[E5v] Comment
Adieu mon cueur, adieu m’amour,
Mourir me convient sans sejour:
De vous je fais departement.
Je pry Dieu que benignement
Vueille conduyre ma paouvre ame;
Je meurs icy en grand diffame
Sans faire nul tort à pucelles.
Adieu, dames et damoyselles,
Helas! Le cueur me fend parmy.
À Dieu vous command, mon amy,
Le cueur me fault, plus ne voy goutte.
Comment, aprés que
Helas! Je voy bien que sans doub
Pour bien faire me vient le mal:
Ha, Duc, es tu si desloyal
Que as failly de convenance?
Mon ame s’en va en balance
[E6r] Pour ton faulx et mauvais parler,
Pourtant que ne voulz accorder
Ne consentir à
Qui vouloit estre ma maistresse
Et m’amye par grand desir:
Je ne voulz faire à son plaisir,
Dont elle fut si eschauffee
Que tost comme desesperee
Donna à son mary entendre
Que par force la voulois prendre
Et que je l’avoye requise
De peche faire à ma guise.
Helas! Et pour moy excuser
Et le contraire mieulx prouver
Luy monstray ma tres doulce amie.
Las! M’as tu celle compaignie
Faicte et celle trahyson?
Helas, helas, Dieu luy pardon!
Faulx Duc, tu es trop desloyal,
Las! Je pensoye que feal
Tu feusses par ta convenance.
Par ta mauldicte decepvance
Ton ame si sera dampnee:
Faulcement tu l’as desellee
Comme traystre et desloyal.
Plus te cuidoys estre loyal
[E6v] Que trestous les hommes du monde.
Helas, quelle
M’est au ajourd’huy mesadvenu!
Convenance n’ay pas tenu
À elle, dont j’ay trop grand tort;
Pour moy elle receu la mort,
Pour elle la veulx recepvoir.
Helas, Amours, quel desespoir
Vous est venu ne quel tourment!
Je n’eusse creu certainement
Que sans moy si tost mourussiez,
Au moins que vous ne me dissiez
Helas, ceste mort m’est sauvaige
Et à mon paouvre cueur amere,
Plus que celle qui est amere.
Je doibs mourir, c’est bien raison,
J’ay envers vous faict mesprison
Qui point ne sera reparee,
Tant fut longue la demouree.
Sans plus attendre monstrer
Que plus de vivre cure n’ay.
Je prie à Dieu le tout puissant
Qu’i nous garde de dampnement,
À la doulce vierge Marie
Qu’elle nous soit dame et amye.
[E7r] Et se peine debvez porter,
Doulx Dieu, je veulx supporter.
Plus certes ne pourroye attendre
De la mort recepvoir et prendre.
Doulx amans, priez tous pour moy
Car pour aymer la mort reçoy.
Adieu m’amour, adieu m’amye,
Adieu, la noble compaignie.
Comment les nouvelles furent annoncees au
Ha, cher seigneur, pour Dieu mercy,
On a faict trop grand meudre icy,
C’est assavoir du
Et de ma
Tous deux sont mors presentement.
Helas, doulx Dieu omnipotent,
Comment leur est il advenu?
Aprés s’amye dernier,
Mais vostre niepce vint premier
Se complaignant de son amy,
Lequel l’avoit tra
Et descouverte leurs amours;
Si trespassa par grand douleurs
Pour ma dame qui la tansa