La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)

La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)


L’idée de progrès : ses postures scientifiques et ses deux procédures

L’idée de progrès est souvent définie en trois termes : l’acquisition, la transmission et l’application des connaissances.[1] Cette définition oblige à interroger les rapports entre l’acquisition et la transmission, mais aussi entre l’application et l’acquisition, entre l’application et la transmission des connaissances. On saisit alors facilement que l’application n’est pas de même nature que les deux autres.

Cette définition a le tort de négliger aussi bien la nature mathématique et la dimension épistémologique de l’application que ses rapports avec la classification.

Une perspective historique permet de redéfinir l’idée de progrès et de mettre en lumière la nature dynamique du progrès conçu par les mathématiciens du XVIIIe siècle en considérant ses deux procédures scientifiques, l’application et la classification et en déterminant ses deux postures stratégiques.

Premièrement, le positionnement dans l’espace public du savant favorise l’extension de son champ de recherche et d’action par la mise en correspondance entre un questionnement scientifique et une préoccupation publique. La question des canaux d’irrigation dans la correspondance en est un bon exemple et elle est à relier au développement théorique et au fondement des différents domaines de la mécanique à la fin du XVIIIe siècle, notamment avec la publication des travaux autour du principe des vitesses virtuelles dans le Journal de l’École polytechnique.

Si le développement incessant des liens entre les sciences, entre les sciences et les arts est fécond pour le progrès théorique des sciences, il faut lui associer un effort de réduction, de simplification et de réorganisation des principes et des méthodes. La posture pédagogique contraint précisément à un mouvement récurrent de révision et simplification des connaissances et de leur ordre d’exposition afin d’intégrer le nouveau à l’ancien ou plutôt l’ancien au nouveau en examinant la classification et l’enchainement des propositions adoptés.  

 


Notes

[1] BRIAN E. (1997), « 1700-1800 : le temps long d’une révolution mathématique » In Cahiers de science & vie, n° 38, 1997, pp. 6-18. et BELHOSTE B. (1997) « Condorcet, les arts utiles et leur enseignement », A.-M. Chouillet et P. Crépel (éd.), Condorcet, homme des Lumières et de la Révolution, ENS Éditions Fontenay-Saint-Cloud, Fontenay-aux-Roses, 1997, pp. 121-136.


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L’édition de la correspondance de Gaspard Monge en quelques dates : La mélancolie de Monge

Édition de correspondance et enjeux biographiques :
Les motifs de l'action publique des savants - Interroger ensemble l’engagement révolutionnaire et la pratique scientifique du géomètre - L’idée de progrès : coordination de la pratique scientifique et de l’action publique - L'idée de progrès : un instrument de réforme de la pratique scientifique - L’idée de progrès : ses postures scientifiques et ses deux procédures - Les différentes réceptions de l’application cartésienne, les différences entre les œuvres des mathématiciens - L’idée de progrès : outil de réforme des rapports entre domaines mathématiques, entre mathématiques et techniques

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