Guizot-Lieven

Correspondance croisée entre François Guizot et Dorothée de Benckendorff, princesse de Lieven : 1836-1857


1837 (1 er juillet- 6 août) : Les premières semaines de la relation et de la correspondance entre les deux amants

Collection parente : 1837 : Guizot en retrait du gouvernement. Dorothée se sépare de son mari
Auteurs : Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857) ; Guizot, François (1787-1874)

Présentation de la collection

Deux semaines après le « 15 juin », qui marque un moment fondateur de la relation entre les deux amants, Guizot est encore à Paris lorsque Dorothée part en Angleterre.  (Voir les lettres) Cette première séparation détermine le début de leur correspondance. Ils commencent à numéroter leur lettre en manifestant la conscience d’entamer un type spécifique de relation. Ils en savent les enjeux d'information, d'amusement mais aussi de réflexion. 

Leur correspondance commence par le récit de Dorothée de sa lecture de celle qu'échangeait Guizot avec ses deux anciennes épouses : Pauline de Meulan et Eliza Dillon. Cela constitue une expérience inaugurale dans le lien qui les unie.Elle n’est pas très à l’aise avec ce qu’elle nomme le « paquet », ou le « roman » et lire ces correspondances intimes la trouble. En route pour Londres, le 1er juillet à Abbeville, Dorothée écrit :

J’ai cherché l’histoire, le roman, c’est là ce qu’il me fallait d’abord. Il y a trop peu de cela, mais comme le peu qu’il y a m’a émue. J’ai couru ensuite après les dates. J’ai cherché à me rappeler ce que je faisais à pareil jour. Enfin, j’ai eu toute les émotions du monde. Elles n’ont pas toutes été douces. Ah mon Dieu, que j’ai peu d’esprit à côté de ces esprits là ! J’en ressens quelque embarras. Et puis je me dis qu’il y a autre chose qui compte, et je me rassure.

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Le lendemain encore, elle montre dans ses tâtonnements des traits déjà caractéristiques de leur relation épistolaire. Elle fait le journal de ses conversations de la journée avec un lord anglais qui vit à Paris et apparaît une première mention de Guizot aux affaires étrangères. L’ombre des correspondances de Guizot avec Pauline et Eliza ne cesse de troubler Dorothée dans la rédaction de ses premières lettres à François. De Boulogne, le 2 juillet, Dorothée écrit : 

Lord Pembroke s’est avisé de me parler aussi de french politics, il me dit : " Nous autres Torys nous n’avons qu’un vœu, c’est de voir M. Guizot aux affaires."
Mais monsieur ce n’est pas de politique que je veux vous parler, Je cherche... C’est de musique. […] Je n’ai pas lu aujourd’hui. J’avais trop lu hier, j’en ai mal aux yeux mais j’ai pensé à ce que j’avais lu j’ai trouvé des paroles qui m’ont été répétées. " Le paradis sur la terre." Il venait donc d’elle ? Et c’est avec elle qu’il était trouvé !

8 h. Je vous demande pardon Monsieur de vous parler à tort et à travers de tout ce qui me vient dans la tête. Quel début de correspondance et cependant, vous voyez bien que je ne vous dis rien, rien de ce que je voudrais dire. Je n’aime pas la contrainte. Je n’aime pas les souliers étroits ; un ruban qui me serre, & bien je n’aime pas plus les lettres que je vous écris, comment n’ai-je pas pensé à cela en m’engageant dans cette correspondance ? Dites Monsieur ne vaudrait-il pas mieux la laisser-là ? Hier & aujourd’hui ont été bien mal. C’est à dire bien maladroite. Cela va vous fâcher, & je me sens toute humiliée d’avance de cette fâcherie.

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Dorothée va alors chercher à déterminer les caractèristiques d’une correspondance qui puisse intéresser Guizot et qui réponde à ses attentes. Une fois installée à Londres. Le 5 juillet elle écrit :

Ma journée a passé hier comme un instant, je vois bien que c’est le matin, qu’il faut que je vous écrive, car dès 1 heure je suis envahie, & minuit arrive sans que j’aie eu un instant de solitude. Vous allez être ennuyé des détails, mais vous me les avez demandés. 
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Elle n’est pas intellectuelle ni femme de lettres. Elle est femme du monde, dans tous les sens du terme. Elle est membre de l'aristocratie russe et dès 1810, membre de la diplomatie européenne, elle suit son mari à Berlin, ministre de l'Empereur. Guizot fait le portrait de la jeune Dorothée de Lieven en indiquant d'emblée son talent pour la conversation : 

De 1800 à 1810, la jeune comtesse Dorothée de Lieven vécut à Saint-Pétersbourg, jouissant avec réserve des plaisirs de sa situation et de son âge, recherchée des hommes d'esprit de cette cour et les recherchant elle-même sans prétention ; elle semblait se plaire surtout dans la conversation de ceux que leur âge aurait pu lui rendre étrangers, mais qui l'intéressaient par les récits et les observations de leur expérience, et qui, à leur tour, se plaisaient dans la conversation de cette jeune femme élégante et sérieuse, en qui se laissaient déjà pressentir, au milieu des goûts et de la viejlu monde, le goût et l'intelligence des grandes affaires. Elle ne tarda pas à être mise dans la situation où devaient se développer avec éclat ses dispositions et ses facultés naturelles.
Mélanges biographiques et littéraires, pp. 192-193

Elle est encore femme de diplomate à Berlin. Mais, durant ce premier séjour diplomatique elle est initiée à la problématique de la relation triangulaire entre la France, la Russie et l'Angleterre. 

Mme de Lieven ne prit aucune part aux affaires dont il était chargé ; elle ne cherchait point rimportance et ne se doutait nullement de celle que la vie diplomatique devait lui valoir un jour. Mais, à Berlin, elle vit se préparer la lutte terrible qui devait bientôt précipiter la France et l'Allemagne sur la Russie, puis la Russie et l'Allemagne sur la France; et lorsqu'en. 1812, au plus fort de cette lutte, le comte de Lieven fut envoyé par l'empereur Alexandre en Angleterre, d'abord comme ministre et peu après comme ambassadeur, l'esprit de la comtesse de Lieven était sans doute déjà très attentif au grand drame qui se jouait autour d'elle.
Mélanges biographiques et littéraires, pp. 193-194.

Par contre, si elle était observatrice à Berlin, à Londres, Dorothée devient ambassadeur. En 1839, elle se définit comme un " vieil ambassadeur "

Tout ce qu'il y a de diplomates ici vient toujours me faire visite. Je suis un vieux diplomate aussi. En vérité je me trouve bien de l’exprimer pour toutes les choses qui ne me regardent pas, car pour celles qui me touchent je suis bien primitive n'est-ce pas ?
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C'est à Londres que Dorothée a pris son indépendance et son autonomie dans le réseau diplomatique, politique et social londonien. Son indépendance est acquise aux travers des pratiques diplomatiques : se manifestent les enjeux des lieux de rencontre, et comment les salons et leur animation permettent aux femmes de se mêler de pouvoir et d’en avoir.
Il y avait là de quoi intéresser et préoccuper suffisamment une ambassadrice de vingt-sept ans qui avait à s'y faire sa place et qui était elle-même l'objet d'une curiosité pareille à celle qu'elle ressentait. Par un intelligent instinct, - et sans se dire qu'un jour peut-être elle ferait là des choses plus importantes, Mme de Lieven s'appliqua d'abord à assurer dans la société anglaise son succès personnel, et elle y réussit pleinement; indépendamment de ses agréments dans le monde, elle eut de bonne heure, à la cour de Saint-James, diverses occasions de faire preuve de tact, de fin sentiment des convenances, de prompte et heureuse répartie.
Sa réputation fut bientôt établie et acceptée avec cet enthousiasme un peu empressé auquel se livre volontiers une société qui a besoin qu'on l'amuse et qui sait gré qu'on lui plaise. Il fut généralement reconnu en Angleterre que la comtesse de Lieven avait infiniment d'esprit, de jugement, de bon goût, de dignité aimable; hommes ou femmes, torys ou whigs, importants ou élégants, tous la recherchèrent pour l'ornement ou l'agrément de leurs salons ; tous mirent du prix à être bien accueillis d'elle et chez elle.
Mélanges biographiques et littéraires, pp.194-195.

Guizot contnue en ajoutant la confiance que Dorothée savait inspirer :

On ne tarda pas à s'apercevoir aussi que c'était une personne discrète et d'un commerce sûr, avec qui on pouvait causer sans gêne, car elle comprenait tout et ne compromettait jamais ceux qui lui avaient parlé. C'est le caractère des Anglais d'être très-difficilement confiants et ouverts-, et de l'être beaucoup quand une fois ils le sont ; ils aiment le silence, méprisent le mensonge, et se plaisent d'autant plus dans l'intimité qu'ils se la permettent plus rarement. La comtesse de Lieven, sans rien chercher, sans rien presser, se trouva bientôt en intimité avec beaucoup de personnes considérables et diverses qui lui parlèrent librement de toutes chose.
Mélanges biographiques et littéraires, pp.194-195.

Dorothée passe de la conversation à la correspondance. Et elle associe ces deux arts sociaux et politiques. Elle apprend tant à recueillir, qu'à choisir des éléments et à les exposer. Elle intégre la pratique diplomatique de la correspondance jusqu'à servir de nègre à son mari dans son service diplomatique. C'est Guizot qui détaille comment Dorothée pratique l'exercice diplomatique et comment il se coordonne à celui de la conversation. 

Elle s'entretenait avec son mari de ce qu'on lui avait dit, de ce qu'elle avait compris ou entrevu sans qu'on le lui dît; elle le mettait au courant des nouvelles et des bruits de société, des dispositions que laissaient percer les hommes importants, de ces petits faits en apparence insignifiants, de ces propos fugitifs qui sont souvent les indices des intentions réelles et les avant-coureurs des grandes résolutions. Le comte de Lieven faisait grand usage, pour sa correspondance avec sa cour, des observations et des récits de sa femme ; il lui demanda un jour de les écrire elle-même au lieu de lui en donner, à lui, la peine; elle s'y prêta d'abord par complaisance, ensuite avec un intérêt plus sérieux et plus personnel; à mesure qu'elle parlait des affaires, sinon sous son propre nom, du moins dans son propre langage, son esprits'élevait, s'étendait, s'affermissait;- les dépêches de l'ambassade devenaient de jour en jour plus développées et plus précises, plus nourries de faits bien décrits et de réflexions lumineuses. Exempte de toute petite et indiscrète vanité, Mrae de Lieven, en se livrant à cette tâche délicate, s'abstenait avec soin de tout ce qui aurait pu altérer la position ou blesser l'amour-propre de son mari; et le comte de Lieven, qui ne manquait ni de tact ni de dignité, savait mainienir, en présence des services que lui rendait et de l'importance qu'acquérait sa femme, les convenances de sa propre situation. Mais la vérité ne pouvait rester longtemps ignorée ; on sut bientôt à Saint-Pétersbourg quelle part avait l'ambassadrice dans la correspondance de l'ambassadeur, et quelles étaient, dans la société anglaise, sa réputation et sa faveur. Le comte de Nesselrode, ministre des affaires étrangères de Russie, entra avec elle dans une correspondance particulière qui devint une habitude assidue, et dans laquelle les affaires du temps et de la politique russe étaient traitées comme dans une conversation intime.
Mélanges biographiques et littéraires, pp. 195-197.

Dès le mois d'août 1837, Dorothée et François ont des échanges dans lesquels apparaissent les modalités d'action de la princesse dans les relations diplomatiques et politiques. Dorothée est très bien informée sur les élections en Angleterre. Elle a eu des conversations avec des membres de l'opposition à ce sujet. Et elle écrit à Guizot le 10 août :

Les élections d’Angleterre ont été à merveilles jusqu’ici. Mieux, beaucoup mieux que ne l’avaient espéré les Tories. J’espère qu’ils n’y puiseront pas trop d’assurance, j’espère que Peel et Wellington resteront dans les dispositions dans les quelles je les ai laissés. C’est à dire qu’ils offriront à lord Melbourne un appuis cordial, désintéressé pour le moment en se réservant de s’associer plus tard à son gouvernement, & que lord Melbourne acceptera ce marché à la condition de concerter avec eux les mesures principales. Il y était disposé quand je l’ai quitté. Il a quelques collègue fougueux qui ne voudront pas de cet arrangement mais il m’a presque donné le droit de croire qu’il se rappellera les conseils que j’ai osé lui donner, et qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux que je trouve aujourd’hui dans votre lettre.
[...] Je raisonne très bien Monsieur quand il ne s’agit ni de vous ni de moi.
Voir la lettre


Dorothée est à Londres lors des premiers mois du règne de la reine Victoria. Et elle est une observatrice attentive et informée. Elle est femme de conversation et elle va jusqu’à retranscrire les dialogues de ces échanges dans les salons, à la cour d’Angleterre pour ne rien perdre du piquant. Si Dorothée s'inquiétait de répondre aux attentes de Guizot correspondant, dans sa notice biographique, Guizot souligne la singularité de son style épistolaire, semblale à une conversation. Son discours épistolaire est percé de traits d'oralité au travers de l'usage du style direct. Des détails de la conversation sont ainsi conservés et transmis. 

[...] sa correspondance était pour moi une source intarissable d'intérêt , d'information et d'amusement. Personne n'écrivait avec un naturel plus animé, plus varié,et en même temps plus exempt de toute prétention littéraire; elle ne se souciait que de reproduire avec vérité les faits, les personnes, les paroles, et sa propre part, ses propres impressions au milieu de ce qu'elle me racontait. Comme exemple de ce tour d'esprit et de ce langage original et simple, sérieux et piquant, abondant sans luxe et charmant sans parure, j'insérerai ici une seule de ses lettres, remarquable précisément par le mérite et l'agrément du récit d'une anecdote en soi insignifiante.

Mélanges biographiques et littéraires, pp. 213-214.

C'est précisément l'art du détail, qui caractèrise, selon Guizot, l'art épistolaire comme politique de Dorothée. Et Guizot intègre cet art du détail en sachant en saisir la portée dans les "Affaires". Lors de son ambassade à Londres, Guizot lui rappelle à plusieurs reprises ce qu'il apprend d'elle. Le 14 avril 1840 :

J’espérais un peu une lettre ce matin. Elle n’est pas venue. Il ne faut pas espérer un peu un grand plaisir. Il faut y compter ou non. Vous me dites que je suis bien prudent, que je ne vous dis point de nouvelles. Si je suis prudent, je vous le dois à vous, plus qu’à personne. Personne ne m’a si bien fait comprendre l’importance des moindres paroles des plus petites démarches dans les grandes affaires. C’est précisément une partie de leur attrait que rien n’y soit indifférent. Elles ont cela de singulier et d’agréable qu’à la fois elles admettent beaucoup de laisser-aller et veulent beaucoup de discrétion. 

 Voir la lettre

Au début de leur relation, François opposait les hommes et les femmes. Et il lui semblait que seules les femmes pouvaient parler à tous au sein d'un réseau social et politique. L'art de la conversation serait un art féminin. En juillet 1837, alors que Dorothée renoue avec la société politique, diplomatique londonnienne : 

Ne permettez pas à tout ce monde de vous accabler de fatigue ; ils n’ont pas de quoi vous en dédommager. Ils vous aiment pourtant et ils ont raison ; et vous avez bien raison aussi d’accueillir toutes les amitiés, quels que soient leur nom et leur drapeau.
Entre nous, j’ai plus d’une fois regretter de ne pouvoir être avec mes adversaires politiques, aussi cordial aussi, bienveillant que je m’y serais senti enclin. J’en sais plus d’un en qui, politique à part, j’aurais trouvé peut-être un ami du moins une relation facile et douce. Mais le soin de la dignité personnelle, les devoirs envers la cause, les exigences et les méfiances de parti, tout cela jette entre les hommes, une froideur, une hostilité souvent sans motifs individuel et intimes. Il faut s’y résigner ; c’est la loi de cette guerre, car il y a là une guerre.
Mais vous, Madame, profitez, profitez toujours et sans hésiter de votre privilège de femme; soyez juste envers tous, bonne pour tous, amicale pour tous ceux qui le mériteront de vous. C’est quelque chose de si beau et de si rare que l’équité et l’amitié ! Je suis charmé que vous en jouissiez, et plus charmé encore que vous soyez si capable d’en jouir, que vous ayez l’esprit si libre et le cœur si affectueux. Je n’y mets qu’une condition Vous la devinez et elle est bien remplie, n’est-ce pas ?
Voir la lettre 

L'importance de la conversation dans le fonctionnement du réseau politique et diplomatique est manifeste au travers des 193 occurences de la correspondance croisée de 1837 à 1844. Voir les 193 occurences.La lecture des lettres de Guizot trois ans plus tard, lorsqu'il est à Londres, à son tour, fait apparaître ce que Dorothée a pu lui transmettre dans l'art de la conversation. Le 3 avril 1840, François Guizot en faisant le récit de sa rencontre avec lord Palmerston, ministre anglais des Affaires étrangères, décrit la pratique de la conversation comme une pratique dipliomatique et souligne encore toute l'expérience et l'expertise de Dorothée :
J’ai passé avant-hier une heure avec lord Palmerston au Foreign office pour la première fois. Je n’ai pas encore attendu. Je suis charmé de lui plaire extrêmement. J’ai été très content de ma dernière conversation. Je mets fort en pratique le système de la franchise, de la franchise la plus exacte ; ne dire ni plus ni moins, et dire au commencement ce qu’on dira a la fin. Que je voudrais causer de tout cela avec vous. Pour mon plaisir d’abord, et aussi pour mon profit. Vous ne savez pas quelle confiance j’ai dans votre jugement. Elle était grande en quittant Paris. Elle est plus grande depuis que j’ai vu Londres. Vous aviez raison en tout. Je rencontre à chaque pas les vérités que vous m’avez apprises.
Voir la lettre 

Si Guizot n'est encore jamais allé en Angleterre, il a une connaissance de son histoire et de sa culture. La politique anglaise intéresse tant le politique que l'historien. Pour les besoins des deux volumes de son Histoire de la Révolution d'Angleterre depuis l’avènement de Charles 1er, jusqu’à la restauration de Charles II. , publiée pour la première fois en 1826 et 1827, il a envisagé un grand nombre de sources qu'il publie aussi de 1823 à 1835 : Collection des Mémoires relatifs à la Révolution d’Angleterre, accompagnés de notices et d’éclaircissements historiques, Paris, Béchet,  25 volumes. En 2004, lors d'une séance publique de Gabriel de Broglie il souligne le caractère très politique de cette histoire. Guizot entame son étude historique en 1822, alors que la chute de la Restauration le conduit dans l'opposition, et hors de son cours d'histoire de la Sorbonne :

[...][l'Histoire de la Révolution d'Angleterre] est aussi très politique à l’époque puisqu’elle est destinée à prôner la substitution dynastique qui délivrera pacifiquement la France de la monarchie absolutiste de la branche aînée. Il s’agit d’une histoire narrative qui s’appuie, elle aussi, sur l’étonnante collection des
Mémoires relatifs à la révolution d’Angleterre, 25 volumes, dont personne ne sait comment Guizot, qui n’est jamais allé en Angleterre, a pu les réunir et les traduire avec une sûreté qui fait aujourd’hui encore l’admiration des historiens anglais.


G. de Broglie, " Guizot ". Séance du lundi 17 janvier 2004 de l’Académie des sciences morales et politiques,http://www.academie-francaise.fr/guizot-communication-lacademie-des-sciences-morales-et-politiques consulté le 01 mars 2021.

François lui écrit du Val-Richer le 16 juillet :

Il faut pourtant que je vous parle un peu d’autre chose. L’Angleterre me préoccupe beaucoup. Je prends à ce qui la touche, un vif intérêt, bien plus vif depuis un mois. C’est un noble peuple moral de cœur et grand dans l’action. Il a su jusqu’ici respecter sans se courber, et s’élever sans rien abaisser. Qu’il ne change pas de caractère. 
Voir la lettre


Dorothée comprend qu'elle est en disposition d'éléments de séduction et de stimulation intellectuelle et politique ; parce qu'il est aussi question de séduction épistolaire lors de ces premiers mois de la relation entre François et Dorothée. Elle décrit dans ce premier corpus les traces de sa gloire et de son rayonnement à Londres en regrettant que Guizot ne soit pas avec elle. Le 8 juillet 1837, elle lui écrit de Londres :

Un véritable raout le matin, un grand dîner, & un raout encore le soir. Monsieur je voudrais que vous me vissiez ici j’y suis dans ma gloire. Elle ne me touche aujourd’hui que si elle pouvait être vue par vous. 
Voir la lettre

Sa correspondance devient alors un journal qui tend à l’exhaustivité mêlée de moments de discours du for intérieur et à la description des émotions liées à leur relation qui débute.

Leur intérêt commun pour l'Angleterre est ravivé ou plutôt prend chair lorsque Guizot devient ambassadeur de France à Londres. (Voir la collection : 1840 (février à octobre) : L’Ambassade à Londres)

Les documents de la collection

32 notices dans cette collection

En passant la souris sur une vignette, le titre de la notice apparaît.

Les 10 premiers documents de la collection :

1. Abbeville, Samedi 1er juillet 1837, Dorothée de Lieven à François Guizot
1. Abbeville, Samedi 1er juillet 1837, Dorothée de Lieven à François Guizot
 Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
2. Boulogne, Dimanche 2 juillet 1837, Dorothée de Lieven à François Guizot
2. Boulogne, Dimanche 2 juillet 1837, Dorothée de Lieven à François Guizot
 Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
2. Paris, Dimanche 2 juillet 1837, François Guizot à Dorothée de Lieven
2. Paris, Dimanche 2 juillet 1837, François Guizot à Dorothée de Lieven
 Guizot, François (1787-1874)
3. Boulogne, Lundi 3 juillet 1837, Dorothée de Lieven à François Guizot
3. Boulogne, Lundi 3 juillet 1837, Dorothée de Lieven à François Guizot
 Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
3. [Paris], Mardi 4 juillet 1837, François Guizot à Dorothée de Lieven
3. [Paris], Mardi 4 juillet 1837, François Guizot à Dorothée de Lieven
 Guizot, François (1787-1874)
4. [Paris], Vendredi 7 juillet 1837, François Guizot à Dorothée de Lieven
4. [Paris], Vendredi 7 juillet 1837, François Guizot à Dorothée de Lieven
 Guizot, François (1787-1874)
5. Stafford House, Samedi 8 juillet 1837, Dorothée de Lieven à François Guizot
5. Stafford House, Samedi 8 juillet 1837, Dorothée de Lieven à François Guizot
 Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
5. Paris, Dimanche 9 juillet 1837, François Guizot à Dorothée de Lieven
5. Paris, Dimanche 9 juillet 1837, François Guizot à Dorothée de Lieven
 Guizot, François (1787-1874)
6. Stafford House, Mardi 11 juillet 1837, Dorothée de Lieven à François Guizot
6. Stafford House, Mardi 11 juillet 1837, Dorothée de Lieven à François Guizot
 Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)


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Fiche descriptive de la collection

Auteur
  • Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857)
  • Guizot, François (1787-1874)
Mots-clés
  • Deuil
  • Discours autobiographique
  • Discours du for intérieur
  • Enfants (Benckendorff)
  • Enfants (Guizot)
  • Femme (mariage)
  • Femme (statut social)
  • Finances (Dorothée)
  • Interculturalisme
  • Politique (Angleterre)
  • Relation François-Dorothée
GenreCorrespondance
LangueFrançais

Mentions légalesMarie Dupond & Association François Guizot, projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle). Licence Creative Commons Attribution – Partage à l'Identique 3.0.

Citation de la page

Benckendorf, Dorothée de (1785?-1857) ; Guizot, François (1787-1874), 1837 (1 er juillet- 6 août) : Les premières semaines de la relation et de la correspondance entre les deux amants, .
Éditeur : Marie Dupond & Association François Guizot, projet EMAN (Thalim, CNRS-ENS-Sorbonne nouvelle).
Consulté le 21/10/2021 sur la plate-forme EMAN :
https://eman-archives.org/Guizot-Lieven/collections/show/16

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Collection créée par Marie Dupond Collection créée le 28/09/2019 Dernière modification le 10/06/2021