Transcription Transcription des fichiers de la notice - Lettre de Barbara Church à Jean Paulhan (7 août 1955) Church, Barbara (1879-1960) 1955-08-07 chargé d'édition/chercheur Société des Lecteurs de Jean Paulhan, IMEC, Université Paris-Sorbonne, LABEX OBVIL ; projet EMAN (Thalim, ENS-CNRS-Sorbonne nouvelle) PARIS
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1955-08-07 Fiche : Société des Lecteurs de Jean Paulhan ; projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0 (CC BY-SA 3.0 FR)<br />
PLH_120_020699_1955_07
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 4 Aout [sic] 1955

 Cher Jean,

J’ai du chagrin, Wallace StevensLe grand poète américain Wallace Stevens (1879-1955) était mort le 2 août. est mort – vous l’avez peut-être appris par les journaux [sic] – j’ai beaucoup de difficultés à m’imaginer de ne plus recevoir de ses lettres, de ne plus le voir. Nous nous voyions pas très souvent, mais nous nous écrivions beaucoup. Harry et lui se comprenaient bien, leurs goûts, leurs intelligences, s’accordaient et depuis 1947 Wallace Stevens a souvent trouvé le mot juste pour alléger mon cafard, pour le rendre moins lourd, mon ennui.

Sa dernière lettre, sa dernière longue lettre date du 24 juin, il me raconte qu’il était allé à Yale pour recevoir d’autres honneurs “a degree” – il écrivait avec verve et un évident plaisir ses impressions, il parlait de sa fille Holly, de Peter son petit-fils, il était fier d’eux et avec raison, je les connais tous deux. Après une autre lettre du 15 Juillet, il me parle d’un poète français, habitant Brooklyn, puis le 21 une petite note de Holly me disant que son père a du [sic] aller à nouveau à l’hopital [sic], la même clinique ou [sic] il était il y a quelques mois.

Et maintenant un cable [sic], il y a trois jours, d’une cousine pour m’annoncer sa mort.

Et je suis triste.

Après-demain, je partirai pour Munich, tous les détails étaient réglés, on m’attend, je pars, peut-être est-ce bien ainsi.

Je tiens beaucoup à mes amis et Wallace Stevens était un des meilleurs.

Quand vous viendrez à Paris, écrivez-moi à Munich,

Hôtel Continental –

J’y resterai jusqu’à la fin Aout [sic].

Bien affectueusement, 

Barbara