Transcription Transcription des fichiers de la notice - Lettre de Barbara Church à Jean Paulhan (6 mai 1957) Church, Barbara (1879-1960) 1957-05-06 chargé d'édition/chercheur Société des Lecteurs de Jean Paulhan, IMEC, Université Paris-Sorbonne, LABEX OBVIL ; projet EMAN (Thalim, ENS-CNRS-Sorbonne nouvelle) PARIS
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1957-05-06 Fiche : Société des Lecteurs de Jean Paulhan ; projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0 (CC BY-SA 3.0 FR)<br />
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Français
Le 6 mai 1957

Cher Jean

Vous êtes gentil – de m'aider pour ma fête du 23 juin – de me donner des nouvelles,– même un peu tristes – sur tout le monde. Merci – je pense beaucoup à Ville d'Avray – à Paris, à mes amis français qui pensent à moi.

Je pense qu'il faut ajouter "Buffet et feux d'artifice", pour les amateurs. Et vous me ferez un grand plaisir en me gardant une liste des invités et j'accepte votre offre de les envoyer, ces invitations. Je n'aurais plus qu'à envoyer quelques-unes de mon côté en arrivant le 31 mai. Encore une fois, vous êtes gentil pour moi, gentil tout plein.

Oui c'est affreux ce qui arrive à Germaine Richier, je l'admire beaucoup, l'après-midi chez elle dans son atelier avec Marthe Ternand était heureux pour moi, regardant ses œuvres, la regardant elle-même. Pensez-vous que vous pourriez lui offrir 200.000 francs de ma part ? Si elle veut – par scrupule – me donner un petit objet en retour – ce sera amplement récompensé – mais seulement si elle le veut. Dites-le moi par retour.

Et Edith Boissonas [sic] – ses grandes fatigues, ses idées, ses enthousiasmes, ses dépressions ces besoins de soleil, de chaleur de changement ont pour origine la lymphe qui se sépare – autre

idée poétique. Je suis contente pour Germaine que le chat siamois et le lion de Yorkshire l'amusent et la distraient. Et la bonne nouvelle : vous travaillez. Moi aussi je m'occupe souvent à 6h du matin, j'écris des lettres, je fais mes comptes sans être dérangée, avec un cerveau qui se réveille, qui fonctionne un peu mieux, sans téléphone dans

une maison encore endormie.

Ezra Pound est un grand ami de Marianne Moore, elle le voit régulièrement dans son asyle [sic]Ezra Pound (1885-1972), poète, musicien et critique américain. Il a été interné en hôpital psychiatrique aux États-Unis pendant douze ans – elle le considère certainement un génie – j'aime ses poèmes – lui-même je ne l'ai vu qu'une fois à Paris en 1912 – je crois – il avait une chevelure rousse étonnante alors, il [illisible]. Je ne

l'aimais pas – lui – la polémique à son propos d'un de ses disciples un peu fort est oubliée maintenant. Les journaux en ont fait une grande histoire.

J'espère que Fred est capitaine.

Excusez le désordre

Je vous aime bien tous deux

Barbara