Guizot épistolier

François Guizot épistolier :
Les correspondances académiques, politiques et diplomatiques d’un acteur du XIXe siècle


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Auteurs : Flourens, Marie-Jean-Pierre (1794-1867)

Auteurs : Flourens, Marie-Jean-Pierre (1794-1867)

Auteurs : Elie de Beaumont, Jean-Baptiste-Armand-Louis-Léonce (1798-1874)

Auteurs : Prony, Gaspard de (1755-1839)

Auteurs : Biot, Jean-Baptiste (1774-1862)

Auteurs : Biot, Jean-Baptiste (1774-1862)

Auteurs : Biot, Jean-Baptiste (1774-1862)

Auteurs : Biot, Jean-Baptiste (1774-1862)

Auteurs : Vaillant, Jean-Baptiste Philibert (1790-1872)

Auteurs : Gasparin, Adrien-Etienne-Pierre de (1783-1862)

Auteurs : Guizot, François (1787-1874)
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Val Richer. Vendredi 20 sept 1850

Je suis charmé que les Danois soient victorieux. Les premiers bruits m’avaient inquiété. Si j'étais à portée, je voudrais savoir le fond des causes de l'obstination des Holsteinois. D'ici elle paraît si absurde qu'on ne la comprend pas. Car ils ne se font certainement pas tuer pour le seul plaisir d’Arnds et de Grimm et de tous ces unitaires Allemands qui ne leur envoient que de très minces secours. Cet acharnement d'un petit pays à ne pas vouloir de la paix, que veulent pour lui tous les grands états, a quelque chose qui n’est pas de notre temps. Je sais assez de l'affaire pour savoir qu'européennement les Danois ont raison. Je voudrais être aussi sûr que localement et selon les traditions et les lois des duchés, ils ont aussi tout-à-fait raison. Quand on n’est que spectateur, on a besoin d'avoir tout-à-fait raison, quand on est acteur, la lutte entraîne. Je trouve ces pauvres paysans Holsteinois plus entraînés qu’ils ne devraient l'être s'ils n’étaient poussés que par les intrigues des Augustenbourg ou par les chimères germaniques. Vous ne lèverez pas pour moi ce doute là, vous n’avez pas assez de goût pour la science.
Si j'étais à Paris, je vous montrerais huit ou dix pages que je viens d'écrire comme préface à la réimpression de Monk. Pas l'ombre de science, mais un peu de politique actuelle, et assez nette. Vous verrez cela avant la publication.
C'est grand dommage que vous ne soyez pas à Bade, entre toutes ces Princesses et Thiers. Cela vaudrait la peine d'être vu et décrit par vous. A coup sûr comme amusement, et peut-être aussi comme utilité. Il a précisément la quantité et la qualité d’esprit qu’il faut pour plaire en quatre ou cinq endroits à la fois. Je doute qu’il fasse rien de bien important ; il est trop indécis pour cela ; mais je ne crois pas non plus qu’il se tienne tranquille. Il est en même temps mobile et obstiné, et il change sans cesse de chemin, mais pas beaucoup de but. Je parierais qu'on ne vous a pas dit vrai au pavillon Breteuil quand on vous a dit qu’il était venu et qu’on l’avait vu. On tient beaucoup là à faire croire que les menées contraires pour les deux branches sont très actives. On vit de la dissidence.

Onze heures
Je vois que j’ai raison de ne pas croire au dire du pavillon Breteuil. J’aurais été fort aise de voir Tolstoy au Val Richer ; mais j’aime bien mieux qu’il soit retourné plutôt à Paris. Il est affectueux pour vous, et il vous est commode. Je vous quitte pour deux visiteurs qui viennent me demander à déjeuner ; M. Elie de Beaumont et M. Emmanuel Dupaty, la géologie et le Vaudeville, l'Académie des sciences et l'Académie française. Ce sont deux hommes d’esprit et deux très honnêtes gens, qui m’aiment et que j’aime. Adieu, adieu, adieu. G.

Auteurs : Jaubert, Hippolyte François, comte (1798-1874)

Auteurs : Humboldt, Alexander von (1769-1859)

Auteurs : Lenormant, Amélie (1803-1893)

Auteurs : Lenormant, Amélie (1803-1893)

Auteurs : Guizot, François (1787-1874)
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82 Val Richer. Vendredi 7 sept. 1855

Le Journal des Débats traite bien mal le Prince Gortschakoff et il me semble qu’il a raison. Autant qu’un ignorant peut en juger, je trouve que le général a été là pour beaucoup dans la perte de la bataille. Ni la guerre, ni la diplomatie ne réussissent aux Gortschakoff, pas plus qu'aux Mentchikoff. Le général Todleben est, de votre côté, le seul homme qui ait grandi.
Vous avez surement remarqué le discours de Lord Derby à un banquet chez le Duc de Richmond. Faites-moi le plaisir de me dire quelle différence, il y aurait si c'était Lord John Russell qui eût parlé. Je n'en puis découvrir aucune. Voilà où en sont remis les grands partis anglais.
Je vois dans les feuilles d'Havas que votre Empereur doit se rendre, dans le courant de ce mois, à Odessa, et de là à votre armée de Crimée. En entendez-vous parler ? Autre fait, plus petit, que je trouve dans mon Havas. Lundi dernier, le Prince de Canino a fait à l'Académie des sciences, une sortie si étrange qu’on lui a à peu près imposé silence, et que l'Académie a voté unanimément contre lui. La science ne réussit pas aussi bien aux Bonaparte que la politique.
Il règne autour de moi une assez vive inquiétude dans la population ; la récolte est décidément plus que médiocre ; le pain sera plus cher l'hiver prochain que l'hiver dernier. Si le travail des manufactures venait à se ralentir, l’inquiétude deviendrait de l’agitation. On a été assez préoccupé dès la tentative socialiste, c’est-à-dire pillarde d'Angers, quoiqu’on n'en ait su aucun détail.
Voilà toutes mes nouvelles, et toutes mes réflexions. J’attends les vôtres.

Onze heures
Mes maux d’entrailles sont passés. C’était un fruit de la vie errante. Adieu, Adieu. G.
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