Transcription Transcription des fichiers de la notice - Lettre de Barbara Church à Jean Paulhan (2 juillet 1958) Church, Barbara (1879-1960) 1958-07-02 chargé d'édition/chercheur Société des Lecteurs de Jean Paulhan, IMEC, Université Paris-Sorbonne, LABEX OBVIL ; projet EMAN (Thalim, ENS-CNRS-Sorbonne nouvelle) PARIS
http://eman-archives.org
1958-07-02 Fiche : Société des Lecteurs de Jean Paulhan ; projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0 (CC BY-SA 3.0 FR)<br />
PLH_120_020699_1958_08
Français

[Photo de la maison de Barbara Church centrée, légende : Ville d’Avray]

Le 2 Juillet 1958

“La sainte Inquiétude qui me ronge ” (Harry)

Qui m’obsède

Pour faire place d’un coup

A l’espoir, au repos.

On se balance

Perpétuellement

Entre ciel et enfer.

Et je n’aime pas trop le ciel

L’enfer m’attire

Peut-être la chaleur

Qu’on suppose y trouver

En cet été maussade,

Peut-être la pensée

Vivante, changeante

Des habitants.

Au ciel, le repos, la quiétude

M’affolent d’avance

Et bien plus –

On ne pense pas

C’est inutile, la voie est faite

Rien ne change,

Tout est vieux, encore plus vieux

Des ange de cire, sans âge, sans sexe

Les ailes [ ?], les halos sans monde [ ?]

On ne baille même plus.

L’enfer donne des soucis, le malheur existe

Satan Lucifer aux yeux brillants

Nargue, participe, attise

Il est beau, alerte

Et il aime les pêcheurs [sic]

Il sait que le péché

Est la vertu des braves

Qui vont, qui viennent

Qui vivent

Qui sont prudents à l’occasion

Qui s’évadent [sic], se perdent

Se retrouvent.

C’est bien ça – l’enfer – la beauté –

---

Je voulais écrire à Marc Bernard pour le remercier des “Vacances”M. Bernard, Vacances, Grasset, 1953, réédité par Gallimard en 2004 (Coll. L’Imaginaire). – il m’a mis une jolie dédicace – je n’ai pas pu trouver le livre, je suis une femme absurdement ordonnée, d’ou [sic] le grand désordre – comme mes “schreibfingerLittéralement « mes doigts d’écriture » -> mon envie d’écrire, de prendre la plume… Vérifier : j’ai indiqué cette expression à des amis allemands qui n’ont pas vraiment su l’interpréter.” me chatouillaient – j’ai écrit sur le ciel et l’enfer

Merci de votre mot, bien gentil

A tous deux affectueusement

Barbara

[sur le côté droit du feuillet]

J’ai (e. a. d. Paulette) [ ?] retrouvé le livre, naturellement.