Guizot épistolier

François Guizot épistolier :
Les correspondances académiques, politiques et diplomatiques d’un acteur du XIXe siècle

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Auteurs : Flourens, Marie-Jean-Pierre (1794-1867)

Auteurs : Flourens, Marie-Jean-Pierre (1794-1867)

Auteurs : Prony, Gaspard de (1755-1839)

Auteurs : Biot, Jean-Baptiste (1774-1862)

Auteurs : Biot, Jean-Baptiste (1774-1862)

Auteurs : Biot, Jean-Baptiste (1774-1862)

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Auteurs : Vaillant, Jean-Baptiste Philibert (1790-1872)

Auteurs : Gasparin, Adrien-Etienne-Pierre de (1783-1862)

Auteurs : Jaubert, Hippolyte François, comte (1798-1874)

Auteurs : Humboldt, Alexander von (1769-1859)

Auteurs : Lenormant, Amélie (1803-1893)

Auteurs : Lenormant, Amélie (1803-1893)

Auteurs : Guizot, François (1787-1874)
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82 Val Richer. Vendredi 7 sept. 1855

Le Journal des Débats traite bien mal le Prince Gortschakoff et il me semble qu’il a raison. Autant qu’un ignorant peut en juger, je trouve que le général a été là pour beaucoup dans la perte de la bataille. Ni la guerre, ni la diplomatie ne réussissent aux Gortschakoff, pas plus qu'aux Mentchikoff. Le général Todleben est, de votre côté, le seul homme qui ait grandi.
Vous avez surement remarqué le discours de Lord Derby à un banquet chez le Duc de Richmond. Faites-moi le plaisir de me dire quelle différence, il y aurait si c'était Lord John Russell qui eût parlé. Je n'en puis découvrir aucune. Voilà où en sont remis les grands partis anglais.
Je vois dans les feuilles d'Havas que votre Empereur doit se rendre, dans le courant de ce mois, à Odessa, et de là à votre armée de Crimée. En entendez-vous parler ? Autre fait, plus petit, que je trouve dans mon Havas. Lundi dernier, le Prince de Canino a fait à l'Académie des sciences, une sortie si étrange qu’on lui a à peu près imposé silence, et que l'Académie a voté unanimément contre lui. La science ne réussit pas aussi bien aux Bonaparte que la politique.
Il règne autour de moi une assez vive inquiétude dans la population ; la récolte est décidément plus que médiocre ; le pain sera plus cher l'hiver prochain que l'hiver dernier. Si le travail des manufactures venait à se ralentir, l’inquiétude deviendrait de l’agitation. On a été assez préoccupé dès la tentative socialiste, c’est-à-dire pillarde d'Angers, quoiqu’on n'en ait su aucun détail.
Voilà toutes mes nouvelles, et toutes mes réflexions. J’attends les vôtres.

Onze heures
Mes maux d’entrailles sont passés. C’était un fruit de la vie errante. Adieu, Adieu. G.

Auteurs : Guizot, François (1787-1874)
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Val Richer. Vendredi 20 sept 1850

Je suis charmé que les Danois soient victorieux. Les premiers bruits m’avaient inquiété. Si j'étais à portée, je voudrais savoir le fond des causes de l'obstination des Holsteinois. D'ici elle paraît si absurde qu'on ne la comprend pas. Car ils ne se font certainement pas tuer pour le seul plaisir d’Arnds et de Grimm et de tous ces unitaires Allemands qui ne leur envoient que de très minces secours. Cet acharnement d'un petit pays à ne pas vouloir de la paix, que veulent pour lui tous les grands états, a quelque chose qui n’est pas de notre temps. Je sais assez de l'affaire pour savoir qu'européennement les Danois ont raison. Je voudrais être aussi sûr que localement et selon les traditions et les lois des duchés, ils ont aussi tout-à-fait raison. Quand on n’est que spectateur, on a besoin d'avoir tout-à-fait raison, quand on est acteur, la lutte entraîne. Je trouve ces pauvres paysans Holsteinois plus entraînés qu’ils ne devraient l'être s'ils n’étaient poussés que par les intrigues des Augustenbourg ou par les chimères germaniques. Vous ne lèverez pas pour moi ce doute là, vous n’avez pas assez de goût pour la science.
Si j'étais à Paris, je vous montrerais huit ou dix pages que je viens d'écrire comme préface à la réimpression de Monk. Pas l'ombre de science, mais un peu de politique actuelle, et assez nette. Vous verrez cela avant la publication.
C'est grand dommage que vous ne soyez pas à Bade, entre toutes ces Princesses et Thiers. Cela vaudrait la peine d'être vu et décrit par vous. A coup sûr comme amusement, et peut-être aussi comme utilité. Il a précisément la quantité et la qualité d’esprit qu’il faut pour plaire en quatre ou cinq endroits à la fois. Je doute qu’il fasse rien de bien important ; il est trop indécis pour cela ; mais je ne crois pas non plus qu’il se tienne tranquille. Il est en même temps mobile et obstiné, et il change sans cesse de chemin, mais pas beaucoup de but. Je parierais qu'on ne vous a pas dit vrai au pavillon Breteuil quand on vous a dit qu’il était venu et qu’on l’avait vu. On tient beaucoup là à faire croire que les menées contraires pour les deux branches sont très actives. On vit de la dissidence.

Onze heures
Je vois que j’ai raison de ne pas croire au dire du pavillon Breteuil. J’aurais été fort aise de voir Tolstoy au Val Richer ; mais j’aime bien mieux qu’il soit retourné plutôt à Paris. Il est affectueux pour vous, et il vous est commode. Je vous quitte pour deux visiteurs qui viennent me demander à déjeuner ; M. Elie de Beaumont et M. Emmanuel Dupaty, la géologie et le Vaudeville, l'Académie des sciences et l'Académie française. Ce sont deux hommes d’esprit et deux très honnêtes gens, qui m’aiment et que j’aime. Adieu, adieu, adieu. G.

Auteurs : Elie de Beaumont, Jean-Baptiste-Armand-Louis-Léonce (1798-1874)
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Belfort le 6 octobre 1838.

Monsieur,

J’ai reçu ces jours derniers la lettre que vous avez bien voulu me faire l'honneur de m'adresser le 3 septembre. Elle a dû faire plus d'un ricochet avant de m'atteindre ce qui l'a beaucoup retardée et ce qui peut seul expliquer comment j'en suis encore à vous remercier de l'attention que vous avez l'extrême bonté de vouloir bien accorder à mon petit travail sur l'Esterel et du jugement trop indulgent que votre bienveillance s'est plu à en porter.
J'ai aussi à vous remercier, Monsieur, pour l'honneur que vous voulez bien me faire en me posant diverses questions relatives aux points les plus importants de la géologie. Je l'apprécie trop pour vous renvoyer à des livres, et vos questions sont si précises et s'enchaînent si bien que je ne puis mieux faire que de les transcrire une à une et d'y répondre successivement ; je me bornerai à vous citer un petit nombre de sources spéciales pour certains points particuliers ; je dois cependant avant tout vous rappeler que vous trouverez une partie des lumières que vous cherchez dans le Discours de Mr. Cuvier sur les révolutions de la surface du globe,[1] ouvrage d'une haute portée et dans lequel les progrès journaliers de la science font découvrir des lacunes, plus souvent que des erreurs positives.

1°. Quelles sont les principales révolutions par lesquelles le sol de la France a passé avant d'arriver à son état actuel ?
Ces révolutions sont celles qui ont accompagné le soulèvement des principales chaines de montagnes qui traversent la France et les contrées immédiatement adjacentes, celles qui ont accompagné le soulèvement des Pyrénées et le dernier soulèvement survenu dans les Alpes ont été peut-être les plus considérables de toutes. La dernière a laissé presque exactement notre continent dans son état actuel. Elle a été accompagnée par le passage d'énormes courants d'eau qui ont creusé ou au moins façonné la plupart des vallées, non seulement dans les pays de montagnes, mais aussi dans les pays de plaines. Les vallées de la Seine, de la Loire, de la Garonne, la vallée d'Auge etc. sont des exemples frappants de l'action de ces courants qu'on nomme [ordinairement] courants diluviens.
Il y a eu, en tout, une douzaine de grandes révolutions générales qui ont laissé des traces sur la surface de la France ; j'en ai énuméré 9 ou 10 dans un petit article que vous avez bien voulu faire insérer dans la Revue française en 1830.[2]

2°. Peut-on rapporter ces révolutions à des époques déterminées et, dans cette hypothèse, à quelles époques ?
On ne peut assigner de date précise à aucune de ces révolutions, on ne peut, quant à présent, indiquer que leur ordre de succession ; cependant on peut déjà fixer quelques limites au moins au temps écoulé depuis qu'elles ont eu lieu. Ainsi par exemple, il parait certain que toutes sont antérieures à l'existence du genre humain, car on n'a jamais trouvé d'ossements humains, ni d'objets de produits des arts humains dans les débris transportés même par la dernière de ces révolutions, de sorte que le diluvium des géologues n'a de commun que le nom avec le déluge des anciens historiens. On a plus d'une fois, et dans des intentions diverses, prétendu avoir trouvé des ossements humains antédiluviens, mais ces prétendues découvertes se sont toutes trouvées apocryphes, l'homo diluvii testis de Scheuchzer s'est trouvé être une grande salamandre.[3]

La dernière des révolutions géologiques arrivées en Europe remonte par conséquent à 5 ou 6000 ans pour le moins ; mais je crois qu'à cette assertion on peut en ajouter deux autres ; 1°. le temps écoulé depuis la dernière révolution géologique arrivée en Europe ne surpasse pas beaucoup 5 à 6000 ans, car les changements opérés dans cet intervalle sont si peu de chose qu'on serait fort embarrassé pour concevoir que cet intervalle ait été très long. 2°. Il est au contraire certain que l'ensemble des périodes géologiques antérieures à la dernière révolution, a dû être d'un très grand nombre de milliers d'années, car la somme des effets produits par des causes lentes pendant les périodes géologiques, tels que les dépôts des sédiments, fins, est incomparablement plus grande que de la somme les effets analogues produits depuis 5 à 6000 ans. J'ai traité ce sujet avec quelque détail dans mes leçons au collège de France et il se trouve résumé fidèlement dans l'article chronologie géologique de l'encyclopédie nouvelle de M.M. Reynaud et Leroux.[4]

3°. Quelles sont les grandes traces, encore visibles, sur notre sol, des révolutions par lesquelles il a passé ?
Ce sont principalement les chaines de montagnes soulevées, telles que les alpes, les Pyrénées, le jura, la côte d'or etc ; les dépôts marins soulevés sur leurs flancs ou dessus de la limite des neiges perpétuelles ; les vallées creusées par les masses d'eau que les commotions du sol avaient mises en mouvement ; les déblais produits par ce creusement transportés à de grandes distances, et qqes fois en masses énormes. rien n'est plus curieux par exemple que de voir les environs de genève et les pentes du jura jonchés de gros blocs de granite arrachés aux flancs du mont-blanc.

4°. Quels sont, en France, les principaux dépôts de fossiles animaux et végétaux ?
Ces dépôts sont véritablement innombrables. Les 2/3 environ du sol de la France sont couverts ou même formés, sur une épaisseur inconnue mais certainement très grande (souvent plus de 6000 pieds) de couches de sédiment qui ont été produites dans la mer ou, plus rarement, dans l'eau douce et qui presque toutes renferment un grand nombre de débris d'animaux et en sont même quelquefois presque entièrement composées. Mais ces débris organiques ne sont quelquefois reconnaissables que pour des yeux exercés et souvent ils sont difficiles à détacher de la pierre. On peut citer comme particulièrement riches en débris d'animaux faciles à isoler et à étudier, 1°. Les dépôts meubles produits par les courants diluviens ; c'est là qu'on trouve les éléphants fossiles, 2°. la pierre à plâtre de Montmartre ; c'est là que Mr. Cuvier a trouvé les diverses espèces de Paléothériums et d'anoplotheriums qu'il a figurés. 3°. Les sables calcaires qui se trouvent dans le parc de la ferme modèle de Grignon ; Mr. Lamarck[5] y avait trouvé 600 espèces différentes de coquilles fossiles 4°. Les carrières de la côte Ste Catherine près de Rouen (coquilles fossiles de la craie inférieure) 5°. Les carrières des moutiers près de Caen, (coquilles du calcaire jurassique) etc etc...
Quant aux végétaux leurs principaux dépôts sont les couches de houille et de lignite et c'est surtout dans les couches argileuses qui avoisinent la houille qu'on trouve les plus belles impressions végétales ; les plus nombreuses ressemblent à des fougères.

5°. Quelles sont les principales espèces contenues dans ces dépôts ?
Ces espèces sont presque innombrables. Il est probable que si on les connaissait toutes elles seraient beaucoup plus nombreuses que ne le sont celles de la création actuelle. On connait je crois aujourd'hui 6 à 7000 espèces différentes de coquilles fossiles, les madrépores, les insectes, les reptiles, les mammifères fossiles se comptent aussi par milliers ou au moins par centaines. On connait plus de 600 espèces différentes de plantes fossiles. Ce qu'on a dit de plus curieux sur les corps organisés fossiles se trouve résumé 1°. Dans le discours de Mr. Cuvier sur les révolutions de la surface du globe. 2°. Dans un ouvrage récent de Mr. Buckland qui forme un des Bridgewater treatises ; (cet ouvrage est destiné à tous les hommes réfléchis, il en a été vendu un grand nombre d'éditions.)[6] 3°. Dans un discours sur les végétaux fossiles lu par Mr. Adolphe Brongniart dans la séance publique de l'Académie des sciences du mois de septembre 1837 et imprimé dans le compte rendu.[7]

6°. Les espèces qui existent actuellement sur notre sol sont-elles mêlées, dans tous ces dépôts, aux espèces qui n'existent plus ? ou bien y a-t-il des dépôts qui ne contiennent que des espèces qui n'existent plus ?
Plus des 2/3 des dépôts dont se compose l'échelle géologique contiennent, à peu près exclusivement, des fossiles dont les analogues n'existent plus ; c'est presque uniquement dans les dépôts les plus modernes, qu'on nomme tertiaires qu'on trouve des espèces qui ont des analogues vivants. Ce ne sont que des êtres d'une organisation assez imparfaite tels que des coquillages qui ont des analogues parmi les fossiles tertiaires. Il est douteux qu'aucun des mammifères ou des poissons de l'époque actuelle ait des analogues exacts parmi les fossiles.

7°. Les fossiles contenus dans ces dépôts appartiennent-ils tous à une même époque, à un même état de notre sol, ou bien à des temps et à des états successifs ?
Les fossiles n'ont pas tous coexisté. Les terrains qui les renferment ont été déposés couches par couches et il n'y a presque pas de couches ou de groupes de couches qui ne renferment quelques fossiles qui ne se trouvent ni au-dessus ni au-dessous. Généralement entre deux grandes révolutions le sol de l'Europe a été habité par un système organique particulier, distinct, au moins en partie, de celui qui l'avait précédé et de celui qui devait le suivre. On peut faire dans la série des époques géologiques au moins trois grandes coupures qui diffèrent encore plus l'une de l'autre sous le rapport des êtres organisés que la dernière de ces coupures ne diffère de l'époque actuelle. En général les animaux les plus parfaits ont paru les derniers, peut-être parce que l’atmosphère ne s'est épuisée que par degrés. Il n'y a eu de mammifères que dans la seconde moitié des époques géologiques. On ne peut pas dire que les végétaux aient précédé les animaux ou vice versa. Dans les périodes les plus anciennes il y a eu à la fois des végétaux et des animaux ; mais il est vrai de dire que les recherches actuelles des géologues sont bien loin de pouvoir remonter à l'origine des choses.

Je vous demande mille pardons, Monsieur, pour ce long griffonnage. Je vous laisse bien à faire pour y trouver des réponses catégoriques aux questions nettes et précises que vous m'avez posées. Notre science est encore si imparfaite qu'il n'est pas très facile de l'abréger. Je m'estimerais bien heureux qu'il put vous fournir au moins en partie des moyens de remplir votre objet et je ne le serais pas moins qu'il vous suggérât quelques nouvelles questions auxquelles, à mon prochain retour à Paris je pourrais peut-être répondre d'une manière moins imparfaite.

Permettez, je vous prie, Monsieur, qu'en vous renouvelant tous mes remerciements pour une marque si honorable de votre souvenir je vous offre l'expression du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être votre très humble et très obéissant serviteur et dévoué confrère

Élie de Beaumont

[1] Cuvier, 1826, Discours sur les révolutions de la surface du globe : et sur les changements qu'elles ont produits dans le règne animal., Dufour et d’Ocagne, Paris. D’abord publié en 1821, mais publié pour la première fois en 1826 sous ce titre.

[2] Recherches sur quelques-unes des révolutions de la surface du globe, présentant différens exemples de coïncidence entre le redressement des couches de certains systèmes de montagnes
et les changements soudains qui ont établi les lignes de démarcation qu’on observe entre certains étages consécutifs des terrains de sédiment ; par M. L. Elie de Beaumont. Mémoire inséré en plusieurs parties dans les Annales des sciences naturelles, de septembre 1829 à février 183o. Paris, chez Crochard, libraire, éditeur, cloître Saint-Benoît, n° 16
., Revue française N°XV, mai 1830, pp. 1-58., Paris, Alexandre Mesnier Libraire.

[3] Le squelette fossilisé d’une salamandre géante découverte dans le gisement d’Öhningen compte parmi les fossiles les plus célèbres de l’Histoire. Le Zurichois Johann Jakob Scheuchzer estimait qu’il s’agissait des vestiges d’un être humain mort par noyade lors du Déluge. Savant du XVIIIe siècle, pionnier de la paléontologie. https://blog.nationalmuseum.ch/fr/2024/07/le-temoin-du-deluge/

[4] Article « Chronologie géologique » Encyclopédie nouvelle. 3 / publ. sous la dir. de MM P. Leroux et J. Reynaud ; avec une introd. de Jean-Pierre Lacassagne, 1836-1842, Leroux, Pierre (1797-1871) et Reynaud, Jean (1806-1863). Éditeurs scientifiques, pp. 581-585. Sur la question de la datation en géologie voir 

[5] Jean-Baptiste Pierre Antoine de Monet, chevalier de Lamarck (1744-1829), Mémoires sur les Fossiles des environs de Paris, comprenant la détermination des espèces qui appartiennent aux animaux marins sans vertèbres dont la plupart sont figurés dans la collection des vélins du Muséum, et Suite des Mémoires..., Ann. Mus. Hist. nat., t. 1 à t. 8,1802-1806.

[6] Treatise VI, by William Buckland. Geology and Mineralogy Considered with Reference to Natural Theology. 2 vols., 1836

[7] Considérations sur la nature des végétaux qui ont couvert la surface de la terre aux diverses époques de sa formation, par M. Adolphe Brongniart, Lues dans la séance publique du lundi 11 septembre 1837.

Auteurs : Guizot, François (1787-1874)
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60 Val Richer, Jeudi 24 Juillet 1856

Je persiste à me divertir du contraste entre les susceptibilités de Peel et les soumissions de Palmerston, l’un si exigeant sous le drapeau de la modération, l'autre si complaisant sans celui de la bravade. Voilà le baron Parke Pair héréditaire, et la question assoupie au lieu d'être résolue. On avait eu tort de l'élever, et tort de l'élever sans aucun prétexte sur la tête de ce juge aussi riche que capable, et parfaitement propre à porter convenablement l'hérédité.
Les affaires d’Espagne tournent comme je m’y attendais. L'armée défend l’ordre, sauf à remettre elle-même le désordre dans quelque temps, comme elle l'a déjà fait plus d’une fois. Point de remède efficace et rien d'irrémédiable. Si on n’a pas besoin de Narvaez, il reviendra à Paris. La Reine Christine est toujours à Trouville. Elle y est arrivée très inquiète de son procès à Madrid. Elle doit être plus rassurée à présent, quoique le maréchal O'Donnell ne soit plus de ses amis. On jase à Paris en l'absence de l'Empereur. On dit que Mad. Madeleine Brohan n'a obtenu un passeport pour Moscou qu'à condition de passer par Plombières, et qu’elle y fait une longue station. M. Madeleine Brohan le trouve mauvais et le dit. On dit aussi que l'Impératrice est grosse. On attend le successeur de M. Fortoul. L'Empereur aurait envie de supprimer le Ministère de l’instruction publique et d'en repartir les attributions entre le garde des sceaux et le ministre de l’Intérieur. Mais M. Abbatucci ne veut pas se changer des cultes. Personne n’aime à traiter avec les Evêques ne pouvant, ni les contenter, ni les maltraiter. Je ne vois pas pourquoi l'Empereur voudrait supprimer le Ministère de l’instruction publique. Les lettres aiment à avoir leur ministre, et quoiqu’ils frondent toujours quand ils l’ont, il ne laisse pas d'avoir action sur eux. Plus on a de pouvoir, plus on doit tenir à conserver les moyens d'action. Si le ministère subsiste les candidats dont on parle sont M. Dumas le chimiste, M. de La Guéronnière et M. de Parieu. Le dernier est sans comparaison le plus capable et le plus convenable, membre de l’institut et bien vu du corps universitaire d'ailleurs homme sensé, honnête et bien élevé. Vice Président actuel du Conseil d'Etat.
Je connais M. Excelmans le fils du Maréchal, mais non pas Mad. Excelmans. Je demanderai à Paris ce qu’elle est, et mes renseignements vous arriveront quand elle sera partie d'Ems. Ems est fatal aux ministres de l'Empereur. On dit que Mlle Magne, qui y est avec son père, a fait une chute dont elle restera folle. Qu'en sait-on à Schlangenbad ? Je mintéresse à M. Magne qui est un homme capable et modeste, et avec qui j’ai conservé de bons rapports.
Je ne m'étonne pas que Morny se plaise peu à son nouveau métier. Il ne se plaira à rien qui exige de lui un travail suivi, lui impose des gênes et l'éloigne de Paris.
Adieu et adieu. Vos Allemands sont trop lents comment une dépêche télé graphique du 16 ne vous est-elle arrivée que le 17 au matin ? Elle était partie de Lisieux, à 3 heures, et on y avait à 5 heures, la nouvelle de son arrivé à Wisbaden. Quatorze heures pour faire deux lieues, même sans télégraphe, c’est beaucoup. Adieu.
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