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CORREZ - Édition des lettres internationales adressées à Émile Zola


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Carte postale "Souvenir du 23 mai 1898" avec portrait de Zola.

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Carte postale "Souvenir du 23 mai 1898" avec portrait de Zola.

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Lettre d'admiration, signée "celui qui vous embrassera un jour".

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Ce négociant hollandais pense que la Russie connaît le nom du vrai coupable.

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Sur son site consacré à Salonique, Maurice Amaraggi nous donne des éléments très précis concernant les protagonistes à l'origine de cet album ainsi que des conditions de remise à Émile Zola, ceci grâce à l'ouvrage de Sam Levy, Salonique à la fin du XiXe siècle :

« L'album très richement décoré par l'artiste arménien Kérovpé Maxudian, placé dans un emboîtage luxueux fur apporté à Paris par mon camarade Sam Carasso, collaborateur de nos journaux. Avant de le remettre à Zola, nous jugeâmes opporun de faire voir le chef d'oeuvre à quelques personnalités. Ce furent d'abord les familles Dreyfus et Hadamard, Monsieur et Madame Mathieu Dreyfus; les membres de ces deux familles demeuraient en admiration devant la merveille que Salonique avait su imaginer pour offrir en hommage au Grand Français qui symbolisait la Vérité et la Justice. Tous voulaient embrasser les milliers de signatures et pleuraient d'émotion.

Le Grand Rabbin Zadoc Kahn fut enthousiasmé par la finesse du travail éxécuté par le professeeur Zambellli. Les Docteurs Schwartzfeld et Sonenfeld marchaient de surprise en surprise en tournant les pages de l'album; Madame la baronne de Hirsch de même. Après avoir été chez Clémenceau, chez Yves Guyot, chez Bernard Lazare, nous nous rendimes chez Séverine. La grande prêtresse demeura saisie en voyant le travail superbe que Salonique venait de produire. Elle posa l'album sur un tabouret avec infiniment de respect, se mit à genoux sur un coussin et durant de longues minutes, très longues minutes, en des poses héraldiques, tourna et retourna une à une les pages, restant enamourées devant chaque enluminure, laissant échapper des acclamations admiratives. L'émotion nous rendait tous muets. En refermant la précieuse relique, Séverine nous embrassa en disant:

- Je serai avec vous au moment de la remise à Zola de cet inestimable présent.

Elle écrivit elle-même au Maître pour lui annoncer notre visite que Zola fixa au jeudi 10 mai 1898 à 11h du matin.

Le jour de la remise, nous étions une douzaine de personnes: Séverine, Vaughan, Laurent Tailhade, Yves Guyot, Bernard Lazare, Maître Labori, Les Drs. Joseph Zadoc et Jésua, maître André-Lévy Oulman, Sénor saporta, Sam Carasso et moi. L'accueil qu nous réservèrent Monsieur et Madame Zola est difficile à décrire. Quelle joie manifestèrent nos illustres hôtes! Avec quel amour ils reçurent l'album, le déplièrent et se plongèrent dans la plus béate contemplation. En tournat la dernière page et fermant le volume comme à regret, Zola, les yeux baignés de larmes nous dit :

- Mes amis j'ai reçu jusqu'à ce jour beaucoup de marques d'estime, énormément de lettres, un très grand nombre de présents. Rien ne vaut un souvenir aussi précieux que ce magnifique album. Qui a eu la première idée de cet inestimable envoi? Qui dois-je remercier? Je tiens à exprimer toute ma sympathie qui me va droit au coeur et me réconfonrte de bien de misères. Je voudrais les embrasser tous. Demain ou après-demain je vous adresserai un petit mot avec une prière de le communiquer à mes amis inconnus de Salonique.

Ce disant , le maître de céans nous embrassa "les deux sam" sur les deux joues. Minutes pathétique! Les quatorze nous étions remués jusqu'aux entrailles.

Deux jour splus tard nous recevions le billet suivant :

Messieurs,

Veuillez dire à tous les habitants de Salonique ui ont mis leur signature sur l'Album que vous m'avez offert en leur nom, veuillez dire à tous les vos compatriotes combien j'ai été touché et fier de cet hommage au milieu de la lutte amère que je soutiens encore.

Cet Album où toutes les croyances religieuses se coudoient, cet Album avec sa richesse, avec ses miniatures délicates où resplendit le soleil de l'Orient, m'apporte, comme dans un flot de lumière, du réconfort et du courage. Merci de ne pas désespérer, de croire avec moi à la vérité, à la justice. Mais surtout ne désepérer pas de la FRANCE. Elle est toujours une grande nationg énéreuse, vous verrez qu'elle étonnera prochainement le monde par le réveil de son âme, où la passion des nobles causes n'a pas cessé de brûler. Je vous embrasse fraternellement.
Paris, 14 Mai, 1898

 

 


Nous renvoyons également, sur le même site, à cet article paru sur l'affaire Dreyfus à Salonique.

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- Emboitage vert-olive (32*43). Epaisseur : 30. - Exemplaire n°3. - Chaque lithographie est re-signée avec signature manuscrite.

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