1) Le 8 mars 1953
Cher Jean
J'ai les 2 numéros de la Nouvelle Nouvelle Revue Française j’espère les avoir tous, j’attends l enuméro de mars. Wallace Stevens les a eu aussi. Il en est content et va m’écrire en détails quand il les aura lu. Marianne Moore aussi voudrait les avoir – voulez-vous lui prendre un abonnement pour un an (naturellement commençant avec le n°1).
Voici son adresse
260 Cumberland Street
Brooklyn
New York
U.S.A
Le plus vite s.v.p
Et moi je reglerai le tout en mai – je serai au Havre le 2 mai, j’arriverai sur la Mauritania – cette fois un bateau de la [?] dont tous disent du bien.
On verra.
Je pense beaucoup à Ville d’Avray, à mes arbres, à mon jardin en Mai. Je ne les ai pas vu [sic] depuis 1939, je suis toujours arrivée depuis 1946 en Juin.
Et naturellement je verrai Paris en pleine activité, je vous verrai – nous pourrions parler nouvelle NRF, un tas d’autres choses, sur nous, sur tout. J'y pense beaucoup avec plaisir, avec anticipation comme nous disons ici, je suis peut-être plus heureuse que jamais de revoir mon chez moi français en mai. Il faut nous efforcer de nous voir beaucoup, à Paris, à Ville d’Avray – peut-être pourrions nous avoir une reedition (une petite) de nos réunions Mesures. Je sais que vous avez souvent demandé cela sans insister – vous n’insistez jamais – mais j’avais un peu peur de l’effort, de moi, maintenant que la maison est en ordre (grâce à Jean Bouygues), un tas d’autres raisons, le mois de mai, la nouvelle N.R.F. Avec tous les noms familiers, sympathiques – j’ai presque tout lu – je ne veux pas vous ennuyer avec un commentaire, vous en avez déjà trop de ces commentaires, des violents [sic] approbations, des non moins (peut-être plus) violents engueulades. Je vous aime bien en poisson pilote- je vois moins G.G en requin, encore moins M.A en malheureux matelot.
Mais tout cela est dans cette atmosphère de littérature, « du geste gratuit », du temps bienheureux, ou les discussions
[suite de la lettre manquante]