Guizot-Lieven

Correspondance croisée entre François Guizot et Dorothée de Benckendorff, princesse de Lieven : 1836-1857


1840 (février à octobre) : L’Ambassade à Londres

Collection parente : Les lettres de François Guizot et de Dorothée de Benckendorf, princesse de Lieven : 1836-1856
Auteurs : Guizot, François (1787-1874)

Présentation de la collection
Le corpus de la correspondance échangée entre François Guizot et Dorothée de Lieven du 25 février 1840 au 25 octobre 1840  représente un ensemble de 293 lettres, 1666 folios. Les lettres ont été transcrites par Hennequin, le secrétaire de Guizot. Elles sont rassemblées dans trois volumes de copies manuscrites reliées.

Sur la mission diplomatique de Guizot à Londres voir Guizot sous la Monarchie de Juillet-Les Affaires étrangères et Les Guizot et l’Angleterre par Laurent Theis.

Si Guizot envisageait la politique intérieure comme une guerre, sa diplomatie est pacifiste. Un rapport réflexif entre l'historien et le politique permet à Guizot d'établir les fondements de son action publique à l'intérieur, en revanche, Gabriel de Broglie indique que l'action de Guizot à partir de 1840 semble moins lisible à partir de son oeuvre d'historien mais surtout il repère une dissociation entre la politique étrangère et la politique intérieure.

Après 1840, comme chef du gouvernement, l’identification est moins évidente. Ou plutôt, elle laisse apparaître, du point de vue qui nous occupe qui est celui du rapport du gouvernant à l’histoire, une dissociation surprenante entre la politique étrangère et la politique intérieure.
En politique étrangère, Guizot définit la diplomatie de la France nouvelle conforme à sa vocation séculaire et à son intérêt actuel : affirmation dynastique manifestée par son souci constant du protocole, si important en cette matière, et par l’ambition familiale conduite jusqu’au bord d’une crise européenne lors des mariages espagnols.
L’autre trait de cette diplomatie, c’est un renversement spectaculaire des alliances au profit de la seule monarchie parlementaire, l’Angleterre, avec la liquidation des contentieux et la proclamation de l’Entente cordiale entre les deux souverains. La diplomatie de Guizot, c’est enfin le refus de l’aventurisme, du bellicisme hérités de l’Empire et repris par Thiers, au profit d’une politique d’équilibre, de paix et de prospérité. Les leçons de l’histoire, proche et lointaine, sont partout présentes dans ces choix.
G. de Broglie, " Guizot ". Séance du lundi 17 janvier 2004 de l’Académie des sciences morales et politiques,http://www.academie-francaise.fr/guizot-communication-lacademie-des-sciences-morales-et-politiques consulté le 01 mars 2021.

Guizot consacre tout le cinquième volume de ses Mémoires à son ambassade à Londres. Dès la première page, il souligne son manque d'expérience dans le domaine de la diplomatie. Il souligne aussi sa connaissance de l'Angleterre par le biais de son étude historique sur la Révolution d'Angleterre. 

J'avais beaucoup étudié l'histoire d'Angleterre et la société anglaise. J'avais souvent discuté, dans nos Chambres, les questions de la politique extérieure. Mais je n'étais jamais allé en Angleterre et je n'avais jamais fait de diplomatie. On ne sait combien en ignore et tout ce qu'on a à apprendre tant qu'on n'a pas vu de ses propres yeux le pays et fait soi-même le métier dont on parle. 

Mémoires [...], Tome cinquième, p. 1.

Lors de son séjour à Londres l'été 1837, au début de leur relation, Dorothée souligne l'inexpérience de Guizot et sa méconnaissance des protocoles. Cela ne l'empêche pas d'envisager avec intérêt les questionnements que Guizot pourrait lever. 

Il me semble Monsieur que vous penseriez comme moi sur tout le monde. Mais cependant que d’observations curieuses je recueillerais de votre part car enfin, moi je suis accoutumée à toutes ces manières, vous n’en avez pas l’habitude, et je suis sûr qu’elles vous frapperaient par des côtés qui n’attirent plus mon attention.
Voir la lettre

Ce corpus de correspondance conduit à reconsidérer le rôle de Dorothée dans l'ambassade de Guizot à Londres et dans la politique étrangère qu'il pratique.
Au début de son ambassade à Londre, en mars 1840, Dorothée détermine un  mode de rédaction et les éléments constitutifs de leur correspondance :
Je vous prie de me dire toujours l’emploi de vos soirées. Je ne sais pas ce que vous avez fait de lundi. Faites comme moi, et comme vous m’aviez promis de faire ; en vous levant, le journal de la veille, les faits matériels, et le remplissage après.

Avec François à Londres, elle retrouve ses pratiques d'ambassadeur. 
Voir la collection 1837 (1 er Juillet- 6 Août) : Les premières semaines de la relation et de la correspondance entre les deux amants

Si Laurent Theis affirme que «  Sa liaison commencée en 1837 avec la princesse de Lieven, sujette du tsar, prêtait le flanc aux critiques, bien qu’elle n’ait exercé en réalité aucune influence sur sa politique. », (Theis, L. , "Guizot sous la Monarchie de Juillet"), la correspondance croisée entre Dorothée de Lieven et François Guizot invite tout de même à envisager sinon l’influence, les éléments d’orientation et de posture politique et diplomatique élaborés au cours de leurs échanges. Dorothée souligne comment de Paris, elle informe l'ambassadeur Guizot de ce qui se passe à Londres. 

Lorsque les relations entre Guizot et Aberdeen sont étudiées, le rôle de Dorothée de Lieven est directement souligné et envisagé pour comprendre comment les deux hommes se rencontrent et développent leur lien. Laurent Theis l'évoque en indiquant la relation intime entre lord Aberdeen et Dorothée. Voir Theis, L., "Lord Aberdeen". 

L'arrivée de Dorothée à Paris en 1835 offre un nouveau souffle à sa correspondance avec Aberdeeen. En 1837, le séjour en Angleterre de Dorothée pour le couronnement de la reine Victoria, lui permet de renforcer ses relations avec Aberdeen. (Voir la collection 1837 : Guizot en retrait du gouvernement. Dorothée se sépare de son mari)
Ce rapprochement avec l'homme qui a des chances de sucéder au duc de Wellington et de devenir le prochain ministre des Affaires étrangères d'Angleterre est à noter. Il semble préparer l'orientation de Guizot vers la politique extérieure, guidé par Dorothée. (Voir Parry, E. Jones. "A review of the relations between Guizot et lord Aberdeen, 1840-1852" History, NEW SERIES, 23, no. 89 (1938): 25-36. Accessed April 29, 2021. http://www.jstor.org/stable/24401449 )

Lors du Gouvernement Adolphe Thiers (1er mars-29 octobre 1840), Guizot préfère participer à la politique française mais dans une perspective internationale et européenne. C’est en tant qu’ambassadeur de France à Londres qu’il suit, de loin, les évènements et les péripéties de ce qui est appelé dans la correspondance "le Ministère".

Voir la collection 1839 : De la Chambre à l'Ambassade

Les documents de la collection

295 notices dans cette collection

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Les 10 premiers documents de la collection :

315. Paris, Mardi 25 février 1840, Dorothée de Lieven à François Guizot
315. Paris, Mardi 25 février 1840, Dorothée de Lieven à François Guizot
 Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
316. Paris, Mercredi 26 février 1840, Dorothée de Lieven à François Guizot
316. Paris, Mercredi 26 février 1840, Dorothée de Lieven à François Guizot
317. Paris, Vendredi 28 février 1840, Dorothée de Lieven à François Guizot
317. Paris, Vendredi 28 février 1840, Dorothée de Lieven à François Guizot
 Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
316. Calais, Mercredi 26 février 1840, François Guizot à Dorothée de Lieven
316. Calais, Mercredi 26 février 1840, François Guizot à Dorothée de Lieven
 Guizot, François (1787-1874)
317. Londres, Vendredi 28 février 1840, François Guizot à Dorothée de Lieven
317. Londres, Vendredi 28 février 1840, François Guizot à Dorothée de Lieven
 Guizot, François (1787-1874)
318. Londres, Samedi 29 février 1840, François Guizot à Dorothée de Lieven
318. Londres, Samedi 29 février 1840, François Guizot à Dorothée de Lieven
 Guizot, François (1787-1874)
318. Paris, Dimanche 1er de mars 1840, Dorothée de Lieven à François Guizot
318. Paris, Dimanche 1er de mars 1840, Dorothée de Lieven à François Guizot
 Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
318. Londres, Mardi 3 mars 1840, François Guizot à Dorothée de Lieven
318. Londres, Mardi 3 mars 1840, François Guizot à Dorothée de Lieven
 Guizot, François (1787-1874)
319. Paris, Mardi 3 mars 1840, Dorothée de Lieven à François Guizot
319. Paris, Mardi 3 mars 1840, Dorothée de Lieven à François Guizot
 Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
320. Londres, Jeudi 5 mars 1840, François Guizot à Dorothée de Lieven
320. Londres, Jeudi 5 mars 1840, François Guizot à Dorothée de Lieven
 Guizot, François (1787-1874)


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Fiche descriptive de la collection

AuteurGuizot, François (1787-1874)
Date(s)
  • 1840-02
  • 1840-10
Mots-clés
  • Ambassade à Londres
  • Diplomatie
  • Gouvernement Adolphe Thiers
  • Histoire (Angleterre)
  • Interculturalisme
  • Protestantisme
  • Relation François-Dorothée
GenreCorrespondance
Langue
  • Anglais
  • Français

SourceCote AN : 163 MI 42 AP Papiers Guizot Bobines Opérateur 4, 5 et 6
Couverture
  • Londres (Angleterre)
  • Paris (France)
Mentions légalesMarie Dupond & Association François Guizot, projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0.

Citation de la page

Guizot, François (1787-1874), 1840 (février à octobre) : L’Ambassade à Londres, 1840-02.
Éditeur : Marie Dupond, Projet EMAN & Association François Guizot, Institut des textes et manuscrits modernes, CNRS-ENS.
Consulté le 16/10/2021 sur la plate-forme EMAN :
https://eman-archives.org/Guizot-Lieven/collections/show/2

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Collection créée par Marie Dupond Collection créée le 28/06/2018 Dernière modification le 03/09/2021