Guizot épistolier

François Guizot épistolier :
Les correspondances académiques, politiques et diplomatiques d’un acteur du XIXe siècle

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Auteurs : Mirbel, Lizinska Aimée Zoé de (1796-1849)

Auteurs : Mirbel, Lizinska Aimée Zoé de (1796-1849)

Auteurs : Daunant, Paradès de (1798-1881)

Auteurs : Guizot de Witt, Henriette (1829-1908)
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Relative à la correspondance entre Doudan et Guizot entre 1830 et 1838. Certainement pour la préparation de l'édition de la correspondance de Doudan.

Auteurs : Guizot, François (1787-1874)

Auteurs : Guizot, François (1787-1874)

Auteurs : Guizot, François (1787-1874)

Auteurs : Vitet, Louis, dit Ludovic (1802-1873)

Auteurs : Vitet, Louis, dit Ludovic (1802-1873)

Auteurs : Vitet, Louis, dit Ludovic (1802-1873)

Auteurs : Croker, John-Wilson (1780-1857)

Auteurs : Croker, John-Wilson (1780-1857)

Auteurs : Croker, John-Wilson (1780-1857)

Auteurs : Vitet, Louis, dit Ludovic (1802-1873)

Auteurs : Drouyn de Lhuys, Edouard (1805-1881)

Auteurs : Lenormant, Amélie (1803-1893)

Auteurs : Lenormant, Amélie (1803-1893)

Auteurs : Lenormant, Amélie (1803-1893)

Auteurs : Lenormant, Amélie (1803-1893)

Auteurs : Guizot, François (1787-1874)
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2 Val Richer, Samedi 19 mai 1855

J’ai dormi neuf heures. Je veux me persuader que j'étais fatigué. Ce beau temps vous fait du bien, car j’ai amené ici le beau temps, le soleil et l’air chaud. Nous en avions perdu le souvenir. C'est charmant. Où irez-vous en jouir ? C’est une préoccupation qui ne me quitte pas. Sauf celle-là, je n'en ai ici aucune autre que de déballer et de ranger mes livres. (Pardonnez ma mauvaise écriture ; j’ai de l'encre trop claire, qui coule à flots comme de l'eau.)
Il m'en coûte peu de ne pas penser à la politique du moment. Elle ne me plaît pas et je n’y puis rien. Quand j’y pense, je m'étonne de plus en plus qu’on se soit mis dans de tels embarras, dans de tels périls, sans aucune nécessité, par pur entrainement imprévoyant, ou pure fantaisie. J’ai passé ma vie dans la politique nécessaire n’agissant qu’en présence d'événements qui ne permettaient pas l’inaction, et guidé, dans l'action, par les nécessités claires qui la commandaient. La politique factice et gratuite, toujours mauvaise en soi et tôt ou tard fatale, a de plus aujourd’hui l’inconvénient de n'être pas longtemps praticable ; elle coûte trop cher, et il y a trop de gens qui y regardent.
J’attends un mot de vous ce matin, et mes journaux. On me dit que j'ai, cette année, un très bon facteur de la poste qui arrive de bonne heure, mais qui attend peu. J’aime mieux cela. Je n'ai à vous envoyer d’ici que mon esprit. J’ai tout le temps de le recueillir, en me promenant dans mon jardin. Adieu. Adieu. J’ai trouvé mes enfants bien portants.

Auteurs : Guizot, François (1787-1874)
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N°1

J’arrive. C'est bien dommage que vous n’arriviez pas avec moi. Un beau soleil un ciel pur un air doux, une verdure jeune. Je n’ai pas eu froid cette nuit, et j’ai assez dormi. Je voudrais bien croire que vous avez dormi aussi. Votre toux me déplait horriblement. C’est ma principale raison pour vous désirer Ems. Vous vous en êtes toujours bien trouvée, et je ne vois pas un autre Ems en France. Il n’y faut pourtant aller qu'à bien bonnes enseignes. J’attends, pour avoir un avis, ce qu’on vous répondra les paroles textuelles. Adieu. Je vous quitte pour ranger mes papiers, et me promener après. Je voudrais que vous ne fussiez pas triste, et j'en serais bien fâché. Adieu, adieu. G.

Val Richer 18 Mai 1855

Auteurs : Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
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Richmond Lundi 24 juillet 1848.
2 heures

Ce n’est que dans ce moment même que je reçois votre lettre de samedi. C’est scandaleux. Mais votre lettre est charmante. Full of interesting informations. J’ai eu de la peine à partir hier. Agréable compagnie. Et puis retrouver Miss Gibbons ! Mais enfin le pli est pris, & ma sotte santé est toujours là pour m’empêcher de manger et de veiller. Rien de nouveau ce matin "comme de raison."
Hier au club deux personnes ont dit à mon fils qu’elles savaient qu’on était en possession de papiers très curieux à vous appartenant. Voilà mes agitations qui recommence. Je crois que mon fils Alexandre ira à Paris pour me rapporter mes papiers.
Je me réjouis de demain une heure. Bulwer veut venir plus tard. Je l’ai assez troublé hier en lui disant que Lord Cowley allait à Francfort. Il avait demandé samedi à Lord Palmerston sur quoi il pouvait compter. Lord P. lui a répondu "mais vous êtes toujours ministre à Madrid." — "c’est que je voudrais un autre poste." — "Eh bien nous en causerons une autre fois." Il n’avance pas.
Adieu, adieu. L’Ecosse est insoutenable. Cela me fait une si vive peine. On peut se baigner dans la mer bien plus commodément en restant plus près. Et les visites ? Quelle absolue nécessité de les faire. Aberdeen revient dans trois mois et avant même. Vraiment je ne sais pas pourquoi tout ce trimbalage. Et à moi tant de chagrin !
Adieu, adieu et adieu.

Auteurs : Guizot, François (1787-1874)
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Brompton, Dimanche 16 Juillet 1848
4 heures

Ceci ne partira que demain. Mais je ne veux pas passer tout un jour sans vous parler. C'est bien assez de ne pas vous voir. Ce sera bien pas dans quinze jours. Nous partirons le 1er août pour l'Ecosse. J’irai passer deux jours, dans le Norfolk, chez sir John Boileau. Et de là à Andrews. J'y resterai quatre semaines pour faire prendre des bains de mer à mes enfants. Séjour très économique, d'après ce qu’on me mande. Puis nous irons faire un petit tour en Ecosse. Je refuse les trois quarts des invitations écossaises. Mais le quart restant est encore assez. Quelques unes me plaisent. Lord Aberdeen, le Duc d’Argyle à Inverary, Ellice dans les Highlands. Décidez-vous à venir à Haddo si le temps est beau, et si vous êtes un peu moins fatiguée. Lord Aberdeen en a bien envie et peur. Peur de votre ennui. Il m'en a parlé en revenant de Richmond. Je n'admets pas votre ennui. Je regrette qu’il n’y ait pas plus souvent de la musique à Richmond. Elle vous chasserait à Haddo. Au fait, j’ai tort de dire que je le regrette, car ce n’est pas vrai. Je ne veux pas que vous veniez quelque part, même quand j’y suis à moins que cela ne vous plaise tout à fait et ne vous fatigue pas trop.
Mlle. Chabaud me quittera à St Andrews pour aller passer six semaines ou deux mois en France auprès de sa mère. Je n'emmène avec moi que la maid qui sert de femme de chambre à mes filles.
J’ai dîné hier à Futham, chez l’évêque de Londres homme distingué, éteint par une attaque de paralysée, et qui est sans cesse occupé à se rechercher et à se reprendre. Il y réussit quelquefois. Vieux palais épiscopal qui date du Roi Alfred, dit-on. Rien de bien que la Tamise, les arbres et le gazon. Sir Robert Inglis l'évêque d'Oxford, le dr Lushington, deux ou trois inconnus. Et je ne sais combien de filles de l'évêque.
Ce matin, un arrivant de Paris qui m’a apporté des lettres. Situation immobile, même pour quelque temps. Un homme d’esprit, M. Lemoine m'écrit : " Vous voyez dans quelle fièvre nous vivons. La république reste là parce qu’elle y est. Je crois qu’elle a été un peu consolidée par la bataille de Juin. Elle s’est trouvé être, à ce moment là la forme représentative de l’ordre social. Tout ce qui avait un dieu, une famille, une maison s'est serré autour d’elle. Je ne connais pas dans les livres, un exemple d’une lettre semblable. Ordinai rement les masses vont au combat avec un nom, un cri ; cette fois on se battait et on tombait silencieusement, sourdement."
Une autre personne, qui peut le savoir très bien, m'écrit : " On a fait beaucoup d’honneur à M. de Lamartine, et il a beaucoup revendiqué la gloire d'avoir repoussé le drapeau rouge. Voici ce qu'affirme le véridique Dupont de l’Eure. Quand la question des deux drapeaux fut posée au gouvernement provisoire, la majorité, dont était Dupont, fût pour le drapeau tricolore ; la minorité, dont était Lamartine, voulait adopter le drapeau rouge. La majorité persiste et décida que Lamartine, l'éloquence du gouvernement, ferait le discours. Delà le reste.
Il n’y a rien de tel que d'être ruiné. On vous prend tout ce qui vous restait. Adieu. A demain matin.

Lundi 17 8 heures et demie. Je me lève tard. J’ai été me promener hier soir à Kensington garden. J'en ai mieux dormi. Car en général, je ne dors plus très bien. Je rêve toujours.
Je crois que Bulwer peut aller à Claremont. Le Roi reçoit bien ceux qui vont le voir.
Certainement, si j'étais Georgine, ou le père de Georgine, elle ne l’épouserait pas.
Non certainement je n'oublie pas mes papiers. Je vous ai dit qu’en écrivant pour cela, j’avais dit qu'on prît garde à l'état de siège, et qu’on ne les remuât qu'à coup sûr.
Adieu. Adieu. A demain. Que c’est long ? Adieu. G.

Auteurs : Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
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Richmond Lundi le 19 juin 1848 1949 3 heures.

Votre dernière parole Vendredi était que vous m’écririez Samedi pour me dire lequel des deux jours suivants vous viendriez me voir ici. Votre lettre de Samedi reçue hier matin, ne me dit rien sur cela, aujourd'hui rien n'est venu encore. Je vous espérais, mais les heures s'écoulent, il faut donc écrire ce que je trouve toujours triste, et surtout par un temps gris, froid & pluvieux. J’ai été hier déjeuner chez Lady Palmerston à l'aventure. Cela m'a réussi, je l'ai trouvée seule. De là j'ai été chez Lady Clanricarde, trouvée aussi. Il m'a semblé bien triste de quitter Londres sans vous voir, mais mes chevaux auraient refusé de faire cette promenade vers Pelham Crescent, et puis votre lettre m'annonçait que vous attendiez une visite de Harley Street.
Je suis donc rentrée ici où j'ai trouvé Duchâtel, & les Delessert. Duchâtel m'a fort inquiétée en me disant qu'on a fait une visite domiciliaire chez Génie, et qu'on y a pris de vos papiers. Vous le saurez, vous ne m'en avez pas parlé. J’ai l'esprit fort troublé de cela, et de beaucoup de choses.
Lady Palmerston est très médiocrement contente du triomphe de Bulwer. Au fond tout le monde pense sur lui de même, il a trop tripoté. Lord Normanby mande que le prétendant qui a le plus de chances aujourd'hui est le duc de Bordeaux. Le parti est nombreux et s'accroît. Ici on verrait cela avec assez de plaisir. On ne me paraît pas inquiet de West India question.
Quelqu’un m'a dit que la reine a reçu le comte de Montemolin. Cela serait gros. Je trouve un peu mal que vous restiez tant de jours sans venir. Adieu, un peu tristement et même grognonnement, je ne sais si cela se dit.

Auteurs : Guizot, François (1787-1874)
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Ketteringham Park. Jeudi 3 août 1848
Onze heures

Voilà votre lettre d’hier. Il y a du vrai dans votre premier reproche. Je crains trop les contradictions, les objections, les chagrins, du premier moment, ce qui m'empêche souvent de faire ou de dire ce qu’il faudrait pour éviter ceux du dernier moment. J’y veillerai pour m’en corriger quoique je sois vieux. C’est une faiblesse pleine d'inconvénients. Et quand les inconvénients arrivent, personne ne les sent plus vivement que moi. Juste mais triste punition de la faiblesse. Je n'accepte pas votre second reproche. Je traitais jusqu'ici l'affaire des papiers avec Génie par M. Palmerston. C'est pourquoi je ne lui avais pas écrit directement et spécialement quels étaient ceux que je tenais surtout à avoir ici. M. Palmerston n'ayant pas fait l'affaire, j’ai écrit à G. en lui donnant, à lui-même la résignation que j’avais donnée à M. P. G. avait fait remettre quelques papiers à P.. Mais ce ne sont pas ceux auxquels je tiens. Si vous étiez là, je vous expliquerais en détails. Mais soyez sûre que j’ai mis à cette affaire là tout le soin possible ! Soin difficile de si loin, et avec toutes les réserves qu’il faut garder.
On est bien craintif à Paris. On ne parle qu’à demi-mot. On ne remue qu'en hésitant. Pour tout ce qui se rapporte à certains moments et à certaines personnes. Mais j'en viendrai à bout. Et malgré, ma vive contrariété du retard, je ne puis avoir d'inquiétude réelle, et définitive. Ecrivez-moi, encore ici jusqu’à samedi après demain. Je n'’en partirai probablement que lundi matin. Moyennant que j'abnéguerai le séjour en Ecosse. J’irai seul chez Lord Aberdeen, pendant que mes enfants seront à St Andreas, Melle Chabaud y restera avec eux jusqu’au moment du départ. Viendrez-vous maintenant chez Lord Aberdeen ? Ce serait bien joli, j’emploierai ainsi le temps des bains St. Andrews. Il serait bien long et pas bien amusant de vous dire pourquoi ce nouvel arrangement se rattache à deux jours si plus passés ici. Mais c’est le fait, et le bon fait si vous venez à Haddo.
Voilà le Roi de Sardaigne bien évidemment en retraite. Retraite heureuse pour lui, si elle le force à traiter avec les Autrichiens c’est-à-dire si elle force les Italiens à le laisser traiter avec les Autrichiens au prix de Venise. Je vois ce matin dans le Globe qu’il a demandé à Paris l’armée française et qu’on lui a répondu par le médiation française. Ce serait un peu votre politique. Cependant M. Bastide vient de promettre encore l’intervention, si l'Italie insiste. Et j'ai peur qu'elle insiste. Charles Albert ne me paraît guère, en état de dire non à Mozzini. Les honnêtes gens en France regarderont comme une victoire l’ordre du jour de l'Assemblée nationale sur le discours de M. Proudhon. Et en effet, s'en est une, à quelles victoires sont tombés les honnêtes gens ! Cavaignac et Bastide ont eu toute raison de se refuser à Mauguin. Adieu. Adieu. Je vous quitte pour aller à Norwich voir une belle cathédrale. Je fais comme si j'étais curieux et on m’en sait gré. Le temps est passable. J’ai marché hier deux heures dans la campagne. Connaissez-vous Lord et Lady Woodhurst ? Non pas les personnes mais le nom. Les personnes sont deux jeunes gens de bon air et d'assez d’esprit qui sont venus dîner hier. Adieu. Adieu. Adieu. G.
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