Transcription Transcription des fichiers de la notice - Lettre de Julien Vocance à Jean Paulhan (30 mai 1929) Vocance, Julien (1878-1954) 1929-05-30 chargé d'édition/chercheur Société des Lecteurs de Jean Paulhan, IMEC, Université Paris-Sorbonne, LABEX OBVIL ; projet EMAN (Thalim, ENS-CNRS-Sorbonne nouvelle) PARIS
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1929-05-30 Fiche : Société des Lecteurs de Jean Paulhan ; projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0 (CC BY-SA 3.0 FR)
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Français
Paris 30 mai 1929 Mon cher Paulhan,

J'avais, avant de proposer le poème ci-joint à Crouzet qui a accueilli mes débuts, demandé à Pareau, indulgent ami mais censeur sévère, de m’en faire la critique serrée. En me le rendant, Pareau – qui a la faiblesse de le goûter pour le simple motif qu’il connaît un peu le pays dont je parle – me dit que cela lui paraîtrait convenir, bien plus qu’à la Grande Revue, à la NRF et que je devrais tout au moins vous en soumettre des morceaux. Imprudent conseiller, détestable pronostiqueur ! Je sais trop les obstacles de toute sorte, esthétiques ou administratifs, auxquels se heurteraient même une sympathie avouée de votre part, pour partager beaucoup l’optimisme de notre ami Pareau.

Je retiens toutefois de sa suggestion l’idée de vous envoyer, avant de lui chercher un asile, le poème du Mézenc, en vous demandant, puisqu’il évoque un pays ou vous avez promis de venir nous voir, de bien vouloir lui consacrer dix minutes d’un temps dont je sais par ailleurs tout le prix. S'il devait vous plaire à vous personnellement et vous inspirer le désir de hâter la réalisation de votre promesse, je m’estimerais heureux de l’avoir écrit.

Mais, en outre, en me le renvoyant ou en le rendant à Pareau (car, même dans l’hypothèse la plus favorable il me faudrait en faire un extrait)Par exemple de A à B, page 5. voulez-vous, mon cher Paulhan, répondre à la question suivante :

Nous comptons donner ma femme et moi, le mercredi 19 juin à 9 heures du soir, une réunion amicale et d’ailleurs tout à fait intime, en l’honneur de Mr. Schwartz, professeur de langues romanes à l’Université Stanford en Californie, (de passage à Paris avec sa femme), et qui, ayant longtemps séjourné au Japon, est l’auteur d’un gros ouvrage sur l’influence du Japon sur la littérature française contemporaine, où il reste longuement question de Conchoud, de vous de Vocance. Nous aimerions, à cette occasion , reconstituer pour un soir, le petit groupe d’amis qui s’était formé à Saint-Cloud il y a quelque douze ans. Voudriez-vous, Madame Paulhan et vous, accepter de faire partie de cette réunion, où vous verriez Conchoud je l’espère, Baldensperger, professeur à la Sorbonne, qui s’est lui aussi intéressé au haï-haï et lui a consacré plusieurs conférences, Poucin, Pareau, Maublanc, etc..., ainsi que quelques Japonais de Paris, fondateurs ou collaborateurs de la Revue Franco-nipponne. Votre acceptation entraînerait, je pense, celle de Benjamin Crémieux à qui je compte également demander de venir.

Il n’y aura, je vous l’assure, aucune propagande indiscrète en faveur d’un mode d’expression qui connaît la place modeste qu’il doit occuper dans la littérature (vous conviendrez d’ailleurs que le poème du Mézenc se souvient fort peu de ses origines), aucune tentative d’accaparement du rédacteur en chef de la N.R.F.

J'espère, mon cher Paulhan, une bonne réponse de vous, et vous envoie, en attendant, avec nos meilleurs souvenirs et respectueux hommages pour Madame Paulhan, l’expression de mes sentiments bien cordiaux et de ma fidèle amitié.

Joseph Seguin 107 rue de Sèvres Paris (VI)