Transcription Transcription des fichiers de la notice - 209. Séance ordinaire du 30 juillet 1841 1841/07/30 chargé d'édition/chercheur Courant, Elsa (éditeur scientifique) Elsa Courant, CELFF PARIS
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1841/07/30 Fiche : Elsa Courant, CNRS – Sorbonne université
Français

Séance ordinaire du 30 juillet 1841

Présents : MM.

de Latresne, Modérateur

de La Martinière

de Limairac

Tajan

Ducos

M. de Latresne, Modérateur, occupe le fauteuil.

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.

L’ordre du jour appelle le rapport de la commission nommée pour la demande en augmentation de la dotation que l’Académie a délibéré d’adresser au Conseil municipal. M. Tajan, Dispensateur adjoint et rapporteur de la commission, est entendu dans son rapport conçu en ces termes :

« Messieurs,

L’Académie des Jeux Floraux est la plus belle et la plus antique institution littéraire de la France et peut-être de l’Europe. Depuis le treizième siècle, elle brille du plus vif éclat et les révolutions politiques qui ont tout détruit ou tout ébranlé, au lieu d’avoir compromis son existence, semblent au contraire l’avoir consolidée. Jamais ses concours n’ont été aussi nombreux, aussi animés que ceux qui ont signalé ces dernières années, et la ville de Toulouse, grâce aux jeux célèbres de cette institution dont elle fut le berceau, voit grandir chaque année cette réputation de savante dont elle jouit depuis tant de siècles et qu’elle s’est toujours montrée si jalouse de conserver.

L’Administration municipale de cette ville n’a jamais rien négligé pour assurer à l’Académie les moyens de remplir avec succès la mission littéraire qu’elle a reçue. Depuis que cette société a été dépouillée des biens dont elle avait été dotée par Clémence Isaure, son illustre restauratrice, le Corps municipal a pourvu généreusement aux besoins de son administration par une dotation annuelle de 3.000 francs, et l’Académie a accepté jusqu’à ce jour cette dotation avec reconnaissance, sans en signaler la modicité. Mais il ne lui est plus permis aujourd’hui de garder le silence sur l’insuffisance de la somme affectée à son entretien.

Depuis que les concours de l’Académie sont suivis avec la plus ardente émulation, et que le nombre de ses concurrents s’est accru dans une proportion inouïe, depuis que les Académiciens, eux-mêmes, dont le zèle est excité par l’affluence des écrivains et des poètes qui ambitionnent leurs couronnes, fréquentent ses réunions avec plus d’exactitude, les besoins du service intérieur ont augmenté dans une proportion relative et la pénurie des fonds se fait sentir.

Sans parler des autres dépenses qui tombent à la charge de l’Académie, celle des Fleurs d’or et d’argent qu’elle distribue chaque année, doit éveiller le plus sa sollicitude, et elle voit, avec douleur, par l’expérience du passé, que si ses revenus ne sont pas portés à un taux plus élevé, elle se trouvera dans l’impossibilité de satisfaire, par ses récompenses, les jeunes ambitions qui s’agitent autour d’elle.

Sans remonter aux concours antérieurs, celui de cette année, par exemple, qui a été si riche, dans tous les genres de poésie, en comblant les vœux de l’Académie, l’a profondément affligée parce que l’exigüité de ses ressources ne lui pas pas permis de couronner plusieurs des ouvrages qu’elle a insérés dans son recueil et qui, assurément, étaient dignes d’une plus haute distinction.

D’un autre côté, l’Académie a des dettes qu’elle doit vivement désirer d’acquitter. Les Fleurs d’or et d’argent qu’elle n’a pu distribuer dans les concours précédents, sont autant de prix réservés dont elle est comptable envers les concurrents qui y aspirent. Les prix sont nombreux et l’Académie n’a aucun moyen de subvenir à ce surcroît de dépense.

Tels sont, Messieurs, les motifs qui ont déterminé l’Académie à nommer une commission chargée d’établir sa situation financière et de formuler, s’il y a lieu, une demande pour obtenir du Conseil municipal une augmentation de dotation. Cette commission s’est réunie ; elle a vérifié l’état des recettes et des dépenses, et, après avoir balancé les unes avec les autres, elle a reconnu qu’il serait impossible à l’Académie de pourvoir à l’avenir à toutes les exigences de son service, si sa dotation n’était pas élevée, au moins, à la somme annuelle de 4.500 francs.

Telle est, Messieurs, la proposition que la commission m’a chargé, en ma qualité de Dispensateur, de soumettre à votre délibération, et si, comme je n‘en doute pas, elle est accueillie, j’ose croire que le Conseil municipal qui, dans toutes les occasions, a donné à notre institution des marques non équivoques du plus haut intérêt, accordera à nos vœux ce supplément de revenu, afin de garantir sa prospérité. »

L’Académie adopte les conclusions du rapport de M. Tajan et, vu la circonstance, elle ajourne à une autre séance les suites à donner à ce rapport.

L’ordre du travail appelle M. Gatien-Arnoult. En l’absence de ce Mainteneur, M. de La Martinière lit une suite de pensées diverses.

La séance est levée - [signature] F. Ducos.