulhan, IMEC, Université Paris-Sorbonne, LABEX OBVIL ; projet EMAN (Thalim, ENS-CNRS-Sorbonne nouvelle) PARIS
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1953-02-06 Fiche : Société des Lecteurs de Jean Paulhan ; projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0 (CC BY-SA 3.0 FR)
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Français
6-2-53

Un petit mot s.v.p à l’arrivée de l’Artane.Ajout de Barbara Church, à l’envers dans la marge supérieure de la lettre.

1)

Cher Jean

Il y a longtemps que nous ne sommes pas écrit – j’espère que tout va bien, que vous n’avez pas eu la grippe ou autre chose. Pour nous ici l’hiver n’a pas été trop méchant, nous avons ignoré la grippe aujourd’hui il fait beau il fait printemps assez frais, mais je préfère cela.

Je viens d’essayer – c.a.d déjà en Janvier – 24 Artanes c’est le double de la quantité habituelle, j’apporterai avec moi la même quantité pour éviter du retard et je souhaite de toutes mes forces que nous faisons [sic] bien. Mon ami pharmacien me dit « sure sure my mother has lived on it for several years now. »

J.J Sweeney est directeur du Musée Guggenheim, collection splendide, il a un bureau imposant dans un bel immeuble de la 5e avenue, en face du Park. Il a commencé par enlever

2)

tous les cadres des tableaux, à enlever tous les meubles, à peindre les murs en blanc et maintenant ni l’œil ni l’imagination ne sont bridés, la composition la couleur comptent seuls et c’est très bien.

Picasso, Modigliani, Klee, Feiminger, Delaunay, Kandinsky, Leger, un tas d’autres et ce n’est qu’une sélection, d’autres suivront en attendant le nouveau musée où tout pourrait être montré. C’est une fortune de collection et c’est un grand succès, justifié !

Ce soir Laure Lévêque viendra dîner, puis nous irons voir Carmen dans un nouveau décor à l’opéra, je dis nouveau, mais le grand directeur Bères [ ?] a fait les décors et les costumes comme ils étaient à la Première, la Toute Première, c’est charmant, les chanteurs sont à la hauteur, l’orchestre aussi – un fait saillant : les femmes s’intéressent à l’opéra à nouveau. Les mieux habitués sont contents et attendris.

3)

J’ai vu Marianne Moore souvent, hier par Ex, et avant-hier, je lui ai dit ce que vous avez écrit sur elle et elle était rosie. Wallace Stevens aussi était à New York hier, il est sortie [sic] de son refuge d’hiver, il est gai et enthousiaste, rit d’un grand rire en se jetant en arrière – puis me demande : « - est-ce qu’on voit ma couronne en or ? » Et je ne sais s’il veut ou non qu’on la voie.

On va publier de lui – en Angleterre cette fois- un nouveau volume de ses vers. C’était bon de le vois, il m’a parlé longtemps de Harry, de leurs conversations.

Il a regardé chez moi la nouvelle Nouvelle Revue Française, se disait content de l’aspect bien [ ?] – pourrons nous lui faire avoir un abonnement.

Wallace Stevens

C/O Hartford and Indemnity (a Hartford Com. USA)

Et je règlerai quand nous nous verrons ce qui arrivera vite maintenant.

4)

Maintenant faut-il vous expliquer la carte et sa signification ? Avez-vous entendu parler de St Valentine ? C’est le

5)

patron des amoureux malheureux (dit l’Encyclopédie) Ils s’envoient des cartes le 14 février et on les appelles Valentines, ces cartes ou leurs parodies. Nous faisons de cela une grande industrie comme Henri Heine qui faisait de ses grandes peines des petites chansons, nous faisons ici de nos petites plaisanteries une grande industrie.

Bien affectueusement à vous deux, Barbara.