La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)

La correspondance inédite du géomètre Gaspard Monge (1746-1818)


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76. Monge à Catherine Huart (1748-1847), sa femme


Auteur : Monge, Gaspard
Collection : 1796-1797 : Première mission en Italie, La commission des sciences et des arts Prairial an IV - vendémiaire an VI  - Voir les autres notices de cette collection

Transcription & Analyse

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Rome, le 6 germinal de l'an V de la République française
 
Je prends la plume pour t'écrire, ma chère amie, sans savoir quand celle-ci partira, parce que quand j'éprouve quelque sensation agréable, je suis tourmenté du désir de te la faire partager. Ces deux derniers jours étaient jours de fête dans ce pays-ci ; le premier était suivant leur manière de compter le 25 mars; et on a coutume de célébrer ce jour-là le mystère de l'Incarnation sous le nom d'Annonciation. Ils admettent un très grand nombre d'esprits célestes, les chérubins, les séraphins, les trônes, les puissances, les dominations, les anges, les archanges, etc. Je ne retiens pas trop bien l'ordre que tous ces corps de la milice céleste gardent entre eux; mais je crois bien que les derniers sont d'un ordre supérieur. Ils supposent donc que quand Dieu, c'est-à-dire le père, la parole et le souffle ont résolu que la parole s'incarnerait pour expier le crime de la pomme mangée à l'instigation de la femme d'après l'insinuation du serpent, il dépêcha Gabriel l'un des archanges vers la juive Marie et le chargea de lui tenir à peu près ce discours : Bonjour Marie pleine de reconnaissance, que le maître soit avec vous, et que le fruit de votre ventre soit béni et qu'au moyen de cette harangue, et à l'aide de l'ombre du souffle, la parole fut incarnée dans le sein de la pauvre Marie.
La mémoire d'un événement qui, quoique bien tardif, était si important pour le genre humain, se célèbre ici comme tant d'autres par le faire néant, et les gens de la Bibliothèque avec qui nous sommes obligés de travailler ne pouvaient pas nous prêter leur ministère. Le lendemain était dimanche qui se chôme de même; nous avions donc deux jours consécutifs de congé, et huit de nous[1], c'est-à-dire environ la moitié de ce que nous sommes à l'Académie, se détermina à employer ces deux jours, qui auraient été perdus, à voir Tivoli.
Comme tout nous réussit, ces deux jours ont été plus beaux qu'aucun de ceux que nous avions eu depuis six mois; notre voyage a été très agréable ; et si tu me le demandes quelque jour, ce sera avec grand plaisir que je te raconterai de mon mieux les merveilles de l'art et de la nature que l'on va observer dans ce lieu d'ailleurs assez triste par lui-même.[2] Mais ce qui mit le comble à notre satisfaction en arrivant ce fut d'apprendre les nouvelles des victoires remportées par l'armée d'Italie sur le prince Charles,[3] aux bords de la Piave et du Tagliamento.[4] C'était une chose fort aimable de voir l'empressement que ceux qui étaient restés mettaient à nous montrer sur différentes cartes les détails des différentes affaires, et l'ardeur avec laquelle les autres écoutaient la relation en regardant le doigt de celui qui démontrait. Quand tout fut bien compris, bien vérifié, il fut arrêté à l'unanimité que le lendemain on célébrerait les victoires de l'armée d'Italie ; qu'un arbre de la liberté serait planté dans notre salle à manger, que cet arbre passerait à travers la table, et que son feuillage formerait un dais à l'ombre duquel dîneraient les républicains ; que cet arbreserait pris parmi ceux qui conservent toujours leurs feuilles, et dont la verdure inspire la gaîté ; que ce serait un arbousier que chacun de nous s'empresserait d'arroser tous les matins, et autour duquel on chanterait les hymnes patriotiques ; enfin qu'une pique surmontée du bonnet de la liberté serait hissée au sommet de l'arbre.
Tous ces arrêtés ont eu aujourd'hui leur exécution ; nous avions à table plusieurs Romains, amis éclairés de la liberté. Au dessert, un de nos jeunes adjoints a chanté la Marseillaise, les larmes l'ont interrompu ; un autre a entonné le Chant du Départ, qu'il n'a pu achever de même que les larmes aux yeux, le cœur battant à tous nos convives.[5]  Un bon grec qui nous aide pour le choix des manuscrits, et qui est originaire de Sparte[6], nous disait avec attendrissement que les airs et les paroles de ces hymnes étaient dignes de son ancienne patrie ; je lui ai répondu tout bas, dites donc d'Athènes. Enfin, nous avons fini par danser la carmagnole autour de notre bel arbousier, et nous nous sommes quittés fort contents les uns des autres et encore plus contents des évènements. Si tu avais été là avec Louise et Émilie,[7] rien n'aurait manqué à mon bonheur; mais la République n'est pas au terme de sa gloire et quand nous serons ensemble, les occasions ne nous manqueront pas de faire la fête complète.
Nous nous occupons toujours du choix de nos manuscrits ; ce travail est bien ennuyeux. Nous commençons cependant à y voir clair et nous croyons que cette partie de notre mission sera aussi bien remplie que les autres.[8] Je te souhaite le bonsoir, et je quitte pour reprendre lorsqu'elle sera sur le point de partir.
 
Le 7 germinal [27 mars]
Nous apprenons aujourd'hui, ma chère amie, par une lettre d'Ancône, que Trieste est à nous[9] ; que l'arbre de la liberté est levé à Bergame et à Brescia, deux villes du domaine de Venise ; que dans Venise même il y a une grande fermentation[10] ; que l'Inquisition du gouvernement emploie les moyens les plus rigoureux, et que plus de 40 nobles, non membres du gouvernement, y ont été condamnés aux galères. Quand dans les sucreries d'Amérique un malheureux nègre se laissait prendre le bout du doigt entre les deux cylindres du moulin, si un de ses camarades n'était pas là pour lui couper le bras d'un coup de hache, tout le corps y passait.
Voilà le bout du doigt de Venise pris entre les cylindres de la Révolution, et je ne vois point de hache levée pour couper le bras, gare à la tête.
Après dîner nous avons encore célébré la prise de Trieste et la gloire de la République. Tous nos jeunes gens se sont naturellement placés en rond dans notre salon où était Cacault.[11] Le célèbre musicien Kreutzer était au milieu avec son violon, et ils ont chanté religieusement les hymnes patriotiques. Le Père Petrini, le seul naturaliste de Rome,[12] était avec nous. Il a été ému jusqu'aux larmes et il m'a dit : je ne m'étonne plus si la République triomphe de tous ses ennemis.
 
Le 7 germinal après-souper
Nous venons encore, ma chère amie, de recevoir une foule de gazettes de la Lombardie, qui sont aussi bonnes et aussi chaudes que l'étaient les papiers patriotiques dans le commencement de la Révolution française. Leur lecture nous a fait le plus grand plaisir et toutes les nouvelles sont satisfaisantes. L'Angleterre est donc aux abois pour ses finances ? Elle a donc empoigné par la lame le fer dont elle voulait nous assassiner ? On dit que Vicence et Vérone, deux autres villes de l'état vénitien, vont suivre l'exemple de Bergame, Brescia et Crema, c'est-à-dire déclarer leur indépendance[13] et se fondre dans la Cispadane[14] à laquelle il faudra bien enfin joindre la Transpadane qui le mérite pour son amour pour la liberté, et par la manière aimable et fraternelle dont elle a traité les Français.[15] On dit encore que les bailliages suisses en Italie vont en faire autant, car ils ne peuvent pas se passer de Milan qui les nourrit. Enfin tout le beau bassin compris entre les Alpes et les Apennins, c'est-à-dire depuis Trente jusqu'à Rimini y passera.
Il ne manquait aujourd'hui qu'un petit mot de toi, et quelques nouvelles de Paris. Depuis un mois, nous n'avons rien reçu et si nos pauvres lettres courent après le quartier général qui est à 200 lieues de nous, Dieu sait quand elles nous arriveront. Je t'embrasse et te souhaite le bonsoir.
 
Le 9 germinal [29 mars]
Nous apprenons encore la victoire que le général Joubert a remportée sur la gauche [du front] où il a entièrement détruit tous les Autrichiens qu'il avait devant lui mais nous n'avons pas encore les détails.[16] Ce sera l'occasion d'une nouvelle joie à dîner.
 
Le 10 germinal [30 mars]
J'ai reçu une charmante lettre de Faipoult[17] à qui je vais répondre, et à qui j'enverrai celle-ci afin qu'elle te parvienne sûrement. Les courriers ne sont pas encore rétablis ici pour la France, ni même pour l'armée.
 
Le 12 germinal [1er avril]
Ah ! tu fais donc imprimer mes lettres dans le Rédacteur.[18]Quoique l'on ait changé ce qui pouvait me faire reconnaître, mes collègues ont vu dès la première ligne que c'était de moi. Ainsi depuis quelque temps les gazettes de France et d'Italie ne parlent presque que du colonel Mack[19] et de moi. Nous n'avons toujours pas de vos lettres. Je t'embrasse tendrement.
 


[1] On peut déterminer quatorze personnes au palais Mancini. Voir la lettre n°66. La commission est complète à Rome à l’exception de La Billardière qui est chargé du premier convoi des saisies effectuées dans le nord de l’Italie. : André THOÜIN (1747-1824), Jean-Guillaume MOITTE (1746-1810), Claude-Louis BERTHOLLET (1748-1822), Jacques-Pierre TINET (1753-1803), Jean-Simon BERTHÉLÉMY (1743-1811). Il faut y ajouter les adjoints à la commission à la demande de Monge pour l’exécution du Traité de Tolentino depuis le 18 février 1797 : le peintre Antoine-Jean GROS (1771-1835), le musicien Rodolphe KREUTZER (1766-1831), le sculpteur Joseph Charles MARIN (1751-1834), les peintres GERLI (?- ?) et Jean-Baptiste WICAR (1762-1834), le dessinateur Edme GAULLE (1762-1841),  Joseph VILLETARD (1771-1826) et le secrétaire de la commission COUTURIER. Il y a aussi avec eux François CACAULT (1743-1805).

[2] ThoUin dans son récit détaillé de ces deux jours d’excursion à Tivoli ne cesse d’exprimer sa déception au cours de sa découverte de la ville et des ruines romaines (Tombeau de Plantius, Temple de Vesta et maison de la Sibylle, Villa d’Este, Villa de Mécène, de Salluste, d’Horace, de Quintillus Varus, Villa Adriana). Sa conclusion est éloquente « Je l’avouerai, j’avais l’esprit aussi fatigué que les yeux de ce spectacle de ruines et de décombres pendant deux jours sans interruption. La mutilation, le délabrement des objets, la différence entre les usages antiques et les modernes, tout rend aussi pénible que difficile de découvrir et d’assigner la destination de la plus grande partie de ces fabriques renversées par le temps. Le dirai-je ? mon imagination n’était point satisfaite, et je ne fus pas émerveillé de l’ordonnance qui avait présidé aux différents édifices dont cette vaste enceinte était remplie. Ils me semblèrent éparpillés sans goût, sans harmonie, sans agrément. » THOUIN A. (1853), pp. 326-344,  p. 344.

[3] Le prince Charles DE HABSBOURG (1771-1847), commande l’armée de l’empereur François II, son frère. 

[4] Le 22 et 23 ventôse an V [12 et 13 mars 1797]  l’armée d’Italie  passe la Piave  et le Tagliamento. Les généraux Masséna, Sérurier, Guieu, Bernadotte, Murat, Duphot et l‘adjudant général Kellerman réalisent cette avancée de l’armée d’Italie. (1454, CGNB)

[5] Les deux plus jeunes membres de la commission sont les adjoints GROS qui a 26 ans et KREUTZER qui a 31 ans. Voir supra.

[6] Il pourrait s’agir de Dimo STEPHANOPOLI DE COMNÈNE  (1729-1802).

[7] Ses deux filles Louise MONGE (1779-1874) et Émilie MONGE (1778-1867).

[8] Sur le choix des cinq cents manuscrits à saisir à Rome comme le prévoit le Traité de Tolentino de février 1797. Voir les lettres n°23, 25, 26, 27, 70, 79, 99, 100, 104, 110, 111, 113, 114, 120, 139 et 140.

[9] Prise de Trieste par le général Jean-Baptiste BERNADOTTE (1764-1844) le 4 germinal an V [24 mars 1797].

[10] La révolution de la ville de Venise est précédée d’une série de « révolutions » et  de « municipalisations » des principales villes de la Terre-ferme. Le 21 et 27 ventôse an V [11 et 17 mars 1797], les Républicains de Bergame et Brescia se soulèvent contre la République de Venise. La position de la France n’est pas si claire à ce sujet, comme cela est manifeste dans une lettre de Bonaparte au Directoire du 4 germinal an V [24 mars 1797].  « M. Pesaro, sage grand de la République de Venise, a été envoyé ici [ …] ; il est revenu relativement aux évènements de Brescia et Bergame. Les peuples de ces deux villes ont désarmé la garnison de Venise. Un germe d’insurrection gagne toutes les têtes de cette République. […] Ma conduite avec M. Pesaro était assez délicate ; ce n’est pas dans un moment […] où nous avons besoin de tous les secours du Frioul et de toute la bonne volonté du gouverneur vénitien pour nous approvisionner dans les défilés de l’Allemagne qu’il fallait nous brouiller. Il ne fallait pas non plus qu’ils pussent […] écraser les personnes qui étaient à Brescia et à Bergame nous sont attachés, quoique je n’approuve pas leur conduite et que je croie que leur insurrection nous est, dans ce moment très nuisible ; mais le parti ennemi de la France est, dans ces différentes villes si acharné contre nous, que s’il prenait le dessus, il faudrait être en guerre ouverte avec toute la population. J’ai dit à M. Pesaro que le Directoire exécutif n’oubliait pas que la république de Venise était l’ancienne alliée de la France ; que nous avions un désir bien formé de la protéger de tout notre pouvoir ; j’ai demandé seulement d’épargner l’effusion du sang, et de ne pas faire un crime aux citoyens  vénitiens qui avaient plus d’inclination pour l’armée française que pour l’armée impériale. » (1472, CGNB). Le 20 germinal an V [9 avril 1797] Bonaparte écrit à Lallement, ministre plénipotentiaire de la république française à Venise : « Enfin nous n’en pouvons plus douter, citoyen ministre, le but de l’armement des Vénitiens est de couper les derrières de l’armée française. Certes, il m’était difficile de concevoir comment Bergame, qui, de toutes les villes des États de Venise, est celle qui était le plus aveuglément dévouée au Sénat, ait été la première à s’ameuter contre lui ; il est encore plus difficile de concevoir comment, pour apaiser cette légère émeute, on a besoin de 25 000 hommes, et pourquoi M. Pesaro, lors de notre conférence à Goritz, a refusé l’offre que je lui faisais de la médiation de la République pour faire rentrer ces places dans l’ordre. » (1499, CGNB) Voir aussi les lettres de Bonaparte du même jour à Manin doge de la République de Venise, et au général Kilmaine (1497 et 1500, CGNB). La complexité des relations entre la France et Venise tient aux ambigüités de la position des gouvernants vénitiens, jointes aux intrigues des Français qui veulent donner un caractère  spontané à la « révolution » vénitienne. TABET X. (1997), « Venise, mai 1797 : la révolution introuvable » in FONTANA A. et SARO G. (eds), Venise 1297-1797. La république des castors, ENS éditions, Fontenay-Saint-Cloud, 1997, pp. 130-148. Voir les lettres n°45, 84, 89, 90, 93, 96 et 99.

[11] François CACAULT (1743-1805), ministre plénipotentiaire de la République à Gênes, chargé de veiller à Rome à  la bonne exécution des clauses relatives aux indemnités financières stipulées dans le traité de Tolentino de février 1797 . Voir notamment les lettres n°65, 71 et 74.

[12] Pietro-Antonio PETRINI (1722-1803). Comme après son passage à Turin en mai 1796, Monge se plait à souligner l’adhésion des hommes éclairés et des savants à l’émotion républicaine. Voir la lettre n°8.

[13] Voir supra.

[14] La république Cispadane est constituée des villes de Reggio, Bologne, Modène et Ferrare. Le congrès qui réunit les représentants de ses villes afin de créer entre elles une confédération s’ouvre en décembre 1796. Voir les lettres n°40, 48, 53, 63, 65 et 84.

[15] Le territoire de la Transpadane correspond à l’ancien duché de Milan. Elle succède à l'Administration générale de la Lombardie mise en place par Bonaparte en août 1796. Monge se montre toujours admiratif du peuple de la Lombardie voir notamment les lettres n°14, 16, 17 et 22.

[16] Barthélemy Catherine JOUBERT (1769-1799). L’invasion du Tyrol est confiée au général Joubert en mars 1797. Le 22 mars 1797, Les troupes de Joubert prennent Bolzano et permettent l’invasion du Tyrol. Voir les lettres de Bonaparte à Carnot et au Directoire à ce sujet.  (1475 et 1486, CGNB).

[17] Guillaume-Charles FAIPOULT DE MAISONCELLES (1752-1817). Ministre de la République à Gênes.

[18] Journal officiel du Directoire. Voir la lettre n°84.

[19] Karl MACK baron VON LEIBERICH (1752-1828) général autrichien. Le 10 Germinal an V [30 mars 1797] , l’Empereur donne le commandement des armées sur le Rhin aux généraux Mack et Latour.

Auteur(s) de la transcription : Dupond, Marie

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Collection 1796-1797 : Première mission en Italie, La commission des sciences et des arts Prairial an IV - vendémiaire an VI

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        1.115_3.jpg 104. Monge à sa femme Catherine Huart
       
111. Les Commissaires au ministre des relations extérieures
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114. Les Commissaires au ministre des relations extérieures
       
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        120-2086_IMG.JPG 25. Monge à sa femme Catherine Huart
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79. Monge pour les commissaires aux sciences et aux arts au ministre des relations extérieures
       
99. Monge à sa femme Catherine Huart

Collection 1796-1797 : Première mission en Italie, La commission des sciences et des arts Prairial an IV - vendémiaire an VI

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119. Monge à sa femme Catherine Huart
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Notice créée par Marie Dupond Notice créée le 08/11/2016 Dernière modification le 08/05/2019