Archives Marguerite Audoux

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Lettre de Marguerite Audoux à Valery Larbaud

Auteur(s) : Audoux, Marguerite

DescriptionPèlerinage à Bourges, les Nocturnes de Léon-Paul Fargue
Texte
[Paris, début décembre 1910]

Mon cher Valery,

Oui, c'est bien ma maison[1] que vous avez vue[2] et en lisant votre lettre, mes jambes ont tremblé[3] si fort que j'ai été obligée de m'asseoir dans le fauteuil que vous connaissez.
Aussitôt que je serai sortie de mes visites, et de ma correspondance, j'examinerai[4] d'accord avec vous comment je pourrais y aller[5]. Il y a tant de choses à revoir pour moi dans cette maison. Êtes‑vous entré dans la salle des filles ? Avez‑vous vu le grand tableau du fond représentant les Rois mages ? Le puits rond possède une pompe qui[6] fait monter l'eau et l'envoie dans les salles. De mon temps c'était Balthasard[7] qui pompait.
Comme vous êtes bon, mon cher Valery, et comme je vous suis reconnaissante !
Je n'ai pas encore vu Fargue ; j'espère qu'il retournera à Vichy et finira les Nocturnes[8]. Si vous arrivez à cela, tous vos péchés vous seront remis.
Je vais rester chez Francis encore une quinzaine de jours. Ici tout le monde va bien et tous les amis vous envoient le bonjour[9]
Je vous embrasse très affectueusement.

Marguerite Audoux

P. S. J'ai dîné chez Viollis[10]. J'ai vu son frère que vous avez connu à Vichy, mais Viollis est bien plus intéressant.

[1] L'Hôpital général de Bourges

[2] Voir la lettre 70

[3] Mot suivi d'un pend (pendant ?) barré.

[4] Suit un avec barré.

[5] La romancière n'est pas retournée à Bourges, mais seulement en Sologne, et à la fin de sa vie : elle s'y rend plusieurs fois en 1933, afin de se documenter pour écrire son dernier roman Douce Lumière (Grasset, 1937, posth.). Le 30 septembre 1933, elle écrit à Lucyle Rimbert, la fille de sa meilleure amie Louise Dugué : « J'arrive de Sologne où j'étais allée passer quelques jours, ainsi que j'en prends l'habitude petit à petit » (Fonds d'Aubuisson, lettre autographe inédite). Le 4 mai 1934, elle part faire son dernier « pèlerinage » avec son petit‑neveu Roger et la femme de ce dernier, « Many ». Elle passe dix jours à Pierrefite‑sur‑Sauldre, mais ne retourne toujours pas sur les lieux qui marquèrent à jamais son existence : Sainte‑Montaine et la ferme de Berrué. Quant à l'hypothétique voyage « du côté de [s]a Sologne » qu'elle annonce à Werth dans la lettre 171, nous n'en possédons aucune trace.

[6] Mot suivi d'un donne barré.

[7] Orpheline ou employée laïque. Rien ne le précise dans les archives de l'Archevêché.

[8] D'après les lettres que Larbaud adresse à Fargue, ce n'est qu'en novembre 1911 que celui‑ci corrige les épreuves des Nocturnes, qui paraîtront sous le titre Poèmes en 1912 à la NRF [Voir la correspondance Larbaud‑Ray, Gallimard, tome deuxième, note 6 de la lettre 177 (de Larbaud à Ray du 15 novembre 1911), p. 301].

[9] Les Jourdain, et tous les amis du groupe de Carnetin qui peuvent passer à Coutevroult.

[10] Voir la lettre 266. Il y a toutes les chances pour qu'il s'agisse du même, dans la mesure où, dès 1908, Jean Viollis est avec Larbaud parmi les « goncourables ». Nous n'avons rien trouvé sur le frère.

Lieu(x) évoqué(s)Bourges
État génétiqueVoir les notes du texte pour les ratures

Lettres échangées


Collection Correspondants

Cette lettre a comme destinataire :
LARBAUD, Valery

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Notice créée par Bernard-Marie Garreau Notice créée le 17/12/2017 Dernière modification le 03/05/2024