Transcription Transcription des fichiers de la notice - Lettre de Ramon Fernandez à Jean Paulhan (5 août 1928) Fernandez, Ramon (1894-1944) 1928-08-05 chargé d'édition/chercheur Société des Lecteurs de Jean Paulhan, IMEC, Université Paris-Sorbonne, LABEX OBVIL ; projet EMAN (Thalim, ENS-CNRS-Sorbonne nouvelle) PARIS
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1928-08-05 Fiche : Société des Lecteurs de Jean Paulhan ; projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0 (CC BY-SA 3.0 FR)
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Français
Dimanche, 5 Août 1928 Mon cher ami,

Votre carte vient de me rejoindre à Biarritz, où je suis pour affaires franco-espagnoles. Hélas ! la chaleur surréaliste nous a obligés à retarder notre départ pour Aix, à cause de la jeune Irène. Au moins aurai-je le plaisir de vous voir dans quelques jours. Peut-être voudrez-vous venir tous les deux dîner à Sèvres, avec Benda ou avec Arland ?

Cher ami, je puis, comme tous les auteurs, souhaiter de voir mes écrits paraître, mais les sentiments que je nourris pour la Revue, et pour son directeur de fait, sont beaucoup plus importants qu’une impatience professionnelle. J’espère seulement qu’il sera possible d’assurer aux Essais une périodicité plus courte, mais seulement quand le mécanisme de la Revue le permettra. J’ai d’ailleurs été assez satisfait de la note sur Proust, qui me semble de quelque utilité. Je compte, à l’avenir, accentuer la « note » personnelle de cette chronique.

Notre patron m’a tellement répété qu’il attendait la vie de Molière, que je ne fais plus que jouer aux fiches. Ce qui vous explique mon silence. Je crois cependant pouvoir vous apporter une note-notule sur Transition.

Ici la chaleur de plomb, nuages de fer, sweaters multicolores, hommes nu-tête, Hispanos et Rolls. Coins mystérieux des vies extraordinaires cachés sous l’uniforme et l’uniformité. Passages de frontière le soir, aux sons de guitares voilées. Voitures de la Cour d’Esapgne, sans numéros et tous feux éteints, déposant au coin d’un chemin de mule des femmes raides et amoureuses qui déchirent leurs bas à chaque sortie.

Affectueusement,

Ramon F