La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)

La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)


1. Monge aux citoyens Godelle et Lebrun, élèves de l’École normale de l’an III


Auteur : Monge, Gaspard
Collection : 1795-1796 : Les débuts de l’École polytechnique. Fin de la Convention et premiers mois du Directoire. Thermidor an III - pluviôse an IV  - Voir les autres notices de cette collection

Transcription & Analyse

Transcription linéaire de tout le contenu :
  • [ Le 1er Thermidor [an 3]]
    Je n’oublierai jamais, citoyens, ni le zèle que les élèves de l’École normale ont apporté à nos conférences de la maison Sorbonne , ni les progrès étonnants qu’ils faisaient dans les sciences mathématiques et physiques. Je n’ai pas oublié non plus l’engagement que j’avais pris de faire parvenir à chacun d’eux ce qui serait publié à l’École centrale des travaux publics. Mais depuis deux mois, je n’ai plus de relation avec cette école ; je ne sais rien de ce qui s’y passe. Je ne crois pas que personne continue ce que j’avais commencé, et je ne suis plus à portée de remplir les promesses que j’avais faites aux élèves de l’École normale. Je ne sais si je pourrai rendre de nouveaux services à l’École centrale ; mais, si cela arrive, je tiendrai ma promesse, et je ferai en sorte de faire parvenir aux membres de nos conférences ce qui pourra leur être utile. Salut et fraternité. Monge 

    nos conférences de la maison Sorbonne : Les leçons de mathématiques de Monge à l’École normale ont lieu du 1er pluviôse an III [20 janvier 1795] au 21 floréal an III [10 mai 1795]. L’École ferme le 30 floréal an III [19 mai 1795­]. Les cours de l’École avaient lieu dans l’amphithéâtre du Muséum d’histoire naturelle. En revanche, les séances de travaux pratiques, dirigées par Monge avec l’aide de Jean-Nicolas HACHETTE (1769-1834) et Sylvestre-François LACROIX (1765-1843), se tenaient dans l’église de la Sorbonne aménagée à cet effet. (TATON R. (1951), p. 41.)

    dans les sciences mathématiques et physiques Il faut noter dès à présent que Monge envisage ensemble les deux disciplines et institut ainsi des rapports entre elles. Sur les rapports entre Mathématiques et physique dans la pratique scientifique de Monge voir la lettre n°107.

    lÉcole centrale des travaux publics change de nom un an après sa création et devient l’École polytechnique par  le décret de la Convention du 15 fructidor an III
    [1er septembre1795]. Voir la « Chronologie des premières années de l'Ecole polytechnique (1794 - 1799) », Bulletin de la Sabix [En ligne], 8 | 1991, mis en ligne le 09 mai 2011, consulté le 03 juin 2012. URL : .

    ce qui serait publié Monge fait allusion aux Feuilles d’Analyse appliquée à la Géométrie à l’usage de l’École polytechnique, ensemble de 28 feuillets comportant  de 2 à 8 pages de texte, imprimées séparément et portant des titres divers.

    Public géométrie descriptive Monge enseigne sa Géométrie aussi bien à l’École normale qu’à l’École centrale des travaux publics. De même, les aspirants instructeurs qui ont bénéficié au cours des mois de novembre et décembre 1794 d’un enseignement spécial dû à leur fonction spécifique dans l’École, continuent leur formation. En pluviôse et ventôse an III, ils assistent aux leçons de Monge à l’École normale alors que Monge a terminé ses cours préliminaires à l’École centrale le 19 pluviôse (7 février), (dir. DHOMBRES J. (1992), p. 279).

    Dans l’édition des leçons de mathématiques de l’École normale, la similitude entre les cours préliminaires de Monge à l’École centrale et ceux de l’École normale est soulignée en indiquant qu’il n’effectue pas « un résumé de l’enseignement qui serait donné aux élèves au cours des trois ans de formation mais la présentation très générale de la théorie et de ses applications afin d’éclairer l’esprit de sa méthode. » (dir. DHOMBRES J. (1992), L’École normale de l’an III. Vol. 1, Leçons de Mathématiques. Laplace-Lagrange-Monge, Paris, Éditions Rue d’Ulm, p. 279.)

    Le haut degré théorique de l’enseignement mathématique de Monge tient à sa nature élémentaire. Aussi La géométrie descriptive n’est pas réservée aux seuls ingénieurs mais elle est adéquate à la formation de tous les esprits. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle doit être un élément de la formation des futurs enseignants de la République. (voir la lettre n°62).

    Les rapports entre Géométrie descriptive et Analyse appliquée à la Géométrie

    Monge regrettait déjà en 1780 de ne pas pouvoir les enseigner en même temps à des élèves extérieurs à l’École de Mézières, l’enseignement de la géométrie descriptive étant strictement réservée aux élèves du Génie :

    « Monge, entraîné par son zèle, enseignait la géométrie analytique à quelques élèves ambitieux de pénétrer dans la connaissance des hautes mathématiques ; à Lacroix, depuis membre de l’Institut ; à Gay-Vernon, etc. Il leur montrait quelles relations admirables unissent les opérations de l’analyse et de la géométrie. Il aurait voulu leur enseigner également ce qu’il avait découvert en géométrie descriptive. « Tout ce que je fais ici par le calcul, leur disait-il, je pourrais l’exécuter avec la règle et le compas ; mais il ne m’est pas ...
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Auteur(s) de la transcription :
  • Dupond, Marie
  • Taton, René
Analyse : Transcription tapuscrite de la lettre conservée aux archives de l'École polytechnique établie par René Taton.
Auteur de l'analyse : Dupond, Marie

Relations entre les documents


Collection 1796-1797 : Première mission en Italie, La commission des sciences et des arts Prairial an IV - vendémiaire an VI

        Ce document a pour thème Enseignement mathématique comme :
        Gaspard-Monge-116-4.JPG 107. Monge à sa femme Catherine Huart
        120-2055_IMG.JPG 132. Monge à sa femme Catherine Huart
       
62. Monge à son gendre Nicolas-Joseph Marey

Collection 1798 : Seconde mission en Italie Institution de la République romaine et préparation de l’expédition d’Égypte Pluviôse – prairial an VI

        Ce document a pour thème Enseignement mathématique comme :
       
170. Monge à Hachette

Collection 1795-1796 : Les débuts de l’École polytechnique. Fin de la Convention et premiers mois du Directoire. Thermidor an III - pluviôse an IV

       
3. Monge à son gendre Nicolas-Joseph Marey
        a pour thème Enseignement mathématique comme ce document

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Etat génétique :

Le 29 mai 1795, Monge quitte Paris et se réfugie dans la maison de campagne de Berthollet à Aulnay-sous-Bois. Après les journées de Prairial, Monge est ainsi obligé d’interrompre ses cours d’analyse. (É.B) (dir. DHOMBRES J. (1992), p. 295). Voir la lettre n°90.
C'est à ce moment que Monge répond à deux des mille quatre cents élèves de la première et seule promotion de l’École normale de l’an III, GODELLE ( 17 - ? ) et LEBRUN ( 17 - ? ).

Autres relations :
  • Sur l'enseignement de la Géométrie descriptive, voir les lettres n°62, 132 et 170.
  • Sur les rapports entre mathématiques et physique, voir la lettre n°107.
  • Sur sa fuite voir la lettre n°90.
  • Voir l'ensemble documentaire constitué par René Taton autour de cette lettre.
Notice créée par Marie Dupond Notice créée le 21/03/2016 Dernière modification le 08/10/2019