Transcription Transcription des fichiers de la notice - Lettre d'Armand Robin à Jean Paulhan (16 février 1958) Robin, Armand (1912-1961) 1958-02-16 chargé d'édition/chercheur Société des Lecteurs de Jean Paulhan, IMEC, Université Paris-Sorbonne, LABEX OBVIL ; projet EMAN (Thalim, ENS-CNRS-Sorbonne nouvelle) PARIS
http://eman-archives.org
1958-02-16 Fiche : Société des Lecteurs de Jean Paulhan ; projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0 (CC BY-SA 3.0 FR)
PLH_192_096232_1958_01
Français
Ce dimanche 16 février [1958] Cher Jean,

Je suis content que vous preniez du temps pour votre œuvre personnelle.

Voici le poème Kalmouk.

J’ai lancé une nouvelle légende. Je vais vous raconter la chose, cela vous amusera.

Mercredi dernier j’ai accompagné jusqu’à son quartier une actrice, Anne Blancard, qui joue actuellement au théâtre de Chaillot. Elle habite près de la place Pigalle. Nous avons décidé qu’elle répandrait le bruit suivant : elle me rencontre souvent la nuit près de chez elle, lorsqu’elle rentre du théâtre, dans un café de la place Pigalle ; je suis chaque fois ivre-mort, j’ai une bouteille à la main et (ceci est très important !) je chante la Madelon en langue turque.

Elle est très ardente à répandre le bruit. J’espère que vous ne le contredirez pas.

Affectueusement

Votre

Armand qui s’amuse un peu.

P.S. « La Madelon en turc », c’est louable. Mais Anne Blancard est de Montpellier et risque de s’entendre demander : « Comment avez-vous su que c’était du truc ? »

Il serait peut-être utile, pour ne pas détruire les efforts de cette jeune personne, de dire qu’en fait il s’agit de « la Madelon en cadurcien » (patois de Cahors).