La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)

La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)


Principes de transcription

La collection de correspondance présentée est constituée à partir d'un corpus initial de la correspondance croisée entre Monge et sa femme Catherine Huart durant la première mission de Monge en Itale (mai 1796-Otobre 1797), édité dans le cadre d'un exercice universitaire.

À partir de 2004, le corpus est augmenté par le corpus Taton 1795-1799 [1]. Le texte a été établi par René Taton et par moi.

Les conditions techniques et les objectifs scientifiques déterminent un traitement éditorial.

Datation et présentation des lettres

L'édition initialement établie dans un traitement de texte visait tant une reproduction papier sous forme de thèse que la préparation du corpus à un traitement éditoral dans un environnement numérique.

En tête des lettres se trouvait en gras un titre formé par le destinataire et la date convertie dans le calendrier grégorien ; au-dessous figurait la date inscrite au début de la lettre manuscrite.

Dans l'édition numérique, le titre est constitué de son numéro dans le corpus 1795-1799 et du nom du correspondant.Le numéro a été conservé pour permettre de signaler les liens entre les lettres établis au travers de la documentation de la correspondance.

La date dans le calendrier grégorien est indiquée dans un champ spécifique.

Dans de rares cas l’année ne figure pas sur le manuscrit, mais il est aisé de l’indiquer grâce au contenu de la lettre. Alors elle est notée entre crochets droits. Les dates du calendrier républicain sont transcrites et converties dans le calendrier grégorien.

Établissement du texte

La transcription des lettres de Monge 1795-1799 ne pose pas de problèmes spécifiques. Ses lettres présentent peu de traces de relecture et de correction.  Il est très rare que des passages soient écrits puis biffés, ou qu’il y ait des ajouts.

Un des traits remarquables de la correspondance de Monge qui apparaît lors de la transcription est la modernité de l’orthographe.[2] Cela permet facilement de répondre au critère de lisibilité sans trop s’éloigner de celui de fidélité à la différence des corpus pré-révolutionnaires.

Pour les cinq lettres écrites à d'Alembert et à Condorcet en 1771 et 1772, René Taton a transcrit fidélement sans moderniser.[3]

Dans un environnement numérique, pour permettre le traitement informatisé du corpus, la modernisation est favorisée en prenant en considération l'accessibilté à la source matérielle et la possibilité d'établir une transcription diplomatique et encodée dans une autre phase du projet.[4]

La petite taille de l’écriture constitue une difficulté. Elle est due aux difficultés d’acheminement et au coût du papier. La taille de l’écriture et la manière de gérer l’espace de la page sont encore déterminées par les conditions d’écriture : le froid, des célébrations de victoires, le temps disponible. Quelques mots n’ont pu être déchiffrés à cause de l’encre délavée, d’une déchirure. Lorsque des lettres subsistent, ou que le mot appartient à un rituel épistolaire de Monge, il a pu être restitué entre crochets droits, sinon le mot est indiqué par [ ? ].

La signature de Gaspard Monge apparaît uniquement quand elle est présente sur le manuscrit.  Elle est transcrite entre crochets droits parce qu’elle n’est pas positionnée de la même façon que sur le manuscrit. Les abréviations de mots ou de noms sont conservées tant qu'elles sont facilement identifiables. Sinon le mot est transcrit entre crochets droits. Pour les noms propres, la graphie normalisée est rétablie en note. L’emploi des majuscules n’est pas systématique dans les noms propres. Les normes d’usage de la majuscule sont appliquées lors de la transcription.

D’autre part, se note l’utilisation de la majuscule pour mettre en relief un terme, la transcription reste fidèle à cet emploi. La majuscule n’est pas utilisée avec la ponctuation pour marquer les limites des propositions. La ponctuation est peu présente et devient problématique lors de la transcription. Mais les interventions sont limitées au cas où la fidélité, empêche la lisibilité. Ainsi ont été ajoutés des points d’interrogation et d’exclamation quand la modalité de la phrase l’oblige, un point lors de la succession de deux groupes syntaxiques sans lien de subordination. Mais c’est le point virgule qui est le plus fréquemment employé. L’accentuation est restituée et modernisée. On note un emploi fréquent de l’accent circonflexe sur les désinences des participes passés, ils sont supprimés, lors de la transcription.

Les lettres ont été majoritairement transcrites à partir des manuscrits autographes. Pour certaines lettres, il a fallu par contre utiliser les transcriptions effectuées par Eugène Eschassériaux (voir supra). La comparaison des transcriptions d’Eschassériaux et des manuscrits montre que les lettres sont transcrites intégralement. Des interventions sont notables seulement dans la suppression de ce qu’il nomme des « compliments de famille » en fin des lettres destinées à la famille. Les lettres transcrites appartiennent au deuxième volume des « Notes chronologiques pour servir à la vie de Monge ».[5]



Notes

[1] Voir la présentation du Corpus Taton 1795-1799

[2] Cela est encore plus manifeste si l’on compare la correspondance de Monge avec celle de sa femme.

[3] Voir la collection René Taton historien des sciences et éditeur des manuscrits de Monge

[4] Voir la question de la transcription en environnement numérique

[5] Dans l'édtion papier, elles étaient sgnalées dans la liste des lettres par l’abréviation (numéro de page, VDM Échassériaux.) La source est désormais indiquée dans la notice.


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Édition de correspondance et enjeux biographiques :
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Le corpus Taton 1795-1799 : l'engagement public et révolutionnaire - Panorama chronologique des ouvrages historiques consacrés au géomètre

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