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206. Paris, Jeudi 23 novembre 1854, François Guizot à Dorothée de Lieven
Collection : 1854 (1er janvier-21 décembre) : Dorothée, une princesse russe, persona non grata à Paris
Auteurs : Guizot, François (1787-1874)
206 Paris, Jeudi 23 Nov. 1854
Je n’ai vu hier que Mad. Mollien et le Duc de Broglie ; l’une ne ne racontant que Claremont, l'autre, que ses inquiétudes. Le Chancelier aussi est très noir. Il n’y a du reste encore personne ici. Avez-vous remarqué un article du Times, sur les généraux anglais tués le 5, particulièrement sur sir George Catheart ? Vraiment très beau ; une noble oraison funèbre. J’y vois le symptôme d’une profonde émotion en Angleterre. Quoique vous soyez plus durs et moins excités par la voix publique, on doit être ému aussi à Pétersbourg. Vous perdez aussi bien des généraux.
Paris était hier couvert de neige, et très sale. J’ai passé rue St Florentin. Je passe plus vite là qu'ailleurs. Quand m’y arrêterai-je ? Décidément la place Louis XV n’a pas réussi ; la complète suppression des fossés et la multiplication des passages. pour les voitures ont agrandi l’espace outre mesure et lui donnent un aspect illimité qui est désagréable. Le Palais de l’industrie et ses immenses annexes placés, après coup réussissent encore moins ; c’est tout un côté des Champs Elysées converti en un vaste hangar. Quand ce sera plein de choses et de personnes ce sera beau. Mais il faut la paix à l'Exposition de 1855 si elle se fait au milieu de la guerre, elle sera belle encore mais d’une beauté triste. La tristesse est fatale même à la beauté.
9 heures
Je reçois votre 167. Je vais m'habiller et passer chez M. avant le déjeuner. J’espère que je le trouverai. Si je ne le trouve pas je lui laisserai un mot pour lui demander à quelle heure dans la journée, je puis le rencontrer. J’ai toujours craint quelque anicroche de ce côté surtout à cause de la visite de Lord P. Mais j’espère bien que ce ne serait qu’un ménagement momentané.
1 heure
J’ai passé trois quarts d'heure avec M. L'obstacle. est bien ce que je pensais. Obstacle actif. On a parlé de vous deux ou trois fois. Des rancunes, et encore plus de méfiances. On ne saurait prendre trop de soins pour maintenir l'alliance intime et pour écarter ceux qui auraient envie de la rompre. Tout sur ce thème là. Les dispositions plus, les intentions ne sont point changées. Mais il faut un peu de patience. Il faut laisser partir. M. Plein d'amitié et de dévouement, demandant qu’on le laisse faire et assurant qu’il fera. Il ne perd aucune occasion. Il a réponse à tout. Fould est bien. J’ai dit tout ce qu’il y avait à dire, tout ce qui se pouvait dire pour soutenir, pour exciter pour presser. Mais évidemment, pour le moment, il faut attendre. On retarderait en brusquant pour avancer. Je vous répète que je crois à la sincérité du zèle et au bon résultat définitif. Je n'en suis pas moins sorti triste.
On envoie au Prince Napoléon l’ordre de retourner au siège, malade, ou bien portant. Adieu, Adieu. G.
Je n’ai vu hier que Mad. Mollien et le Duc de Broglie ; l’une ne ne racontant que Claremont, l'autre, que ses inquiétudes. Le Chancelier aussi est très noir. Il n’y a du reste encore personne ici. Avez-vous remarqué un article du Times, sur les généraux anglais tués le 5, particulièrement sur sir George Catheart ? Vraiment très beau ; une noble oraison funèbre. J’y vois le symptôme d’une profonde émotion en Angleterre. Quoique vous soyez plus durs et moins excités par la voix publique, on doit être ému aussi à Pétersbourg. Vous perdez aussi bien des généraux.
Paris était hier couvert de neige, et très sale. J’ai passé rue St Florentin. Je passe plus vite là qu'ailleurs. Quand m’y arrêterai-je ? Décidément la place Louis XV n’a pas réussi ; la complète suppression des fossés et la multiplication des passages. pour les voitures ont agrandi l’espace outre mesure et lui donnent un aspect illimité qui est désagréable. Le Palais de l’industrie et ses immenses annexes placés, après coup réussissent encore moins ; c’est tout un côté des Champs Elysées converti en un vaste hangar. Quand ce sera plein de choses et de personnes ce sera beau. Mais il faut la paix à l'Exposition de 1855 si elle se fait au milieu de la guerre, elle sera belle encore mais d’une beauté triste. La tristesse est fatale même à la beauté.
9 heures
Je reçois votre 167. Je vais m'habiller et passer chez M. avant le déjeuner. J’espère que je le trouverai. Si je ne le trouve pas je lui laisserai un mot pour lui demander à quelle heure dans la journée, je puis le rencontrer. J’ai toujours craint quelque anicroche de ce côté surtout à cause de la visite de Lord P. Mais j’espère bien que ce ne serait qu’un ménagement momentané.
1 heure
J’ai passé trois quarts d'heure avec M. L'obstacle. est bien ce que je pensais. Obstacle actif. On a parlé de vous deux ou trois fois. Des rancunes, et encore plus de méfiances. On ne saurait prendre trop de soins pour maintenir l'alliance intime et pour écarter ceux qui auraient envie de la rompre. Tout sur ce thème là. Les dispositions plus, les intentions ne sont point changées. Mais il faut un peu de patience. Il faut laisser partir. M. Plein d'amitié et de dévouement, demandant qu’on le laisse faire et assurant qu’il fera. Il ne perd aucune occasion. Il a réponse à tout. Fould est bien. J’ai dit tout ce qu’il y avait à dire, tout ce qui se pouvait dire pour soutenir, pour exciter pour presser. Mais évidemment, pour le moment, il faut attendre. On retarderait en brusquant pour avancer. Je vous répète que je crois à la sincérité du zèle et au bon résultat définitif. Je n'en suis pas moins sorti triste.
On envoie au Prince Napoléon l’ordre de retourner au siège, malade, ou bien portant. Adieu, Adieu. G.
146. Broglie, Jeudi 8 novembre 1855, François Guizot à Dorothée de Lieven
Collection : 1855 (18 mai - 10 novembre) : Espérer la paix
Auteurs : Guizot, François (1787-1874)
146 Broglie, Jeudi 8 Novembre 1855
Je suis pressé de savoir ce qui vous agite. A Lundi. J’ai beau chercher, je ne trouve rien qui me paraisse mériter votre agitation.
Je n'attends point de nouvelles d’ici, à longtemps. Le bruit courait ici hier soir qu’on avait de nouveau tiré sur l'Empereur à Fontainebleau, pendant la chasse. Les arrivants de Paris le disaient, en ajoutant qu’on le cachait et qu’on attribuait l'explosion d’un pistolet à un accident. On a raison de n'en pas faire de bruit quand le fait lui-même n'en a pas fait. Quel temps et quels événements faudra-t-il, pour extirper de notre société ces scellérats fous.
Lord Palmerston croit-il y suffire en les renvoyant de Jersey à Guernesey ?
Puisque je nomme Jersey, je ne vois pas comment Lady Jersey vous ennuyerait beaucoup. Elle ne vous demandera pas de la conduire à l'Exposition. Vous n'aurez pas, avec elle, de longs tête-à tête. Quelques moments de commérage anglais ne vous déplairont pas. Certainement Lord Stanhope n’a pas beaucoup d’esprit. La culture a plus fait pour lui que la nature. Je ne m'étonne pas qu’il soit un peu pour la guerre. Il n’est pas de ceux qui rament contre le courant. Pour moi, sa société m'a plu et me plairait. Il est éclairé, instruit, conservateur et libéral Je suis très difficile pour l’intimité ; pas beaucoup en passant.
On m’apporte les journaux. Je vois dans le Constitutionnel l'explication du coup de pistolet. Je souhaite qu’elle soit vraie. Point de nouvelles d'ailleurs. Est-il vrai qu’on ait donné l’ordre de faire sauter les docks et tout ce qui reste des fortifi cations de Sébastopol ? Adieu, Adieu. G.
Je vous prie de m'écrire demain au Val Richer. J'y retourne pour dîner. Adieu encore. G.
Je suis pressé de savoir ce qui vous agite. A Lundi. J’ai beau chercher, je ne trouve rien qui me paraisse mériter votre agitation.
Je n'attends point de nouvelles d’ici, à longtemps. Le bruit courait ici hier soir qu’on avait de nouveau tiré sur l'Empereur à Fontainebleau, pendant la chasse. Les arrivants de Paris le disaient, en ajoutant qu’on le cachait et qu’on attribuait l'explosion d’un pistolet à un accident. On a raison de n'en pas faire de bruit quand le fait lui-même n'en a pas fait. Quel temps et quels événements faudra-t-il, pour extirper de notre société ces scellérats fous.
Lord Palmerston croit-il y suffire en les renvoyant de Jersey à Guernesey ?
Puisque je nomme Jersey, je ne vois pas comment Lady Jersey vous ennuyerait beaucoup. Elle ne vous demandera pas de la conduire à l'Exposition. Vous n'aurez pas, avec elle, de longs tête-à tête. Quelques moments de commérage anglais ne vous déplairont pas. Certainement Lord Stanhope n’a pas beaucoup d’esprit. La culture a plus fait pour lui que la nature. Je ne m'étonne pas qu’il soit un peu pour la guerre. Il n’est pas de ceux qui rament contre le courant. Pour moi, sa société m'a plu et me plairait. Il est éclairé, instruit, conservateur et libéral Je suis très difficile pour l’intimité ; pas beaucoup en passant.
On m’apporte les journaux. Je vois dans le Constitutionnel l'explication du coup de pistolet. Je souhaite qu’elle soit vraie. Point de nouvelles d'ailleurs. Est-il vrai qu’on ait donné l’ordre de faire sauter les docks et tout ce qui reste des fortifi cations de Sébastopol ? Adieu, Adieu. G.
Je vous prie de m'écrire demain au Val Richer. J'y retourne pour dîner. Adieu encore. G.
140. Paris, Dimanche 4 novembre 1855, Dorothée de Lieven à François Guizot
Collection : 1855 (18 mai - 10 novembre) : Espérer la paix
Auteurs : Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
140. Paris dimanche le 4 Nov. 1855
Quel temps affreux. Et pas de nouvelles. Le Tédéum chanté à l’église grecque à Athènes de vant le roi, n’est pas vrai. L’église n’est pas encore inaugurée même achevée. Mais il me parait qu'on veut charmer roi et reine. En attendant leur popularité s’accroit dit-on de tout ce qu'on leur fait éprouver de tracasserie. Je vous raconte là tout ce que me raconte Molke. Mais que la Grèce soit mon enfant, comme disait Nesslrode, je m'en occupe peu.
Je n’ai vu personne d’intéressant hier. Seulement Rodolphe dont la conversation est bonne. L'Indépendance dit aujour d’hui que quoique cela ait été tenu secret, la volonté de l’Empereur Napoléon a tou jours été d'épargner Odessa. Cela me fait bien plaisir et j’espère que c’est vrai.
Louise m'écrit, très touchée de ce que dans mes lettres à Alexandre je témoigne tant d’intérêt à elle & Constantin. C’est égal, quand il sera parti sans & sauf de la fournaise, il faudra qu'il revienne à ses anciennes relations avec moi, ou bien le silence recommencera. Le général Dufour demeure à St Cloud à ce qu'on me dit. Il a diné là avant hier avec un général prussien. C’est énorme la foule qui se porte à l'exposition. Cependant tout le transept est bouleversé. Adieu. Adieu.
Quel temps affreux. Et pas de nouvelles. Le Tédéum chanté à l’église grecque à Athènes de vant le roi, n’est pas vrai. L’église n’est pas encore inaugurée même achevée. Mais il me parait qu'on veut charmer roi et reine. En attendant leur popularité s’accroit dit-on de tout ce qu'on leur fait éprouver de tracasserie. Je vous raconte là tout ce que me raconte Molke. Mais que la Grèce soit mon enfant, comme disait Nesslrode, je m'en occupe peu.
Je n’ai vu personne d’intéressant hier. Seulement Rodolphe dont la conversation est bonne. L'Indépendance dit aujour d’hui que quoique cela ait été tenu secret, la volonté de l’Empereur Napoléon a tou jours été d'épargner Odessa. Cela me fait bien plaisir et j’espère que c’est vrai.
Louise m'écrit, très touchée de ce que dans mes lettres à Alexandre je témoigne tant d’intérêt à elle & Constantin. C’est égal, quand il sera parti sans & sauf de la fournaise, il faudra qu'il revienne à ses anciennes relations avec moi, ou bien le silence recommencera. Le général Dufour demeure à St Cloud à ce qu'on me dit. Il a diné là avant hier avec un général prussien. C’est énorme la foule qui se porte à l'exposition. Cependant tout le transept est bouleversé. Adieu. Adieu.
137. Paris, Jeudi 1er novembre 1855, Dorothée de Lieven à François Guizot
Collection : 1855 (18 mai - 10 novembre) : Espérer la paix
Auteurs : Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
137. Paris le 1er Novembre
Pas de nouvelle aujour d’hui, mais je retire la prolongation de l'exposition. Elle était résolue, mais La prince Napoléon s'y est opposé absolument. Appony à dîné à St Cloud avant hier. Hier Bunt. Aujourd’hui Van des Stratten. Tous sans les ministres résidents. Il pleut à verse, il fait un temps affreux, et je n'ai rien à vous dire. Ainsi Adieu.
Pas de nouvelle aujour d’hui, mais je retire la prolongation de l'exposition. Elle était résolue, mais La prince Napoléon s'y est opposé absolument. Appony à dîné à St Cloud avant hier. Hier Bunt. Aujourd’hui Van des Stratten. Tous sans les ministres résidents. Il pleut à verse, il fait un temps affreux, et je n'ai rien à vous dire. Ainsi Adieu.
136. Paris, Mercredi 31 octobre 1855, Dorothée de Lieven à François Guizot
Collection : 1855 (18 mai - 10 novembre) : Espérer la paix
Auteurs : Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
136. Paris le 31 octobre 1855
Mercredi.
Bualt est venu me voir hier plein de ses et de viens. C’est un homme important ici Allemagne. Il se croit sûr qu'elle est nièce et le restera. Il croit aussi que l’Autriche, ne bougera pas. Il est bien content de son audience auprès de l’Empereur, de tout ce qu'on lui a permis de dire & de tout ce que l’Empereur lui a dit. Il dîne aujourd’hui à St Cloud. J’ai vu Fould hier et je suis bien contente de son langage. parfaitement à la paix. Hubner est survenu. Superlativement pacifique, & déclamant vivement sur ce ton si bien qu'il a fini par craindre d'en avoir trop dit, il est parti brusquement en évident mécontentement de lui-même. Nous en avons bien ri Fould et moi.
Il parait qu’il n’y aura plus d'opérations militaires cette année. On restera comme on est. Le roi de Sardaigne arrive le 24 Novembre ou prolonge l'ouverture de l'exposition jusque sur la fin du mois. Et la cloture n’aura lieu que le 2 Xbre. J’ai oublié de vous dire que la question d’hivernage des vaissaux dans les ports suédois ne peut pas être une question. Le gouvernement suèdois dés l'origine de la guerre a déclaré ses ports étaient ouverts, sauf deux, je crois, par conséquent il n’y a pas à négocier. C'est de Molke que je tiens ceci. Greville m'engage fort à lire the Pruss qui contient dit-il d’admirables articles pour la paix. Cela vient. d'Israeli. Il n’est pas vrai qu'il y a coalition entre lui, Gladstone & Bright. Adieu pour aujourd’hui.
Mercredi.
Bualt est venu me voir hier plein de ses et de viens. C’est un homme important ici Allemagne. Il se croit sûr qu'elle est nièce et le restera. Il croit aussi que l’Autriche, ne bougera pas. Il est bien content de son audience auprès de l’Empereur, de tout ce qu'on lui a permis de dire & de tout ce que l’Empereur lui a dit. Il dîne aujourd’hui à St Cloud. J’ai vu Fould hier et je suis bien contente de son langage. parfaitement à la paix. Hubner est survenu. Superlativement pacifique, & déclamant vivement sur ce ton si bien qu'il a fini par craindre d'en avoir trop dit, il est parti brusquement en évident mécontentement de lui-même. Nous en avons bien ri Fould et moi.
Il parait qu’il n’y aura plus d'opérations militaires cette année. On restera comme on est. Le roi de Sardaigne arrive le 24 Novembre ou prolonge l'ouverture de l'exposition jusque sur la fin du mois. Et la cloture n’aura lieu que le 2 Xbre. J’ai oublié de vous dire que la question d’hivernage des vaissaux dans les ports suédois ne peut pas être une question. Le gouvernement suèdois dés l'origine de la guerre a déclaré ses ports étaient ouverts, sauf deux, je crois, par conséquent il n’y a pas à négocier. C'est de Molke que je tiens ceci. Greville m'engage fort à lire the Pruss qui contient dit-il d’admirables articles pour la paix. Cela vient. d'Israeli. Il n’est pas vrai qu'il y a coalition entre lui, Gladstone & Bright. Adieu pour aujourd’hui.
124. Val-Richer, Vendredi 19 octobre 1855, François Guizot à Dorothée de Lieven
Collection : 1855 (18 mai - 10 novembre) : Espérer la paix
Auteurs : Guizot, François (1787-1874)
124 Val Richer, Vendredi 19 oct. 1855
Si les rouges étaient corrigibles, l’arrêt de la cour d’Angers leur serait une nouvelle leçon ; en voilà quatre envoyés à Nouka Hiva. Mais ils sont incorrigibles ; les châtiments individuels sont aussi insuffisants que nécessaires. Le mal est trop étendu, et trop profond pour être guéri par quelques exemples. Il n’y a que le bon gouvernement et sa longue durée, et les régions supérieures de la société bien unies et résistant de concert qui puissent en venir à bout, si Dieu veut qu’on en vienne à bout. Quoique je fasse bien loin, il y a dix ans, de prévoir ce qui est arrivé, j’ai souvent dit au Roi que nous ne faisions que de la médecine de bonnes femmes.
Les honnêtes gens de Jersey font très résolument leur devoir. Je suis curieux de voir si le gouvernement anglais fera le sien. Toute alternative, tantôt les honnêtes gens manquent au pouvoir, tout le pouvoir aux honnêtes gens.
Je suis frappé de ces officiers Français enlevés par des brigands à la porte du Pirée. C'est pis que les brigands dans les Etats du Pape. La Grèce n’est pas en meilleur état que la Turquie, et le résultat de la guerre d'Orient pourrait bien être une occupation permanente d'Athènes comme de Constantinople. Voilà deux rayaumes dont l'Europe proclame, et poursuit depuis trente ans, l’intégrité et l'indépendance.
On me dit qu’il y a plus de monde à Paris, dans le moment-ci que jamais ; surtout des provinciaux de France, ce qui ne vous est bon à rien. On s'empresse pour voir encore l'exposition. Il me semble qu'à tout prendre, après avoir commencé par a failure, elle finit par un succès.
Je vous quitte pour aller faire un tour de jardin. Il fait un temps admirable, après trois semaines de pluie. Je voudrais que les jours que je passerai encore ici fussent beaux. J’irai peut-être en passer quelques uns à Broglie. Je me propose d'être à Paris le lundi 12 novembre. Qu'il y ait ou qu’il n’y ait pas d'événements d’ici là, nous causerons abondamment.
Onze heures
Je voudrais bien croire au sérieux et à l'efficacité des bonnes paroles que vous me répètez ; mais je n'y crois pas. Adieu, adieu.
Si les rouges étaient corrigibles, l’arrêt de la cour d’Angers leur serait une nouvelle leçon ; en voilà quatre envoyés à Nouka Hiva. Mais ils sont incorrigibles ; les châtiments individuels sont aussi insuffisants que nécessaires. Le mal est trop étendu, et trop profond pour être guéri par quelques exemples. Il n’y a que le bon gouvernement et sa longue durée, et les régions supérieures de la société bien unies et résistant de concert qui puissent en venir à bout, si Dieu veut qu’on en vienne à bout. Quoique je fasse bien loin, il y a dix ans, de prévoir ce qui est arrivé, j’ai souvent dit au Roi que nous ne faisions que de la médecine de bonnes femmes.
Les honnêtes gens de Jersey font très résolument leur devoir. Je suis curieux de voir si le gouvernement anglais fera le sien. Toute alternative, tantôt les honnêtes gens manquent au pouvoir, tout le pouvoir aux honnêtes gens.
Je suis frappé de ces officiers Français enlevés par des brigands à la porte du Pirée. C'est pis que les brigands dans les Etats du Pape. La Grèce n’est pas en meilleur état que la Turquie, et le résultat de la guerre d'Orient pourrait bien être une occupation permanente d'Athènes comme de Constantinople. Voilà deux rayaumes dont l'Europe proclame, et poursuit depuis trente ans, l’intégrité et l'indépendance.
On me dit qu’il y a plus de monde à Paris, dans le moment-ci que jamais ; surtout des provinciaux de France, ce qui ne vous est bon à rien. On s'empresse pour voir encore l'exposition. Il me semble qu'à tout prendre, après avoir commencé par a failure, elle finit par un succès.
Je vous quitte pour aller faire un tour de jardin. Il fait un temps admirable, après trois semaines de pluie. Je voudrais que les jours que je passerai encore ici fussent beaux. J’irai peut-être en passer quelques uns à Broglie. Je me propose d'être à Paris le lundi 12 novembre. Qu'il y ait ou qu’il n’y ait pas d'événements d’ici là, nous causerons abondamment.
Onze heures
Je voudrais bien croire au sérieux et à l'efficacité des bonnes paroles que vous me répètez ; mais je n'y crois pas. Adieu, adieu.
6. Paris, Mercredi 23 mai 1855, Dorothée de Lieven à François Guizot
Collection : 1855 (18 mai - 10 novembre) : Espérer la paix
Auteurs : Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
6 Paris le 23 mai 1855
L’Autriche envoie ici de nouvelles propositions. On n’en est encore qu'à l’ébauche. Il faut s’entendre d’abord avec Londres & Paris. Et puis seulement l’Autriche nous enverra ce travail. Vous voyez que cela mangera du temps. Les opérations marcheront en attendant. On persiste à penser que l’Autriche n'entre ra pas en campagne & que Personne ne l’y obligera.
J’ai vu hier Hatzfeld, mais tout envahi par ses petits griefs personnels. Le soir beaucoup de monde quatre ! Molé, Montebello Viel Castel & Merode. Tous en grand éloge de notre écrivain. Vous êtes plus en critique, mais je suis d’avis de ce que vous me dites.
Quel radotage que le rapport de Raglan du 8 mai. Lisez-le jusqu'au bout. C'est si bête. Vous voyez l’avortement de la motion Gibson. Lord Harry Vane devait second the motion. Evidement ils ont tous eu peur. Le speech des Cabarets est contre. J’ai vu mon dentiste ce matin. Cataplasmes, bêtises, la prison, tout cela pour m'épargner une dent. Je suis d’avis de la perdre ça m’est égal. Mais tout cela m'ennuie bien.
Je ne sais pas de nouvelles. Duchâtel chante ce soir. Molé passe sa journée à Champlatreux. Adieu. Adieu. On parle mal de l'exposition, plus qu'il ne faut je crois. Mais enfin le début n'est pas brillant.
L’Autriche envoie ici de nouvelles propositions. On n’en est encore qu'à l’ébauche. Il faut s’entendre d’abord avec Londres & Paris. Et puis seulement l’Autriche nous enverra ce travail. Vous voyez que cela mangera du temps. Les opérations marcheront en attendant. On persiste à penser que l’Autriche n'entre ra pas en campagne & que Personne ne l’y obligera.
J’ai vu hier Hatzfeld, mais tout envahi par ses petits griefs personnels. Le soir beaucoup de monde quatre ! Molé, Montebello Viel Castel & Merode. Tous en grand éloge de notre écrivain. Vous êtes plus en critique, mais je suis d’avis de ce que vous me dites.
Quel radotage que le rapport de Raglan du 8 mai. Lisez-le jusqu'au bout. C'est si bête. Vous voyez l’avortement de la motion Gibson. Lord Harry Vane devait second the motion. Evidement ils ont tous eu peur. Le speech des Cabarets est contre. J’ai vu mon dentiste ce matin. Cataplasmes, bêtises, la prison, tout cela pour m'épargner une dent. Je suis d’avis de la perdre ça m’est égal. Mais tout cela m'ennuie bien.
Je ne sais pas de nouvelles. Duchâtel chante ce soir. Molé passe sa journée à Champlatreux. Adieu. Adieu. On parle mal de l'exposition, plus qu'il ne faut je crois. Mais enfin le début n'est pas brillant.
