Merci Jean de m'avoir écrit si gentiment. J'ai reçu votre lettre-carte hier matin écrite mardi.
Et moi j'avais déjà trouvé
Mardi 25 juin 1957 – Après la fête
La journée est maussade
Et froide
Mon corps est las
Mon âme est fatiguée
Et blessée
C'était hier
Ce matin la routine
La bienfaisante routine
Se réinstalle
Le
Se font légers
Après la grande évasion
(Croyais-je)
Les amis, les ennemis
Qui devaient me distraire
Ont manqué à leur tâche
Ils sont plein de défauts
Plutôt vulgaires
Je ne suis pas à la hauteur
La mienne s'entend
Tout est raté
Et inutile
Pourquoi cet effort ?
Eh bien, je sais, je comprends souvent
Finalement
Le bouleversement est salutaire.
L'orage qui passe
La pluie qui tombe
Les déceptions
Font le ciel plus clair
Les roses plus fraiches
Et l'apaisement tendre, doux
C'est le contraste qui compte
Ma très chère
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Et vous m'y avez aidé avec votre billet. Maintenant oublions et pensons à autre chose. J'ai rangé dans une grande enveloppe les notes, les listes du Gardenparty [sic] j'y ajouterai une autre feuille avec des résolutions dessus : choses à éviter. Moi aussi j'aurais dû être au poste, moi aussi j'aurais dû ne pas m'assoir. Les saints n'ont
[À la verticale, dans la marge droite] pas, non plus été à mes côtés comme ils le sont généralement. Il y avait un peu trop de monde, on a beaucoup bu, le temps était trop frais pour rester dehors longuement. Mais personne ne se faufilait, nous
Le feu d'artifice était beau, Jean s'est surpassé, il en est fier.
Tout mon monde autour de moi s'applique à m'éviter des soucis, à
Un des invités, ils ont signé 2 noms – Dominique Vuzeille [?] et Gérard Rerot (si j'ai bien déchiffré) m'ont parlé "de la ruée vers le buffet hautement drôle et tragique à la fois. (Nous espérons que vous avez fait tuer les domestiques après la fête pour qu'ils n'en parlent pas)"
Ils n'en parlent pas, surtout pas à moi, ce sont mes amis qui me protègent avec zèle, ils comprennent.
Je reçois beaucoup de lettres gentilles et des livres – un de Beucler, un de Michel Breitman, Marcel Jouhandeau, un livre sur lui et ses personnages de Henri Rode, une jolie dédicace, un mot gentil ; la fête continue et moi je continue à griffonner – le 26 juin à 7h du matin
L'accordéon de Paris
Dans la rue Royale
De la cour
Monte la chanson
Un homme fluet
Ni triste, ni gai
Un vêtement bien usé
Jouait
La main sûre
Le rythme ferme.
Mon cœur chavire
Le soleil –
Paris – Paris
Le plaisir Mesdames, Messieurs
J'ai envie de danser, de chanter
Je balaie mes soucis
En cadence
Je marche vite
Au son
De l'accordéon
Il joue bien, le bonhomme
Et je lui dit – merci
En glissant mon offrande
Dans sa poche ouverte, râpée.
Il est grand
Je ne regarde pas
J'ai peur de regarder –
Pour préserver ma joie –
Et je n'en parle que ce matin.
Merci Monsieur, merci accordéon
Merci Paris
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J'étais dans la rue Royale le 25, il faisait beau, je venais d'acheter un merveilleux chapeau.
Aujourd'hui j'attends Marthe Ternand pour quelques jours, Serge Beucler et sa jeune femme viendront dîner, demain soir j'irai à l'Opéra – Poulenc et les Carmélites – puis nous penserons à notre quinzaine, non, ce n'est qu'une dizaine – de voyages dans le midi avec Laure Lévèque, Jean, sa Paulette et Agnès sa petite fille. Vous voyez je ne boude pas