La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)

La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)


44. Monge à son gendre Nicolas-Joseph Marey


Auteur : Monge, Gaspard
Autres notices de la collection : 1796-1797 : Première mission en Italie, La commission des sciences et des arts Prairial an IV - vendémiaire an VI  - Voir les autres notices de cette collection

Transcription & Analyse

Transcription linéaire de tout le contenu :
[…] Figurez-vous un peuple de somnanbules conduit, non par un charlatan adroit comme pourrait l’être Mesmer,[1] mais par de misérables et grossiers farceurs, qui a de la répugnance pour toutes sortes de vérité, qui ne se repaît que des erreurs les plus ridicules, un peuple avide des malheurs des français et qui ne peut souffrir des papiers publics que ceux qui les bercent de leurs prétendus désastres. Ajoutez à cela une immoralité profonde et invétérée, fondée des pratiques ridicules de la superstition la plus sotte, pas une femme honnête, mais aussi pas une qui ne suspende ses opérations galantes pour réciter l’Angelus lorsque l’Ave Maria sonne. Les assassinats quotidiens, et quelques fois plusieurs par  jours sans que le gouvernement s’occupe d’en punir aucun ; une mendicité générale, au point que tout ouvrier quitte son atelier pour venir vous tendre la main dans la rue, s’il juge à votre mise que vous pouvez lui donner un quatrain, et jugez ...
... Lire la suite
Analyse : Transcription établie par Cartan.
Notes : Lettre citée par P.V.AUBRY (1954), p. 183-184 et 358, note 14). Conservée alors dans les Archives Marey-Monge, elle n’a pu être retrouvée depuis.

Relations entre les documents

Ce document n'a pas de relation indiquée avec un autre document du projet.

Etat génétique :
Monge répond à la lettre de Nicolas-Joseph MAREY (1760-1818). Ce dernier lui a écrit de Paris après la réception de la lettre n°40 par Catherine.
Faute d’avoir accès à son texte original, il paraît utile de reproduire l’analyse et les brèves citations que fait Aubry de cette longue lettre, reflet d’un certain désenchantement de la part de Monge. S’il tremble pour sa belle filleule cispadane, c’est que l’abandon provisoire du problème romain l’a laissé ulcéré. Il tonne contre le « gouvernement insensé de Rome », contre « les gazetiers qui mentent à la journée » et les femmes sans honnêteté qui suspendent leurs opérations galantes pour réciter l’Angelus. Il proteste contre les ouvriers qui mendient, et contre les assassinats quotidiens. Et voilà que « l’infernal gouvernement du Pape » a refusé la main amie qui voulait aider le peuple à sortir d’un tel cloaque… Heureusement les braves volontaires français sont « des anges » et ...
... Lire la suite
Notice créée par Marie Dupond Notice créée le 12/01/2018 Dernière modification le 20/02/2020