Transcription Transcription des fichiers de la notice - Lettre de Barbara Church à Jean Paulhan (5 juin 1957) Church, Barbara (1879-1960) 1957-06-05 chargé d'édition/chercheur Société des Lecteurs de Jean Paulhan, IMEC, Université Paris-Sorbonne, LABEX OBVIL ; projet EMAN (Thalim, ENS-CNRS-Sorbonne nouvelle) PARIS
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1957-06-05 Fiche : Société des Lecteurs de Jean Paulhan ; projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0 (CC BY-SA 3.0 FR)
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Français

[En haut de la lettre, une photographie de la maison de Barbara Church et en lettres imprimées :] 1 AVENUE HALPHEN VILLE D'AVRAY TEL : CHAVILLE 382

[Ajouté au stylo :] Obs. 09. 32

Cher Jean

Je trouve les cartes d'invitation magnifiques, ce que je voulais et je suis d'accord sur le nombre, le choix de vos invités.

Nous, laure et moi finissons nos amis à nous. Quant à mes malheurs, ils ont cédé la place à l'euphorie. J'avais – du moins je croyais – que j'avais perdu sur le bateau au moment de l'arrivée un rouleau à bijoux, le tiers de mes possessions – branle bas du [sic] combat : Cartier – Assurance, Objets trouvés, Commissaire – Police. Pour ne négliger rien j'ai écrit par avion à Miss St John avec recommandation urgente de cabler. Elle a mes clefs, connaît mes secrets et mes habitudes. Ce matin un cable : le rouleau marron est dans le coffre fort intact. Et naturellement immédiatement Laure et moi sont [sic] allées chez Cartier, sans téléfoné [sic] pour arrêter les poursuites, pour proclamer la bonne nouvelle.

Mais vous pouvez comprendre que j'ai dû raconter mon histoire, mes suppositions un grand nombre de fois –et à la fin je n'étais plus sûre de rien – ma grande émotion était de voir chez Cartier mes bijoux la photographie : ils existaient donc –

Et maintenant j'aurais très envie d'user et d'abuser de mon allégresse – mais il y a le dentiste – il va me faire des travaux importants, un nouveau bridge – c'est intéressant et ennuyeux.

Pour le moment je suis sous l'influence de la novococaïneLa Novocaïne est le produit anesthésique local synthétisé en 1905 par l'Allemand Alfred Einhorn et commercialisé par les Laboratoires Höchst quelques mois plus tard., excitée, ensommeillée à la fois.

Je voudrais vous voir, vous parler, vous entendre – dès que je le pourrais, j'irai vous voir nous nous rencontrerons.

Bien affectueusement à tous les deux

Barbara

Navrée que Germaine Richier ne va pas mieux – vous ne me dîtes pas dans vos petites notes ce que je vous dois. Le nom de la fille de Germaine est-il bien Choffé, si oui, inutile de répondre.