Transcription Transcription des fichiers de la notice - Lettre de Barbara Church à Jean Paulhan (16 octobre 1957) Church, Barbara (1879-1960) 1957-10-16 chargé d'édition/chercheur Société des Lecteurs de Jean Paulhan, IMEC, Université Paris-Sorbonne, LABEX OBVIL ; projet EMAN (Thalim, ENS-CNRS-Sorbonne nouvelle) PARIS
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1957-10-16 Fiche : Société des Lecteurs de Jean Paulhan ; projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0 (CC BY-SA 3.0 FR)<br />
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[à bord le] LibertéMercredi , Octobre 16, 1957 [sic]

Cher Jean

Un petit mot du bateau, j’aurai [sic] voulu qu’il fusse [sic] drole [sic] – ou interessant [sic], il ne le sera pas. La traversée est comme sont les traversées, reposante deux jours, ennuyeuse le troisième, puis viennent les préoccupations de l’arrivée, malles, paquets, papiers, on redeviendra normal ou a peu près dans l’installation, la nouvelle, la bien connue.

Pas de celebritées [sic] à bord, sur la liste des noms cocasses, Mlle Malcuit, Mr et Mme Escalier, Mr and Mrs Borius - il y a cependant à la table à coté [sic] de nous Kirk DouglasC’est l’année pour Kirk Douglas, entre autres, des Sentiers de la gloire (Paths of Glory) de S. Kubrick., bel acteur du Cinema [sic], qui ne fait pas de chichis, avec sa jeune femme, jolie, BelgeAnne Buydens est sa deuxième épouse. qui m’agace légerement [sic] de sa voix pointue. Lui est beau, semble plutôt timide, je le regarde avec plaisir de temps en temps.

On va au Cinema [sic] tous les jours, c’est sans grand interêt [sic], le choix – est fait par un sadiste [sic], je crois qui veut nous donner des tourments – mais il y a des beaux documentaires.

Je lis : la Nouvelle Revue Française, La Litterature [sic] et le Mal, Chroniques d’Auvergne, je regarde mon album de photos de cet été – Laure les a arrangé [sic] et collé [sic], très bien, jécris [sic] un peu, je dors beaucoup. Il y a des bals, des jeux, nous regardons le bal, nous jouons aux jeux – Sans gagner cette fois-ci – mais nous avons encore 2 jours – alors peutêtre [sic]  aurons nous une chance.

Mon été a été bon malgré les mauvaises nouvelles – il a passé vite, trop vite me semble-t-il. Je suis reposée, pleine d’energie [sic].

On m’attend à New York, je reçois des telegrammes [sic] (cable [sic]) des invitations, des billets de theatre [sic] sont sur ma table – on les prend trois mois, ou plus d’avance – Ma première sortie sera le Dimanche à GreenwoodGreenwood Lake and Village, entre les états de New York et du New Jersey. avec Suzanne. Nous porterons des fleurs à Harry, je lui raconterai mon voyage, mes aventures.

Puis j’aurai la reception [sic] de rentrée, mes amis, ma famille

[même papier à en-tête] 

moins nombreux qu’a Ville d’Avray, l’appartement n’est pas grand – 50 personnes, guère plus, c’est toujours gai et grace a Suzanne très bon.

Et à nouveau je dois raconter, expliquer la France, sa littérature, sa politique, jécoute [sic] surtout, je parle littérature [sic] – un peu – très peu – et je charge Monique d’expliquer la politique. J’aimerais tant qu’une fois vous aussi vous serez [sic] là, je crois vous nous divertirez – vous aurez un succes [sic] fou, presque tous mes amis newyorkais parlent français, conaissent [sic] naturellement la revue, même quelques-uns vos livres – vous aussi vous aurez à expliquer – les Americains [sic]  aiment, demandent des explications, souvent les écoutent. Nous sommes un peuple jeune, nous autres, nous voulons apprendre.

Je bavarde comme toujours, le papier de la Transat est beau, ma plume, en or que Harry m’a donné [sic], marche bien – mais le steward frappe, il apporte le jus d’orange, le café du matin avec des croissants frais et français – le petit déjeuner est important pour moi – pour tout le monde, je suis sure [sic].

Nous avons eu un jour de tanguage [sic] mauvais, avant-hier – hier ça roulait, aujourd’hui parait-il [sic] la mer sera calme, il fera beau ; Suzanne a été un peu malade, je ne le suis jamais, mais je reste couchée. Nous avons vu des bateaux au loin, 3 ou 4 – c’est du mystère, toujours, plein d’attrait, surtout les cargos qui disparaissent et continuent.

Ecrivez-moi – bavardez vous aussi – vous me ferez grand plaisir, vous le savez.

Embrassez Germaine, je l’aime beaucoup et toujours.

Je pense à vous souvent, je vois l’appartement rue de Varenne [sic], vôtre [sic] table, les livres, je peux en un clin d’œil évoquer son atmosphère sympathique, attachante.

Je vous embrasse

Barbara.