Le Bonaparte des Syllabicides.
Longtemps j’ai pensé que Jean Paulhan n’attaquait que les mots, les entreprenant avec prude âpreté, les contraignant à se porter au mieux d’eux-mêmes, ne les laissant en paix que parfaits.
J’ai vu avec plaisir que, de surcroît, il était syllabicide. Dans les bons mois, il met trois jours à retrancher deux syllabes. Par une rare charité, il en ôte aussi chez les autres et ces autres en deviennent plus sains.
Je le soupçonne de vouloir fonder sur de fermes assises l’empire des syllabicides.