Je vous renvoie dès ce soir le texte de ce poème destiné à Mesures. Je l’ai considéré retouché en deux endroits, qui me semblaient bien faibles ; j’aurais aussi désiré transformer quelques deux ou trois vers de la dernière partie, mais il m’aurait fallu, je crois, créer à neuf des développements entiers pour y réussir.
Par ailleurs je crois avec vous que la cinquième partie rétrécit, amenuise le poème, qu’il choque,
Et pourtant j’hésite à supprimer cette strophe, car c’est grâce à elle seule que l’univers est offert objet par objet, trésor par trésor ; grâce à elle, l’être à qui s’adresse le poème ne reçoit pas cette offrande comme une charge qui lui remplit soudain les bras, mais comme une conquête, successive, timide d’abord…
Aussi voudrais-je vous demander si la place réelle, la place nécessaire de cette strophe n’est pas tout de suite après la
« J’ai dépouillé pour toi les plaines mouillées d’aube » etc……
Pourrait en acquérir un élan nouveau.
Le poème ne cesserait ainsi d’aller en s’ouvrant de plus en plus et, grâce à ce déplacement de strophes, peut-être cet épanouissement deviendrait-il encore plus efficace. Je m’étonne de n’y avoir pas songé plus tôt.
J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer, Monsieur Paulhan : j’avais adressé, il y a une semaine,er décembre.
Je suis tout de même heureux d’ajouter que ces « succès » ne risqueront pas, je crois, de me gâter : j’ai trop de malheur au cœur pour qu’une joie extérieure puisse y changer quelque chose désormais. Tant mieux.
Ma lettre est un peu longue. Excusez-moi et croyez, Monsieur Paulhan, à mes sentiments de respectueuse sympathie,