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CORREZ - Édition des lettres internationales adressées à Émile Zola


Lettre d'un anonyme à Émile Zola datée du 18 janvier 1898
Auteur(s) : Anonyme
Collection : USA (Lettres en français à Émile Zola) - Voir les autres notices de cette collection

Transcription

Texte de la lettre1898
Mardi 18 janvier.

Monsieur,

C’est de New York, que je vous adresse cette lettre.
Voulez-vous me permettre de vous exprimer non seulement ma propre admiration, mais encore celle de nombreux admirateurs de votre talent, pour l’énergique attitude qui a (sic) nos yeux est en ce moment, pour vous, une gloire presque égale à celle de votre admirable carrière littéraire.
En effet, avoir de nos jour, le courage de son opinion et l’affirmer hautement envers et contre tout ; ce n’est pas un acte banal. [mot illisible] la popularité et la tranquillité (sic) acquises pour défendre une cause que l’on croit juste est chose d’autant plus méritoire qu’il y a mille chances contre une d’être absolument incompris par la multitude.
En France, malheureusement, le champ est vaste pour ceux qui font entre [mot illisible] danse tous les moutons de Panurge qui forment le nombre infini de la foule et de la population qui, depuis nombre d’années, se laisse guider sans réflexion ni discernement par ces deux virtuoses du passé Parisien et de la discorde qui se nomment Messieurs Rochefort et Drumont ( sans compter Madame Severine ) (sic).

Ah ! si l’on savait en France, quel préjudice nous cause ce que les étrangers nomment : Notre mauvaise Presse Française. Si l’on comprenait le tort considérable causé à notre prestige par les misérables procès d'où la lumière et la justice ne jaillissent jamais mais où l'on est jamais las de se jeter à la tête toute la toute la boue d’un insondable bourbier ; où la magistrature, l’armée, le clergé, la Presse et la représentation Nationale du pays, apparaissent comme autant d’institutions pourries dont tous les membres s’alienent mutuellement d’outrages _ !
Que peuvent donc penser de nous les étrangers, quand nous ne cessons de nous traiter de lâches, de voleurs, de traîtres, de Vendus, Hélas !
Et cet appel journalier à la guerre de Religion, barbare, anticivilisatrice, d’un temps reculé, que tolère le Gouvernement, n’est-ce pas une chose monstrueuse, et n’avons-nous pas mieux à faire ? La Paix intérieure, l’Union de tous, ne sont-ils pas la garantie de la Paix extérieure !
Depuis un an environ, les circonstances m’ont forcée de parcourir pour des intérêts de famille, différents pays _ Belgique, Espagne Italie. Maintenant, je suis aux États-Unis et dans ces contrées diverses, partout, j’ai recueilli la même impression.
C'est-à-dire que j’ai pu constater la joie et le plaisir, que nos erreurs e nos discordes causent à ceux qui nous envient et nous jalousent _ L’affliction de ceux qui nous aiment que des choses n'y aurait-il pas à dire sur ce sujet, mais je ne saurais abuser, Monsieur, de vos précieux instants et d’ailleurs il faudrait une plume plus habile et plus autorisée, pour traiter d’aussi graves sujets. Je reviens
suite absente.

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Anonyme, Lettre d'un anonyme à Émile Zola datée du 18 janvier 1898.
Édition des lettres internationales adressées à Émile Zola.
Éditeur : Projet EMAN, Centre d’Étude sur Zola et le naturalisme & Institut des textes et manuscrits modernes, CNRS-ENS.
Consulté le 16/10/2021 sur la plate-forme EMAN :
https://eman-archives.org/CorrespondanceZola/items/show/6468
Notice créée par Richard Walter Notice créée le 06/11/2018 Dernière modification le 21/08/2020